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Ce à quoi et ce de quoi

Est-ce possible en français de dire « ce de quoi je parlais » de la même manière qu'on dit « ce à quoi je pensais ». Évidemment la forme « ce dont » existe, mais je suis curieuse de savoir si l'autre forme est possible, pléonastique ou désuète.

Ce à quoi et ce de quoi

"ce de quoi" est possible, non redondant, mais certainement désuet :
C'est tout ce de quoi j'ai besoin, Malherbe, poème 
Et tel blâme en autrui ce de quoi je l'estime , Régnier , Satires
Où pourrai-je trouver de quoi te faire un don Qui puisse tenir lieu d'une reconnaissance ? Je l'ai, mon Dieu, j'ai ce de quoi Te faire une agréable offrande, Corneille , L'imitation de Jésus-Christ.

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Ce à quoi et ce de quoi

Merci de votre réponse avec exemples. Ce que je comprends, alors, c'est que « ce de quoi » n'existe pas du tout en tant que tournure en français courant.

Pourriez-vous me dire pourquoi elle a disparu?
 
Merci.

Ce à quoi et ce de quoi

Sans doute parce qu'on peut aussi employer, selon les cas,  ce dont ou de quoi,  tout de même moins lourds.

Ce à quoi et ce de quoi

Désolée, mais je ne sais pas...

Ce à quoi et ce de quoi

Grevisse, dans Le Bon Usage, est catégorique :

Toutefois, quand l'antécédent est un pronom neutre, dont ne peut guère être remplacé par de quoi : J'ai trouvé ce dont j'avais besoin.  Ne faites rien dont vous ayez à rougir.

Il semble que l'utilisation de quoi ait changé entre le XVe et le XVIIe siècle.  Dans l'Histoire de la langue française, Tome I, De l'époque latine à la Renaissance, Brunot a écrit

Quoi continue à sortir de l'emploi du pronom neutre, et pendant cette période on lui donne pour antécédent un nom de chose déterminé, non seulement au singulier, mais même au pluriel ... On trouve même quoy avec des noms d'êtres animés et d'hommes ... Je suis celluy de quoy parle le prophète.

Du XVIIe siècle et l'époque de Vaugelas, il a écrit dans Tome III, La Formation de la Langue classique (1600 - 1660) :

Vaugelas juge que seuls les étrangers ont besoin d'être avertis que l'on ne se sert jamais de quoy en parlant des personnes. [Dupleix] trouve quoi très rude, et rapporte que peu de gens peuvent le souffrir avec un antécédent au pluriel.
... aucune réserve sur l'emploi de dont, qui est considéré comme très élégant en tous genres et nombres.  Les exemples sont superflus.  Donc, au génitif, les théoriciens conservent dont pour les personnes et les choses, de qui pour les personnes, duquel pour les choses ; de quoi est, au moins à la fin de la période, à peu près abandonné.

Ce à quoi et ce de quoi

BillM a écrit :

Grevisse, dans Le Bon Usage, est catégorique :

Toutefois, quand l'antécédent est un pronom neutre, dont ne peut guère être remplacé par de quoi : J'ai trouvé ce dont j'avais besoin.  Ne faites rien dont vous ayez à rougir.

ne peut guère n'est néanmoins pas très catégorique...
Dans la dernière édition, la 14e, la phrase est reformulée, mais le sens reste le même  :

Dans la plupart des cas, dont peut être remplacé par de qui, duquel, parfois de quoi, selon les valeurs propres à chacun de ces pronoms : L’homme de qui les biens ont été vendus. Les faveurs desquelles vous m’avez comblé. Etc.


Cette substitution n’est pas possible quand dont est complément de manière (§ 723, a) ; — ni quand dont équivaut à parmi lesquels (§ 724, b). — Quand l’antécédent est un pronom neutre, dont est préféré à de quoi : J’ai trouvé ce dont j’avais besoin. Ne faites rien dont vous ayez à rougir.


Merci pour les éclairages historiques   .

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Ce à quoi et ce de quoi

Merci de vos éclaircissements. Il paraît, alors, que ce, en tant qu'antécédent neutre, peut se faire suivre à l'occasion de de quoi, même si la tournure n'est pas élégante.