Baudelaire, Les Fleurs du mal - Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle...

Bonjour,
Pour demain je dois faire un commentaire sur le poème XXV des Fleurs du mal (ci-dessous).

Tu mettrais l’univers entier dans ta ruelle,
Femme impure ! L’ennui rend ton âme cruelle.
Pour exercer tes dents à ce jeu singulier,
Il te faut chaque jour un cœur au râtelier.
Tes yeux, illuminés ainsi que des boutiques
Et des ifs flamboyants dans les fêtes publiques,
Usent insolemment d’un pouvoir emprunté,
Sans connaître jamais la loi de leur beauté.

Machine aveugle et sourde, en cruautés féconde !
Salutaire instrument, buveur du sang du monde,
Comment n’as-tu pas honte et comment n’as-tu pas
Devant tous les miroirs vu pâlir tes appas ?
La grandeur de ce mal où tu te crois savante
Ne t’a donc jamais fait reculer d’épouvante,
Quand la nature, grande en ses desseins cachés,
De toi se sert, ô femme, ô reine des péchés,
- De toi, vil animal, - pour pétrir un génie ?

Ô fangeuse grandeur ! Sublime ignominie !

Cependant j'éprouve des difficultés à faire un plan structuré (et même d'organiser mes idées) et j'ai l'impression de passer à côté de quelque chose d'important.
Dans le désordre, j'ai pu m'apercevoir que:
- Baudelaire parlait de Jeanne Duval, sa première amante bête et belle qui le trompait et restait avec lui principalement pour son argent: le bel animal, coupable et irrésistible
- le poème écrit en alexandrins, composé d'un huitain, un neuvain et d'une strophe d'un vers est directement adressé à Mme Duval
- le registre est lyrique: les sentiments sont riches et de grand intensité, de plus il y a une invocation à la fin du poème (Ô). A noter une seul allusion à lui: génie(v17)
- figures de styles variées: comparaisons(v5,6), métaphores(v9,10,17), oxymores(v18), personnification de la nature(v15,16), hyperbole(v1, 10), antithèse(v1), allitération en "f"(v6) dont je n'arrive pas à déterminer l'utilité
- des rimes plates, une alternance entre rimes féminines et masculines, la plupart des rimes sont suffisantes et deux rimes sont riches
- rythme changeant: alternance entre rythme rapide (début strophes) et rythme lent(fin des strophes)
- la beauté de la femme: yeux mis en valeur par la place dans la vers(début) et amplifié par la césure en début de vers, "leur beauté"(v.8)
- la moralité douteuse(enfin non finalement) de la femme: femme impure(v.2), âme cruelle(v.2), reine des péchés (v.16) etc
- la stupidité de cette femme: "sans connaitre"(v.8), "machine aveugle et sourde"(v9), "tu te crois savante"(v.13), "animal" (v17)
- l'attirance malgré lui de l'auteur, ou du moins du narrateur, pour la femme: "sublime grandeur"(v18), "un pouvoir emprunté"(v.7), et directement adressé à lui du vers 13 à 17.
                                                         
J'espère que vous avez pu vous y retrouver dans ce brouillon

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Baudelaire, Les Fleurs du mal - Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle...

Bonjour Aquaman,

Tu n'es pas capable de bâtir un plan parce que tu n'as pas formulé l'intention probable de Baudelaire.
Ce poème est corrosif.
Il attaque la femme qui se contente d'être désirable et de faire souffrir, mais qui permet à son insu de faire naître le poète.
Cri de douleur bien dans la veine des Fleurs du mal : poésie qui jaillit de la fange, art du poète qui transforme la réalité, revanche du mal-aimé, tentative d'utiliser l'art pour sauver la vie...

Baudelaire, Les Fleurs du mal - Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle...

Donc un plan logique ?
I) Une femme désirable
II) Mais cruelle
III) Qui fait naître le poète

Jusque là je vois très bien comment je pourrai développer, seulement je bloque un peu pour le III. Dois-je utiliser tes indications: "poésie qui jaillit de la fange, art du poète qui transforme la réalité, revanche du mal-aimé, tentative d'utiliser l'art pour sauver la vie"?

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Baudelaire, Les Fleurs du mal - Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle...

Attention, le portrait de la femme-bourreau est plus ambivalent (le dernier vers est constitué de deux oxymorons) : c'est au moment où son charme est détruit par le temps que le poète peut lui substituer sa propre beauté.
Baudelaire renouvelle de manière caustique un thème du carpe diem, le poète peut conférer une sorte d'éternité à un amour qui se putréfie. C'est un peu semblable à la "Charogne".
Baudelaire tient sa revanche : lui, l'amant méprisé et bafoué va donner la célébrité à la "muse vénale" mais son acte poétique est en même temps une vengeance car, à son tour, il juge et méprise.
Note que la muse vénale est complice du spleen et que l'effort du poète pour tendre vers l'idéal est douloureux.
Ce poème est particulièrement misogyne.

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Baudelaire, Les Fleurs du mal - Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle...

bonjour bonjour !
j'ai un commentaire littéraire à faire sur le poème "Tu mettrais l'univers tout entier dans ta ruelle " de Baudelaire pour Lundi , et j'aurais voulu savoir ce que signifie les strophes 11 et 12 !

Merci beaucoup