Imaginez-vous l'armée pouvoir faire...

Bonsoir à tous,

"Est-ce que vous imaginez un seul instant l'Armée pouvoir faire aujourd'hui ce que lui déléguait l'Etat il y a 50 ans ?"

Je me demande si une telle phrase est grammaticalement correcte. Je viens de la lire dans le forum de Libération (article Pour les mineurs, Royal persiste dans le kaki), et il me semble, peut-être à tort, que quelque chose cloche... Si l'on retire pouvoir, la phrase gagne en légèreté, mais est-elle pour autant correcte ? En tout cas cette tournure me semble d'un emploi courant, dans le langage de tous les jours, par exemple "Tu me vois (pouvoir) faire ça ?". Peut-on la qualifier de proposition infinitive ? 

Merci à l'avance.

Zorah

Imaginez-vous l'armée pouvoir faire...

La phrase est correcte.  L'armée pouvoir faire... est bien une propiosition infinitive. Mais le sens n'est pas le même si on enlève pouvoir.
Il y a parfois loin de la délégation d'un pouvoir à l'usage de ce pouvoir.

Imaginez-vous l'armée pouvoir faire...

Anne345 a écrit :

La phrase est correcte.  L'armée pouvoir faire... est bien une propiosition infinitive. Mais le sens n'est pas le même si on enlève pouvoir.
Il y a parfois loin de la délégation d'un pouvoir à l'usage de ce pouvoir.

Très juste !

Merci, Anne345.

Imaginez-vous l'armée pouvoir faire...

Cette construction d'imaginer avec une proposition infinitive, semble-t-elle normale, soignée, rare, ou vieillie ?

L'article dans le TLFi n'en donne aucun exemple.  J'ai regardé dans Le Petit Robert et Le Grand; tous les deux donnent des exemples de s'imaginer + inf, mais aucun avec une proposition infinitive.  Ni Le Petit Grevisse ni Le Bon Usage ne mentionnent imaginer, mais il peut être compris sous la catégorie de croire et ses semblables.  J'ai trouvé une liste plus longue de verbes utilisés avec une proposition infinitive dans La place du pronom personnel régime conjoint en français par Ans de Kok, mais il fait référence comme sources aux Manuel du français du moyen âge par Martin et Wilmet et Grammaire de la langue française du séizième siècle par Gougenheim.  Donc ma question, cette construction est-elle de la langue courante, ou s'attend-on à une phrase équivalente, avec imaginer que + subj ou conditionnel ?

Imaginez-vous l'armée pouvoir faire...

Dans un cours de FLE on trouve cet exemple : Il n’imaginait pas son grand-père faire du VTT.
C'est du langage très courant.

Imaginez-vous l'armée pouvoir faire...

Merci, Anne.

Imaginez-vous l'armée pouvoir faire...

Oui, c'est une construction désuète depuis Montaigne, mais finalement il ne s'agit sans doute que d'une question de mode, ou d'habitude ; il suffirait peut-être de quelques phrases comme celle de Libération pour la remettre en selle. Ces propositions infinitives peuvent avoir, dans certains cas, beaucoup de charme, vous savez, ce "charme vieillot qui plaît encore...". (Comme la chienlit disparue depuis longtemps de tous les dictionnaires mais ressuscitée en 1968.) Elle évite en tout cas la dureté du que de subordination

Je ne connais aucun article de grammaire, aucun règlement qui les interdise ou les déconseille, simplement aucune de mes grammaires n'en parle.

Y a-t-il un Académicien dans l'avion ?

Imaginez-vous l'armée pouvoir faire...

Bonsoir à tous,

Je ne trouve pas ces constructions désuètes ; il me semble qu'on les rencontre et emploie souvent. Je les imagine avoir encore de beaux jours devant elles ! 

Muriel

Imaginez-vous l'armée pouvoir faire...

Muriel a écrit :

Bonsoir à tous,

Je ne trouve pas ces constructions désuètes ; il me semble qu'on les rencontre et emploie souvent. Je les imagine avoir encore de beaux jours devant elles ! 

Muriel

Peut-être. Sans doute, dans certains cas ! Cela doit dépendre finalement de l'esthétique sonore de chaque phrase. Avec le verbe être, il me semble la sonorité être moins bonne. (Voilà, à proprement parler, une proposition infinitive traditionnelle.)

Les imaginez-vous également, ces constructions, devenir bientôt aussi fréquentes qu'il y a cinq siècles ? Et être rapidement à la mode ? Pour ma part je les crois être le plus souvent assez déroutantes.