Trouver un sujet de mémoire de master 1

Bonjour,

En fait je suis en pleine recherche d'un sujet pour mon mémoire. J'ai finis ma L3 et compte rentrer en M1 Recherche ou Enseignement à la rentrée, mais il faut que je trouve un sujet et que je contacte un directeur de recherche qui accepterait de m'accompagner. Je souhaite travailler sur de la littérature contemporaine, explorer de l'inexploré, ou du peu exploré. La littérature qui m'a énormément marqué a été la littérature américaine : Kerouac, Miller, Fante, Dos Passos, Mac Can, des auteurs comme ça. Ne pouvant (j'ai eu des profs très moyens dans cette matière) faire mon mémoire en littérature comparée (puis ces auteurs ont déjà été beaucoup traités j'imagine), je comptais trouver des auteurs français (contemporains de préférence, ou alors méconnus) qui traitaient de thèmes semblables, voyage-vagabondage, liberté et exclusion, univers de la transgression face à un monde oppressant. Auriez-vous des ouvrages à me conseiller? J'avais quelques pistes sinon : "Nicolas Bouvier : écriture de soi, écriture du voyage" (ya rien de clairement défini hein...) ou "Volodine, vers la science fiction moderne, une écriture en marge". Je sais pas du tout ce que ça vaut, si c'est vers ça que je dois me diriger, donc si quelqu'un peut m'aiguiller...merci à tous!

Bonne journée!

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Volodine est un auteur contemporain déjà beaucoup étudié, y compris aux Etats-Unis. Sa posture d'écrivain de la marge et ses fictions post-exotiques, bizarrement ou non, attirent beaucoup.
Il y a un autre écrivain français, assez proche de Volodine dans sa pensée critique sur la langue, qui pourrait t'intéresser et te convenir : Olivier Rolin.
A part Michaux, Larbaud, Cendrars, eux-mêmes déjà pas mal étudiés, je te dirais bien d'aller voir d'autres non-contemporains directs comme Dominique de Roux (infatigable baroudeur, impossible à situer idéologiquement, mal aimé ; grand homme de l'édition également, c'est lui qui a fait connaître en France justement la beat generation, et bien d'autres, dans ses Cahiers de l'Herne) et Armand Robin (la marge ici est aussi écart vis-à-vis de lui-même, abolition de son moi, notamment grâce à son travail de traducteur et d'homme de radio).

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Bonjour à tous,

actuellement en troisième année de licence à Paris 4 je réfléchis depuis plusieurs semaines au sujet du mémoire que je pourrais traiter l'année prochaine. J'ai pensé que vous pourriez m'aider sachant que mon but est de trouver un sujet qui me permette de travailler en même temps les concours du CAPES et de l'agrégation. J'ai conscience que la recherche et la préparation aux concours sont deux travaux différents, voire opposés, mais j'aimerais autant que possible faire d'une pierre deux coups. Je précise que, concernant l'agrégation, je ne prépare ni le programme de 2012 ni celui de 2013 mais que j'envisage plutôt celui de 2014. Je cherche donc une œuvre ou un corpus qui répondrais à certains critères qui, selon moi, m'aideraient à préparer ces concours. D'une part, j'aimerais si vous le pouvez que vous me disiez si ces critères, énoncés plus bas, vous semblent pertinents et d'autre part s'il vous vient à l'esprit des œuvres qui leur correspondent. Je précise que je me suis également demandé s'il est plus judicieux, pour mener à bien ces concours, de faire un travail de recherche ou plutôt un travail de littérature. Là encore, si vous avez un avis, je suis intéressé.

Comme ça, je dirais que l'œuvre idéale serait l'œuvre brève d'un auteur français très important ayant appartenu à un siècle un peu reculé (approximativement du XVI° au XVIII° siècle), œuvre qui brasserait de nombreux problèmes liés à la littérature, sans qu'elle soit pour autant trop métatextuelle. Une œuvre brève pour avoir le temps d'en lire d'autres, du même auteur ou de la même époque, et puis pour bien l'approfondir ; un auteur français important pour optimiser les chances d'avoir une de ses œuvres au programme de l'agrégation et pour pouvoir le citer aussi souvent que possible dans les exemples de dissertations ; un siècle reculé pour être confronté à une langue que je ne connais pas forcément bien étant donné mes préférences (XIX°, XX°) et que je devrais bien connaître étant donnée la teneur de certaines épreuves ; enfin une œuvre qui brasserait de nombreuses problématiques et thèmes purement littéraires pour pouvoir me familiariser avec le jargon technique et les difficultés propres à la discipline.

Voilà, j'espère avoir été clair, je vous remercie pour vos lumières à venir. J'ajoute que je suis à Paris IV et que si vous connaissez des directeurs de recherche qui vous paraissent particulièrement bons, par ouï dire ou d'expérience, je suis également intéressé.

Merci infiniment 

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Je ne comprends pas bien l'objectif que vous visez et il ne me semble pas que ce soit une stratégie bien payante que de raisonner son sujet de mémoire en fonction d'hypothétique attente à l'agrégation. Je ne veux pas être déplacé en disant cela, seulement il me semble qu'un mémoire est un travail long, relativement difficile, personnel, qui demande un investissement important et qui ne peut donc, je crois, si on entend le faire vraiment bien être choisi selon de tels calculs, mais doit être le fruit d'une véritable volonté de recherche sur tel ou tel sujet. Je ne crois pas que mes propos soient ici trop "idéaliste" ; il me semble véritablement difficile de réaliser un travail très riche sur un sujet choisi afin de coller aux programmes - pas encore publié, en plus - d'un concours.

Comme vous dîtes, ce sont deux travaux totalement opposés quant à l'optique et il n'est pas possible, de toute façon, d'envisager les choses sur un même niveau. La logique de rentabilité n'existe pas, il me semble, dans un travail de recherche et si l'on peut y voir un objectif matériel, il me semble qu'il est atteint lorsque le travail est assez original, personnel et réussi pour avoir un certain intérêt universitaire. Autrement dit, mais là encore ce ne sont que les idées modestes d'un modeste débutant en la matière, je crois qu'il est préférable de vous engouffrer dans une voie qui est pour vous épanouissante, dans un problème qui vous questionne profondément, et mettre de coter, pour l'instant, les calculs de concours.

J'imagine bien que votre objectif n'est pas la recherche et que, de fait, ce travail de mémoire n'est peut-être pas d'une capitale importance pour vous. Il n'empêche que je crois que vous n'apprendrez jamais tant avec un sujet qui vous plait, que vous avez trouvez vous-même, sans calcul, qui vous "hante", qu'en tentant des rapprochements hasardeux entre un sujet de mémoire et un hypothétique sujet de concours.

Enfin bref, j'ai conscience que je ne réponds pas vraiment à votre demande et d'être même un peu présomptueux peut-être en écrivant cela - le devrais-je d'ailleurs (on dirait que c'est Satan) -, mais je pense véritablement que votre angle d'attaque n'est pas le plus adéquat pour rentrer dans la "recherche" et même pour viser un concours - vous aurez tout le temps, de toute façon, de creuser les questions d'un futur programme d'agrégation, la différence le jour J ne fera plus au niveau du contenu, mais de la forme, de l'originalité, de la pertinence de votre lecture ; chose qui s'apprenne en creusant avec finesse un sujet de mémoire qui vous intéresse véritablement et pas en calculant sur une table des catégories agrégationnaires ce qu'il est le plus "rentable" de fouiller...

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Merci beaucoup pour votre réponse

Je comprends parfaitement votre point de vue et je le partage. Ce qui me pousse à avoir cette logique de calcul comme vous dites, c'est que je suis encore débutant en matière littéraire (L3) et que je n'ai à ce jour ni période ni genre préférés. Attention, j'aime beaucoup la littérature mais j'en suis encore au stade où je papillonne, où je butine d'un auteur à l'autre sans que l'on puisse trouver la moindre logique dans les aléas de mes découvertes. Je dis cela car je sais que si plusieurs œuvres se présentent à moi, que toutes correspondent à mes critères, je saurais en trouver une qui me plaira suffisamment pour me sentir prêt à y passer une année. J'ai bien conscience de l'apparente incompatibilité des deux démarches, mais je suis à ce point ouvert que des critères de sélection d'une œuvre, quels qu'ils soient, ne pourront que m'aider à choisir mon sujet. En fait, j'ai besoin de ces critères pour trouver un sujet, mais je reconnais que ceux-ci ne sont pas les plus communs, non sans raison. S'il s'avère que je ne trouve pas de sujet en raisonnant de la sorte alors je procéderai d'une autre façon. Je peux me le permettre au vu du temps qui me reste pour trouver un directeur.

Comme je ne parviens pas à modifier un message déjà posté, je reformule ici une phrase de mon premier message qui n'était pas très claire. Je demandais s'il vous semblait plus intéressant de faire un travail de recherche en langue française ou en littérature française si l'on se mettait dans l'optique de la préparation aux concours.
Je vous remercie pour vos éclaircissements.


Bonjour à tous,

je poursuis ma recherche d'un sujet de mémoire (lentement mais sûrement puisque c'est pour octobre prochain). Je voulais savoir ce que vous pensiez de la réalisation par un étudiant en Master 1 d'une édition critique (sensée être publiable mais qui ne le serait pas) d'une pièce d'un auteur obscur du XVI° siècle ? Est-ce que c'est formateur selon vous, et surtout est-ce que ça prépare à l'agrégation et au CAPES ?

Et je profite de ce nouveau message pour reformuler une phrase de mon premier message qui manque de clarté : je me demandais s'il était plus formateur pour ces concours de faire un travail en langue française plutôt qu'en littérature ou bien l'inverse.

Je vous remercie pour vos éclaircissements.

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Je rejoins Leihe sur l'étrangeté de la démarche. Si tu recherches vraiment un sujet qui t'aiderait à préparer les concours, c'est que tu n'es sans doute pas vraiment intéressé par la recherche elle-même. Peut-être qu'un master dit enseignement te conviendrait mieux... En tout cas, demande-toi franchement ce qui t'attire dans la recherche.

je poursuis ma recherche d'un sujet de mémoire (lentement mais sûrement puisque c'est pour octobre prochain). Je voulais savoir ce que vous pensiez de la réalisation par un étudiant en Master 1 d'une édition critique (sensée être publiable mais qui ne le serait pas) d'une pièce d'un auteur obscur du XVI° siècle ? Est-ce que c'est formateur selon vous, et surtout est-ce que ça prépare à l'agrégation et au CAPES ?

Je ne vois pas franchement en quoi (d'autant qu'entre ton premier et ton dernier message, tu passes d'un potentiel auteur susceptible de tomber aux concours à un illustre inconnu). Une édition critique (assez difficile à mener en M1 à part pour les traductions et éditions de texte en langues anciennes ou ancien / moyen français) suppose une connaissance très fine de l'auteur, de son époque et aussi de la langue, des allusions propres au contexte d'écriture -un ensemble de compétences qui ne s'acquiert à mon avis qu'après de longues années de fréquentation des textes : bref, des choses trop précises pour te resservir par la suite si tu raisonnes en termes d'utilité (à moins de truffer chacune de tes dissertations de références à cet auteur).

Et je profite de ce nouveau message pour reformuler une phrase de mon premier message qui manque de clarté : je me demandais s'il était plus formateur pour ces concours de faire un travail en langue française plutôt qu'en littérature ou bien l'inverse.

Dans un travail de recherche, que ce soit en langue ou littérature française, on te demande de poser un problème et, plutôt que de le résoudre, d'en montrer toute la complexité et la richesse à partir d'un corpus ou d'une thématique assez précise. Les concours ne s'envisagent pas de la même manière : plutôt que de démontrer véritablement quelque chose, il s'agit de mobiliser très vite des connaissances et une réflexion, parfois plus ou moins toute prête vu le temps imparti, à un sujet imposé. En tout cas, en langue (ancien français et grammaire), même si le CAPES est hors-programme, ce qui t'aura auparavant servi ce seront simplement les fiches de grammaire, de phonétique, de morphologie etc. patiemment conçues pour être appliquées au texte donné : dans leur format actuel, les épreuves de langue française laissent peu de place à une quelconque réflexion sur la langue française elle-même, et très peu à ses excentricités (si ce n'est en stylistique peut-être). Un travail de recherche, s'il renforcera évidemment la familiarité avec la langue française, sera difficilement mobilisable, et encore moins si un programme est imposé (dans le cas de l'agrégation). Pour l'autre hypothèse, la littérature française, tu peux bien sûr avoir la "chance" de tomber sur un auteur que tu auras toi-même fréquenté au cours du master mais garde bien à l'esprit qu'un auteur qu'on connaît bien, voire qu'on apprécie beaucoup, ne garantit pas plus de facilités au concours. J'ai même tendance à penser que plus on en sait sur lui, plus le risque est grand de faire dévier la réflexion, de vouloir plaquer tout ce que l'on sait sur le sujet imposé. Alors, certes, travailler en littérature, sur n'importe qui et sur n'importe quel sujet, apportera forcément quelque chose à ta compréhension du fait littéraire, et d'une problématique en particulier ; mais ce n'est pas un auteur plus qu'un autre qui t'aidera, je pense, à décrocher plus facilement le concours.

Je ne résous sans doute pas ton affaire, mais réfléchis bien encore une fois à tes motivations quant à la recherche universitaire. La recherche est souvent exaltante, on va d'une lecture à une autre, on peut découvrir beaucoup de choses en très peu de temps, mais elle est aussi pesante parfois car on est seul ou presque face à un sujet qui, au fond, n'intéressera pas grand-monde, car on est parfois bloqué, démotivé. Si tu choisis une discipline ou un auteur par calcul, le risque est grand que tu te dégoûtes vite de la recherche. Si la réussite aux concours de l'enseignement est ton objectif principal, songe à des masters qui entrent plus directement dans le vif du sujet. Et, si tu persistes dans la recherche, n'oublie pas qu'un travail sérieux en licence tant en ancien français qu'en grammaire ou en littérature pose déjà de très bonnes bases pour la préparation en tant que telle des concours qui dure généralement une année (d'où l'importance du travail préparatoire en licence). Il faut aussi se faire confiance ! Tu apprendras sans doute bien plus en lisant beaucoup de textes très variés tout au long de tes années de master et en restant attentif -mais discrètement- aux grandes questions de la littérature qu'en restant la tête dans le guidon des concours depuis ta première année dans la supérieur.

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"mais elle est aussi pesante parfois car on est seul ou presque face à un sujet qui, au fond, n'intéressera pas grand-monde, car on est parfois bloqué, démotivé. Si tu choisis une discipline ou un auteur par calcul, le risque est grand que tu te dégoûtes vite de la recherche."

Je trouve cela très juste et à prendre en compte.
Par ailleurs, quel que soit le thème du mémoire, tu travailleras sur quelque chose de très pointu et en marge, donc à l'opposé du principe du programme du CAPES.
Mais la remarque de Polo m'a rappelé un détail que j'avais adoré dans le film On connaît la chanson d'Alain Resnais : le personnage d'Agnès Jaoui qui finit par faire une dépression car à chaque fois qu'elle annonce le sujet de son mémoire, "les chevaliers paysans de l'an mil au lac de Paladru", on lui demande qui ça peut bien intéresser (alors qu'elle est elle-même passionnée...)

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Bonjour,

Cette discussion m'intéresse, bien que je sois très éloignée de ce monde de la recherche en littérature ou en philosophie...

Le chevalier au lion, au fond, a une âme d'économiste : il cherche à être "productif", il cherche à faire des économies d'échelle en tentant d'atteindre plusieurs objectifs en limitant les moyens mis en oeuvre. Bref, il cherche, d'une certaine manière, à s'économiser lui-même. Cette logique de rentabilité s'applique-t-elle aux études littéraires ?
Non, si l'on en croit l'incompréhension d'étudiants qui se font une très haute idée de la recherche, passionnés par leurs sujets d'études, qui croient que la passion mène nécessairement à l'excellence, et l'excellence nécessairement à la "réussite" (que chacun définira selon ses propres critères).
Cette question m'intéresse car que je constate un peu plus chaque jour, depuis que je fréquente ce forum et aussi, "dans la vraie vie", des personnes qui ont "réussi" dans ces domaines, que les choses ne sont pas aussi simples et ne vont pas de soi... Il y a peu de très belles places, prestigieuses (je sais bien que chacun se fait une idée personnelle du "prestige", mais tout de même) dans le monde littéraire. Ce qui me frappe, c'est la distorsion entre l'investissement intellectuel sincère et passionné, acharné, presque démesuré (si l'on compare à d'autres domaines) parfois jusqu'au sacrifice de sa vie personnelle, de sa santé, de nombre d'étudiants et la place occupée dans la société des années plus tard. Tout le monde n'obtient pas la reconnaissance à laquelle il pourrait s'attendre (déroulement de carrière, notoriété, salaire, excusez-moi d'être aussi terre-à-terre, mais il me semble que ces questions, qui semblent prématurées à 20 ans, finissent par se poser un jour ou l'autre), ni forcément un emploi de chercheur ou d'enseignant qui réponde à ses aspirations premières. Les déceptions peuvent être grandes, et la frustration importante. Alors, je ne suis pas si choquée de voir, par exemple, que certains s'engagent dans une thèse sans beaucoup de goût pour la recherche mais simplement pour tenter d'évoluer dans leur carrière, ou que d'autres tentent de limiter ou de "gérer" leur investissement. Cela ne veut pas dire que je ne le regrette pas. Mais ces comportements sont le simple fruit d'une adaptation à un système qui ne donne pas systématiquement à chacun la récompense qu'il mérite. Personnellement, cette question me préoccupe. Car il y a là un gâchis, incontestablement.
(J'ai bien conscience que mon message ne sert à rien, mais j'avais envie de le dire  )

Edit : je viens de prendre connaissance de la réponse d'Ammy, et pour répondre plus concrètement, j'ai pu aussi constater que la "réussite" tenait parfois au choix judicieux (peu importe qu'il s'agisse d'un intérêt réel et profond ou d'un "calcul") d'un sujet de recherche "dans l'air du temps", correspondant à des préoccupations actuelles de la société... J'ai eu l'occasion de citer sur ce forum l'exemple d'une connaissance au parcours prestigieux, un historien (agrégé, Sc. Po, CNRS, etc) dont les recherches sur l'Islam (en Asie du Sud-Est) ont coïncidé avec les préoccupations sur le terrorisme et dont les travaux ont immédiatement trouvé un écho et lui ont assuré une forme de "réussite"...

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Polo a écrit :

Pour l'autre hypothèse, la littérature française, tu peux bien sûr avoir la "chance" de tomber sur un auteur que tu auras toi-même fréquenté au cours du master mais garde bien à l'esprit qu'un auteur qu'on connaît bien, voire qu'on apprécie beaucoup, ne garantit pas plus de facilités au concours. J'ai même tendance à penser que plus on en sait sur lui, plus le risque est grand de faire dévier la réflexion, de vouloir plaquer tout ce que l'on sait sur le sujet imposé.

Je reviens sur ce point qui me parait un argument pratique fort important dans cette discussion, au-delà des réticences plus idéologiques, si l'on peut dire, qui ont déjà été évoquées plus haut et avec lesquelles je suis entièrement d'accord. J'ai passé mon explication de texte du CAPES sur un texte du dix-septième siècle fortement rhétorique, très près de mon domaine de spécialité et l'échec fut retentissant, parce que les attentes d'un jury de concours ne sont pas celles d'une communauté de chercheurs. Je me suis retrouvé à tenter de rappeler à mon jury que burlesque et héroï-comique n'étaient pas des concepts superposables, que même un alexandrin avait des coupes, etc.

En d'autres termes, les concours du CAPES et de l'agrégation évaluent des connaissances très convenues, parfois complètement fausses au regard de la pointe de la recherche et, malgré qu'on en ait, toujours peu originales. Leur esprit est tout à fait opposé à un travail de recherches et il y aurait peu de compétences que tu pourras aisément réinvestir. La précision conceptuelle, les analyses très circonstanciées ou la modernité des approches ne sont pas des atouts pour une dissertation de littérature générale ou une leçon, pas plus que l'aisance dans la bibliographie critique.

Si donc ce qui t'intéresse, c'est la réussite aux concours, il est beaucoup plus profitable de t'inscrire dans un master PLC (ou équivalent), qui fera la part belle aux matières techniques les plus rentables (grammaire moderne, ancien français, latin et langue vivante), qui te préparera beaucoup mieux aux deux certifications et aux épreuves professionnelles (didactiques). Il faut en revanche garder à l'esprit qu'entamer une thèse après un master PLC peut être fort difficile.

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@Jeanne-Héloïse : Oui mais choisir un sujet qui aiderait précisément aux concours et déterminer un sujet qui faciliterait la carrière universitaire, ce n'est pas du tout la même chose (et vous le savez). Je doute que le premier sujet faciliterait la carrière universitaire, d'ailleurs, car il serait sans doute trop classique. Le Chevalier au lion n'est pas dans le même calcul que vous décrivez (et auquel pensent quand même un peu les étudiants qui se lancent passionnément dans la recherche et sont conseillés par leur directeur de recherche -enfin, j'espère !). Après, concrètement, je me demande combien d'étudiants engagés dans un master recherche, par peur des masters laissant moins d'autonomie, se destinent réellement à la carrière universitaire, ont envie de se lancer dans une thèse et dans les difficultés d'obtenir un poste dans le supérieur. La réforme de la mastérisation a un peu brouillé les données, je crois, car le master, peu importe lequel, est devenu un passage obligé pour passer les concours de l'enseignement.
Personnellement je ne suis pas encore sûre de me lancer dans une thèse alors que mes professeurs et beaucoup d'étudiants s'attendent à ce que j'en fasse une ; il y a des risques comme vous le soulignez, il y a la peur de la démotivation, du temps perdu, de la galère, du sentiment d'inutilité (très justement souligné par la remarque d'Ammy)... Il est peut-être encore trop tôt pour se projeter dans plusieurs années, j'ai l'impression qu'il faut aussi beaucoup de maturité, de lectures derrière soi -en plus de la "bonne stratégie"- pour se lancer là-dedans et mesurer toutes les difficultés (et tous les bons côtés aussi).

En tout cas, je conseillais simplement au Chevalier de bien réfléchir à ses motivations : si le métier d'enseignant, en dehors de tout intérêt de recherche, l'intéresse, peut-être n'est-il pas besoin de s'astreindre à un sujet de recherche mais d'aller tout de suite à l'essentiel.