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Corneille, L’Illusion comique, acte III, scène 8

Bonjour/Bonsoir

Je suis actuellement en train de bosser pour l'oral de français qui arrive bientôt. Problème : il me manque deux commentaires. Donc j'essaie de les préparer moi même à l'avance histoire de pas être perdu si je tombe sur l'un des deux textes.

Sauf que j'ai un peu de mal... Voici l'extrait :

(Acte 3 ; Scène 8 )

ISABELLE.
Tout se prépare mal du côté de mon père ;
Je ne le vis jamais d'une humeur si sévère :
Il ne souffrira plus votre maître ni vous.
Votre rival d'ailleurs est devenu jaloux :
C'est par cette raison que je vous fais descendre ;
Dedans mon cabinet ils pourraient nous surprendre ;
Ici nous parlerons en plus de sûreté :
Vous pourrez vous couler d'un et d'autre côté ;
Et si quelqu'un survient, ma retraite est ouverte.

CLINDOR.
C'est trop prendre de soin pour empêcher ma perte.

ISABELLE.
Je n'en puis prendre trop pour assurer un bien
Sans qui tous autres biens à mes yeux ne sont rien :
Un bien qui vaut pour moi la terre toute entière,
Et pour qui seul enfin j'aime à voir la lumière.
Un rival par mon père attaque en vain ma foi ;
Votre amour seul a droit de triompher de moi :
Des discours de tous deux je suis persécutée ;
Mais pour vous je me plais à me voir maltraitée,
Et des plus grands malheurs je bénirais les coups,
Si ma fidélité les endurait pour vous.

CLINDOR.
Vous me rendez confus, et mon âme ravie
Ne vous peut, en revanche, offrir rien que ma vie :
Mon sang est le seul bien qui me reste en ces lieux,
Trop heureux de le perdre en servant vos beaux yeux !
Mais si mon astre un jour, changeant son influence,
Me donne un accès libre aux lieux de ma naissance,
Vous verrez que ce choix n'est pas fort inégal,
Et que, tout balancé, je vaux bien mon rival.
Mais, avec ces douceurs, permettez-moi de craindre
Qu'un père et ce rival ne veuillent vous contraindre.

ISABELLE.
N'en ayez point d'alarme, et croyez qu'en ce cas
L'un aura moins d'effet que l'autre n'a d'appas.
Je ne vous dirai point où je suis résolue :
Il suffit que sur moi je me rends absolue.
Ainsi tous les projets sont des projets en l'air.
Ainsi...

MATAMORE.
Je n'en puis plus : il est temps de parler.

ISABELLE.
Dieux ! On nous écoutait.

CLINDOR.
C'est notre capitaine :
Je vais bien l'apaiser ; n'en soyez pas en peine.

Alors j'ai bien sur essayé de chercher :
C'est une discussion entre Isabelle et Clindor. Isabelle semble vouer une place importance à Clindor dans son coeur. Elle emploie énormément  le "voue", et s'implique dans leur relation puisque elle tente d'assurer la sécurité des deux amants. "Ici, nous parlerons en plus de sûreté" il y a une volonté d'avoir une discussion intime avec Clindor de la part d'Isabelle. Elle prend donc une place importante dans le "couple".

ça n'a pas l'air d'être le cas de Clindor qui semble accorder moins d'accorder à leur amour. Il pense par ailleurs à Géronde et Adraste ==> "qu'un père et ce rival"
C'est un rappel des problèmes que le couple peut rencontrer, ils n'ont pas le "champ libre".

Matamore, témoin caché, écoute les deux amants avant d'intervenir. C'est une autre mise en abîme

Bref voila, c'est très très pauvre, j'ai vraiment du mal, je n'ai par ailleurs pas de plan... si vous pouviez me venir en aide, ça serait très sympa.

Merci d'avance

Corneille, L’Illusion comique, acte III, scène 8

CelineLF a écrit :

Bonjour/Bonsoir

Je suis actuellement en train de bosser pour l'oral de français qui arrive bientôt. Problème : il me manque deux commentaires. Donc j'essaie de les préparer moi même à l'avance histoire de pas être perdu si je tombe sur l'un des deux textes.

Sauf que j'ai un peu de mal... Voici l'extrait :

(Acte 3 ; Scène 8 )

ISABELLE.
Tout se prépare mal du côté de mon père ;
Je ne le vis jamais d'une humeur si sévère :
Il ne souffrira plus votre maître ni vous.
Votre rival d'ailleurs est devenu jaloux :
C'est par cette raison que je vous fais descendre ;
Dedans mon cabinet ils pourraient nous surprendre ;
Ici nous parlerons en plus de sûreté :
Vous pourrez vous couler d'un et d'autre côté ;
Et si quelqu'un survient, ma retraite est ouverte.

CLINDOR.
C'est trop prendre de soin pour empêcher ma perte.

ISABELLE.
Je n'en puis prendre trop pour assurer un bien
Sans qui tous autres biens à mes yeux ne sont rien :
Un bien qui vaut pour moi la terre toute entière,
Et pour qui seul enfin j'aime à voir la lumière.
Un rival par mon père attaque en vain ma foi ;
Votre amour seul a droit de triompher de moi :
Des discours de tous deux je suis persécutée ;
Mais pour vous je me plais à me voir maltraitée,
Et des plus grands malheurs je bénirais les coups,
Si ma fidélité les endurait pour vous.

CLINDOR.
Vous me rendez confus, et mon âme ravie
Ne vous peut, en revanche, offrir rien que ma vie :
Mon sang est le seul bien qui me reste en ces lieux,
Trop heureux de le perdre en servant vos beaux yeux !
Mais si mon astre un jour, changeant son influence,
Me donne un accès libre aux lieux de ma naissance,
Vous verrez que ce choix n'est pas fort inégal,
Et que, tout balancé, je vaux bien mon rival.
Mais, avec ces douceurs, permettez-moi de craindre
Qu'un père et ce rival ne veuillent vous contraindre.

ISABELLE.
N'en ayez point d'alarme, et croyez qu'en ce cas
L'un aura moins d'effet que l'autre n'a d'appas.
Je ne vous dirai point où je suis résolue :
Il suffit que sur moi je me rends absolue.
Ainsi tous les projets sont des projets en l'air.
Ainsi...

MATAMORE.
Je n'en puis plus : il est temps de parler.

ISABELLE.
Dieux ! On nous écoutait.

CLINDOR.
C'est notre capitaine :
Je vais bien l'apaiser ; n'en soyez pas en peine.

Alors j'ai bien sur essayé de chercher :
C'est une discussion entre Isabelle et Clindor. Isabelle semble vouer une place importance [la place principale cf v. 11-14] à Clindor dans son coeur. Elle emploie énormément  le "vous", et s'implique dans leur relation puisque elle tente d'assurer la sécurité des deux amants. "Ici, nous parlerons en plus de sûreté" il y a une volonté d'avoir une discussion intime avec Clindor de la part d'Isabelle. Elle prend donc une place importante dans le "couple".

ça n'a pas l'air d'être le cas de Clindor qui semble accorder moins d'accorder à leur amour. [Non, l'aveu d'Isabelle le touche profondément cf v. 21 - 24] Il pense par ailleurs à Géronde et Adraste ==> "qu'un père et ce rival"

C'est un rappel des problèmes que le couple peut rencontrer, ils n'ont pas le "champ libre".

Matamore, témoin caché, écoute les deux amants avant d'intervenir. C'est une autre mise en abîme [La mise en abïme est tout autre chose Ici, il y a plutôt un comique de situation.]
Bref voila, c'est très très pauvre, j'ai vraiment du mal, je n'ai par ailleurs pas de plan... si vous pouviez me venir en aide, ça serait très sympa.

1° Les sentiments d'Isabelle
- Ses précautions, ses craintes
- L'amour, don total de soi, qui se rit des obstacles et peut aller jusqu'au "martyre"
- Son "plan" (interrompu par Matamore)

2° Les sentiments de Clindor
- Son émotion aux paroles d'Isabelle
- Son engagement pour servir son amour, son "coeur"
- Ses craintes pour Isabelle

3° Les réactions de Matamore
- Le comique de sa situation : il ne peut plus se contenir
- Sa déception et sa colère (qu'on peut imaginer)

Conclusion
Scène éclairant le caractère des héros, d'Isabelle surtout, en qui on peut voir une héroïne cornélienne comparable à Camille, par exemple (Horace), mais aussi Clindor, qui se montre aimant et "généreux".
L'enjeu de la scène est important : les amants sont démasqués.
-

Merci d'avance

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Corneille, L’Illusion comique, acte III, scène 8

Merci beaucoup pour cette réponse claire et précise, un plan c'est parfait en plus !
Je vous remercie.Bon, je viens de passer toute la nuit à réviser ... Illusion Comique, Madame Bovary, textes des Lumières... Et bref il me manque aussi le commentaire du discours de Robespierre contre l'esclavage (13 mai 1791)

Le voici :

"Dès le moment où dans un de vos décrets, vous aurez prononcé le mot esclaves, vous aurez prononcé et votre propre déshonneur et le renversement de votre Constitution.
Je me plains au nom de l'Assemblée elle-même, de ce que, non content d'obtenir d'elle tout ce qu'on désire, on veut encore la forcer à l'accorder d'une manière déshonorante pour elle et qui démente tous ses principes.
Si je pouvais soupçonner que, parmi les adversaires des hommes de couleurs, il se trouvât, quelque ennemi secret de la liberté et de la Constitution, je croirais que l'on a cherché à se ménager un moyen d'attaquer toujours avec succès vos décrets pour affaiblir vos principes, afin qu'on puisse vous dire un jour, quand il s'agira de l'intérêt direct de la métropole : vous nous alléguez sans cesse la Déclaration des droits de l'homme, les principes de la liberté, et vous y avez si peu cru vous - mêmes que vous avez décrété constitutionnellement l'esclavage. L'intérêt suprême de la nation et des colonies est que vous demeuriez libres et que vous ne renversiez pas de vos propres mains les bases de la liberté. Périssent les colonies, s'il doit vous en coûter votre bonheur, votre gloire, votre liberté. Je le répète : périssent les colonies et les colons veulent, par des menaces, nous forcer à décréter ce qui convient le plus à leurs intérêts. Je déclare au nom de l'Assemblée, au nom de ceux des membres de cette Assemblée qui ne veulent pas renverser la Constitution, au nom de la nation entière qui veut être libre, que nous ne sacrifierons aux députés des colonies, ni la nation, ni la colonies, ni l'humanité entière. […]"

==> Pas de plan là aussi... mais quelques pistes :

J'ai remarqué le champs lexical juridique du texte "Constitution" "Assemblée" ce qui intéresse Robespierre, c'est la loi et surtout le respect de la loi.
On peut le voir dans la phrase "démente tous ses principes".

Par ailleurs Robespierre commence son texte par "dés le moment où vous aurez..." or, la Constitution fait déjà référence aux esclaves ==> Il critique indirectement les textes.
Il dénonce l'utilisation abusive des lois, peut être critique t-il une sorte de régression ? On a pu évoluer en mettant en place une Constitution, des règles, mais certains, trop avides de "gloire" de "bonheur" la modifient à leur guise.

Aussi, il mets en avant la contradiction des personnes présentes à l'Assemblée qui toujours se réfère à la Déclaration mais jamais ne l'applique correctement (==> esclavage remis en cause qui provoque la remise en cause de tout un système)


Voila. Un peu d'aide pour ce texte me permettrait de finir mes révisions et surtout d'avoir tous les commentaires/plans de mes textes histoire de les revoir la veille de l'épreuve...

Merci d'avance !