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Questions sur le master MEEF lettres modernes (métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation)

tenno a dit "quand on veut jouer à un jeu il faut en respecter les règles"
certes, mais il me semble qu'il est de notoriété publique que certains littéraires sont en quelque sorte des 'fous', et n'est-il pas un peu paradoxal de demander à un fou d'obéir à des règles ?

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Personne n'oblige qui que ce soit à jouer à ce jeu. Alors ne vous étonnez pas que ceux qui n'en respectent pas les règles, fous ou pas, se fassent sortir du jeu, au moins tant qu'il reste assez de joueurs.

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Hello !

Je m'incruste un peu car j'ai lu toutes les pages de ce débat. J'aime beaucoup lire les topics concernant les futurs professeurs (parce que, on oublie parfois que le professeur a été un jour élève, étrange non ?).

Bref, alors je ne me souviens pas de tout, mais juste quelques phrases de Marence. Dont celle qui porte sur le fait "d'aimer ou pas un texte". En effet, on peut ne pas aimer un texte mais justement, quand un élève entre dans une classe et qu'il doit lire un livre qui, à priori, ne l'interesse pas, que se passe t-il ? Soit, il s'en fiche et laisse tomber l'affaire, soit il s'ouvre un peu plus et décide de découvrir en quoi ce texte a plu à une société et pour quelle raison, il reste encore d'actualité ?

Par exemple, je suis en L1 de lettres modernes et en cours de XVIIème siècle, nous devions lire Britannicus. Avant de commencer à le lire, je pensais "pouah, berk, cracra". Mais dès la première heure de cours, je me suis surprise à apprécier ce texte en fait. Mieux, je m'interesse vraiment à Racine et à son contexte culturelle.
Il faut dire que notre professeur a une sacré culture et qu'elle "sait" nous transmettre ses connaissances. Franchement, l'université me plait.
Du coup, même si un texte peut paraitre repoussant, il faut lui laisser une chance. En littérature, il faut être prêt à voir tous les textes possibles.

Du coup, essaye d' "aimer" les livres que tu n'aimes pas. Il y en a plein, avec du recul, qu'on peut apprécier.

Et cette phrase (encore de Marence) qui m'a un peut tilter :

certes, mais en dehors de prof aucun métier ne me tente vraiment .

Je dirais que c'est un peu de la faute aux CIO. Bien sur, les élèves doivent être curieux mais ils sont lachés dans une vrai jungle en se rendant au CIO non ? Les conseillers sont là pour leur donner une large palette de métiers possibles. C'est leur boulot. L'élève doit faire le tri et faire le bon choix.
Il y a pleins de métiers que tu ne connais pas et qui pourrait te plaire, j'en suis certaine. Il y a peut-être d'autre domaines qui te conviendraient et qui te plairaient bien plus que le métier de prof.
Si tu sens que tu n'es pas faite pour être prof, alors remet toi en question. (même si c'est dur)

Voilà, pardon si c'est trop long !

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marance19 a écrit :

tenno a dit "quand on veut jouer à un jeu il faut en respecter les règles"
Certes, mais il me semble qu'il est de notoriété publique que certains littéraires sont en quelque sorte des 'fous', et n'est-il pas un peu paradoxal de demander à un fou d'obéir à des règles ?

Est-ce que tu ne confonds pas ici "littéraire" et artiste? Artaud, Nerval, n'étaient pas profs...
Après il y a toujours la posture "prof-artiste-fou", qui bien souvent n'est qu'une posture,et que pour ma part je n'ai jamais rencontré dans l'enseignement secondaire - les plus "fous" que j'ai vus étaient: prof de maths et prof de physique-chimie (domaines de la "rigueur" et de la "raison"...)

Un prof est chargé d'aider à la construction d'un savoir, pas d'être un artiste. Ce n'est pas la compétence requise. ensuite, pour ce qui est de l'idée reçue "littéraires = doux rêveurs un peu fous", non... C'est peut-être ce qu'on appelle (à tort à mon avis) une "sensibilité littéraire". L'étude des textes demande beaucoup de rigueur, d'organisation de la part du prof. Le résultat n'est pas nécessairement un cours qui apparait très structuré et limitant aux élèves, mais il faut derrière une bonne dose de réflexion et de préparation.

Sinon, pour revenir à ce qui semble être ton interrogation initiale: en relisant tes posts, il semblerait que tu ne saches pas trop pourquoi tu veux être prof. Ou plutôt si, mais pas pour des raisons qui t'aideront à t'épanouir dans cette relation à la littérature. Peut-être que ce que tu as dit sur ta façon d'envisager l'enseignement est incomplet, inexact (certaines choses sont difficiles à exprimer), peut-être tout simplement que tu ne sais pas encore trop qu'attendre de ce métier, mais pose-toi bien la question avant de présenter les concours. Une fois que tu seras dans le système, tu auras en face de toi des élèves de 10 à 18 ans, en groupes de 25 à 35, en général pas motivés, et face auxquels il n'est pas évident de prendre position.

ce qui m'attire dans le métier d'enseignant, ce n'est pas tant le fait de transmettre des connaissances, que le fait de pouvoir me retrouver devant un public d'élèves, et donc de devenir ainsi un objet d'attention réciproque.

C'est très déstabilisant de lire ça... Certes, on espère que chacun peut s'épanouir dans le métier de prof, mais la priorité est ce que tu fais passer aux élèves, avant ce qu'ils te font passer. Et si tu attends nécessairement un retour de leur part, tu risques d'être très déçu: on se prend parfois de belles claques (voire selon les établissements et les classes boules de papiers, avions, stylos  )

Je n'ai pas bien compris ta question sur les profs "qui vivent chez papa-maman": veux-tu dire que c'est une profession où on reste assisté, où on s'infantilise si-même? où on n'a pas les moyens d'avoir son propre logement? (je pose la question en toute sincérité, n'ayant vraiment pas compris où tu voulais en venir)
Sinon, pour ma part j'ai des ami(e)s qui se sont retrouvés dans cette situation pour des raisons financières. Et une qui en est revenue là pour cause d'énorme déprime. Pour les "Tanguy", pas vu dans mon entourage. Mais je dirais comme Anne 345 que les raisons peuvent être tellement diverses,qu'il est impossible de juger en général.

Sinon, par rapport à qqes autres de tes posts, notamment sur le fait d'aimer / ne pas aimer un texte: ne pas apprécier un auteur n'a aucun rapport avec le fait de l'enseigner. J'ai horreur (mais vraiment horreur...) de Stendhal, ce qui ne m'empêche pas de faire d'en étudier des passages avec mes élèves, et d'y prendre plaisir. Je n'ai jamais aimé la littérature du Moyen Age, et pourtant avec des 5e je m'éclate sur le Moyen Age. Bref, c'est loin d'être incompatible. Mais cela demande un peu d'ouverture, ne serait-ce que: accepter que le fait d'aimer / ne pas aimer un texte est subjectif, et qu'on peut trouver des raisons objectives de le rendre intéressant pour d'autres.

Bref, il faudrait que tu reconsidères un peu ta position face au savoir et surtout face aux élèves avant de choisir ce métier! (qui a des règles, et c'est tant mieux)

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J'ai commencé mon stage de M1 hier après-midi, et lors du passage chez le principal où nous discutions du métier d'enseignant, du concours, notre prof tuteur (un assez jeune prof = qui a passé le CAPES il n'y a que quelques années) a lui-même dit qu'au CAPES, il y avait certes des connaissances à avoir, mais aussi et peut-être même d'abord une très grosse part de méthode, chose approuvée de suite par le principal qui semblait assez lucide sur le quotidien actuel des enseignants : donc, de la méthode à avoir, à respecter, on en revient aux "règles du jeu" de Tenno. Certes, c'est facile à dire, en tout cas on a bien compris qu'il faut tendre vers cette direction.

Pour ma matière, l'Histoire-Géo (et bien sûr Education Civique), j'ai entendu au moins fois dans ma scolarité le prof dire "je n'aime pas l'Education Civique" : c'est son droit le plus total, par contre je trouve bête qu'il le dise à toute la classe ; c'est un mauvais moyen de légitimer cette matière.

Idem pour l'Histoire-Géo : nous venons à 90% d'une filière "Histoire", donc bien sûr nous préférons largement l'Histoire à la Géographie. Mais au concours, tout comme après en classe pendant 40 ans, c'est 50/50. Donc nous n'avons pas le droit de trouver l'excuse "ah, mais en fait j'ai à la base une formation en Histoire, pas en Géo". Cela ne marchera pas au concours. Et en classe, nous n'aurons pas le droit de négliger une matière pour en privilégier une autre, nous devons les traiter à égalité, peu importe celle qu'on préfère. Mais là encore, il s'agit des règles du jeu qu'on sait à l'avance. Donc dans le cas de quelqu'un qui aimerait enseigner l'Histoire, matière qu'il adore, mais que d'un autre côté, il déteste carrément la Géo (c'est rare, mais poussons à l'extrême), autant réfléchir 2X avant de se lancer dans le concours. Notre préparatrice principale, aussi membre du jury du CAPES en géo, nous a dit que pour sa matière, à l'écrit, on vérifiait avant tout le raisonnement géographique des candidats, avant même les connaissances = méthode, méthode, et encore méthode...

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Mirliton:
je te confirme qu'il serait pourtant assez essentiel à mes yeux que je sois globalement apprécié de mes élèves !
En effet je ne vois plus très bien l'intérêt d'exercer ce métier si les élèves ne vous aiment pas...

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Oui, bien sûr, mais il faut être prêt à l'exercer dans des conditions où ce ne sera pas toujours le cas. Tu seras dans une posture d'acteur face à eux, nécessairement, mais n'attends pas de leur part un regard de fans inconditionnels...

Et je ne voulais pas dire qu'avoir un retour positif des élèves n'est pas important quand on enseigne (au contraire, bien sûr!). Mais il faut être prêt à tenir le coup quand ce n'est pas le cas. Et ne pas considérer cet aspect comme le point de départ de la relations prof/élève, je pense. La relation avec une classe évolue en cours d'année. Il arrive notamment qu'une classe  pénible qu'on a tenue très "serrée" un certain temps, qui a boudé, râlé à cause de cela, pendant des mois, finisse par s'assagir et enfin envoyer des signaux positifs... Mais si dès le début tu as besoin de ces signaux et que tu agis en priorité pour les obtenir, tu cours à la catastrophe: tu risques d'obtenir effectivement leur assentiment, mais pour de très mauvaises raisons (souvent au détriment de la pédagogie), et pour un temps très bref, avant que ça ne redevienne encore pire.
De même, on peut se trouver, pour diverses raisons, en conflit avec une classe, conflit qu'il peut être difficile et délicat de résoudre. Si tu es dans cette situation et que tu as construit ton identité de prof en priorité sur la conception de relation à l'élève dont tu parles, c'est juste invivable.

Bref, tu as en face de toi un groupe (= qui ne réagit pas du tout comme un individu, mais est bien plus irrationnel, potentiellement agressif, très émotionnel, et où chaque membre réagira en fonction du reste du groupe), d'enfants / adolescents. Tu ne peux attendre d'eux ce que tu attendrais d'un adulte (et je ne dis même pas un groupe d'adulte, puisque là aussi le facteur-groupe modifie sensiblement les réactions des gens)

En général, la pédagogie demande d'arriver à prendre du recul: avec ta matière, ta façon d'enseigner, le public que tu as en face, la façon dont il réagit. Se projeter dans une relation émotionnelle à la classe l'empêche nécessairement, et est préjudiciable au prof comme aux élèves.

Questions sur le master MEEF lettres modernes (métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation)

Bonjour à tous,


Après maintes recherches sur internet, ce forum et ailleurs, j'ai du mal à trouver des renseignements précis sur le master MEEF qui prépare au CAPES. Je m'adresse donc à vous, que vous connaissiez cette formation de près ou de loin; si vous avez des informations à ce sujet. Je suis actuellement en L3 de lettres modernes à Paris IV et, comme vous vous en doutez, je souhaiterais passer le CAPES pour enseigner dans le secondaire... Et, éventuellement, l'agrégation; je me pose donc quelques questions concernant les possibilités qui s'ouvrent à moi (s'il y en a plusieurs...). Tout d'abord, est-il possible de passer l'agrégation après obtention du master MEEF, du CAPES (et la deuxième année du master, avec le stage et tutti quanti), en repoussant l'année où l'on commence à enseigner pour disposer d'une année de préparation à l'agrégation (je ne sais pas si ma question est vraiment claire...)? J'ai cru comprendre que la vie était rendue difficile à ceux qui souhaitent passer le CAPES et passent par un autre master que le MEEF - donc le master recherche -, c'est pour cette raison que je pense me diriger d'emblée vers ce master. Encore une fois, je n'ai pas de renseignements précis et tout ce que je sais du master MEEF repose sur des informations que j'ai entendues de la part d'étudiants, à droite à gauche.

D'autre part, je m'interroge sur le contenu précis de ce master. Si j'ai bien tout suivi, la formation se déroulerait à l'ESPE Paris (je suis allée sur leur site mais la plupart des brochures ne peuvent être téléchargées, ce qui ne m'aide pas), mais c'est à peu près tout ce que je sais. Si certains suivent cette formation, même si ce n'est pas en lettres modernes, j'aimerais beaucoup lire vos témoignages!

Enfin, dernière question (je crois...): cela est-il handicapant de passer par un master MEEF pour passer le Capes, puis, surtout, l'agrégation? J'entends par là, cela va-t-il constituer une faiblesse par rapport au niveau demandé à l'agrégation? L'agrégation n'est bien entendu qu'un projet (qui me semble vraiment lointain au vu de la difficulté du concours) mais je préfère être bien renseignée avant de me lancer. Le CAPES est, à ce jour, le concours que je souhaite passer en priorité.


Voilà à peu près les questions que je me pose, merci d'avance pour les informations que vous pourrez m'apporter et qui sauront m'éclairer .

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Chère Janad,

Je peux répondre à tes diverses questions, ayant eu moi-même l'année dernière la même hésitation que toi en sortant de L3, je suis également à Paris IV. J'ai des amis qui ont choisi le master MEEF, et d'autres comme moi qui ont poursuivi en recherches.

Je ne te cache pas qu'obtenir un report de voeux d'affectation après ton M2 pour retarder d'un an ton entrée dans un établissement du second degré est plus que difficile. Le report de stage pour passer l'agrégation n'était pas si compliqué à obtenir, constituant une raison légitime, mais comme tu as dû le comprendre, le report de stage devient inutile puisqu'il y a désormais un écart d'un an entre le niveau exigé pour passer le CAPES (M1) et l'agrégation (M2). Je me souviens que l'année dernière j'étais allé à la journée portes ouvertes de l'ESPE en juin, et le directeur nous avait bien dit : "Ne comptez pas trop sur la possibilité de passer l'agrégation, nous sommes là pour vous faire entrer dans le monde de l'éducation".

Il est vrai qu'aujourd'hui, passer le capes en dehors du circuit MEEF paraît de plus en plus compliqué.
La formation du master se déroule à la fois dans l'ESPE et dans ton université de rattachement (Paris IV). L'année de M1, à ce que j'ai pu constater avec mes amis dans ce master, constitue vraiment une année de préparation au concours (littérature, ancien français, français moderne), avec en plus des cours de pratique et de pédagogie à l'ESPE. Les préparations aux épreuves écrites et orales sont réparties entre les deux établissements. Tu as l'avantage pendant ce M1 d'avoir un stage d'un mois dans un collège ou dans un lycée, ainsi tu peux tout de suite te rendre compte si tu sens que le métier est fait pour toi ou non.
Je ne pense pas que cela soit une faiblesse de passer par le master MEEF pour préparer l'agrégation, au contraire, tu seras dans une optique de concours que nous n'avons pas en recherches. C'est plutôt qu'administrativement, cela paraît assez complexe.

Si tu veux vraiment passer le CAPES et que l'agrégation n'est qu'un vague projet, je te conseille d'aller en MEEF, tu seras bien préparer au concours, tu auras de l'expérience, et surtout tu seras fonctionnaire-stagiaire en M2 si tu obtiens le concours (le fait d'être payé n'est pas négligeable !). Tu pourras toujours passer l'agrégation en interne 5 ans après ta réussite au CAPES.

Questions sur le master MEEF lettres modernes (métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation)

Merci beaucoup pour ta réponse AntoineParis, ça m'éclaire sur de nombreux points; je pense effectivement me diriger vers ce master l'an prochain et je verrai par la suite concernant l'agrégation!