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On naît poète, mais on devient écrivain

Au fait je suis étudiante en troisième année lettres modernes françaises.
ce sujet m'a été proposé dans le cadre de la préparation de mon examen de fin de semestre.
je pense que dans un premier temps je vais définir les termes selon l'épistémologie, montrer que la poésie est un don des muses alors que la versification est un travail d'artiste qui consiste à fabriquer les vers.
j'ai l'impression d'avoir cerné mon sujet mais il me manque des illustrations donc votre aide me sera très utile.

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On naît poète, mais on devient écrivain

Bonjour,

Le poète peut avoir le sens de créateur, auquel cas il ne faudrait pas t'enfermer dans la versification.
Je te conseille de regarder du côté des ratures, des brouillons, d'une manière large vers la génétique littéraire. Tous les grands écrivains ont appris un savoir-faire, se sont beaucoup entraînés, ont recouru à une ascèse. L'oeuvre significative est sculptée, elle résulte de choix qui retranchent, elle tend vers une essence...

Tu pourrais aller voir cette discussion :
https://www.etudes-litteraires.com/foru … leine.html

Je te joins une réponse que j'avais rédigée dans le temps sur un sujet voisin.

Quel intérêt peut selon vous offrir l'étude des brouillons d'écrivains?

En préambule, remarque que nous n'avons pas une grande estime pour les brouillons. Un enfant « brouillon » ne sait pas ranger ses affaires ou organiser ses pensées. L'origine de ce mépris est sans doute à rechercher dans notre éducation. La rature n'a pas bonne presse, nous avons le culte de l'objet fini, poli. Et nous rêvons de ce produit fini du premier coup, comme Athéna sortie adulte et tout armée du cerveau de Jupiter. Du moins nous ne voulons plus voir les essais, les tâtonnements  préalables, pour ne garder que l'objet achevé dans sa splendeur. Alors pour jouer avec les mots à la suite de Bernard Pivot, quel intérêt pouvons-nous retirer de ces contacts avec le « brouillon de culture » ?
Quelques pistes :
–l'étude des variantes nous fait entrer dans l'atelier de l'écrivain ;
–elle nous montre comment un écrivain améliore son texte, comment il élimine des détails ou des parties inutiles, comment il fait évoluer son récit :
–comment un auteur travaille : certains écrivent beaucoup et retiennent peu, d'autres arrivent très vite à la version définitive...
–nous sommes invités à réfléchir à la création littéraire en découvrant la genèse d'une oeuvre...

en complément un texte de Claire Caillaud très intéressant :

Brouillons d'écrivains

« Dans le secret des manuscrits
C'est sous le signe d'une certaine nostalgie, soulignée par la pénombre de l'espace, que la Bibliothèque nationale de France offre à la contemplation des visiteurs les manuscrits des écrivains français. Dès l'entrée, en effet, l'exposition interroge sur le devenir, à l'ère de l'informatique, de ces précieuses traces du travail de l'écrivain : de la machine à écrire au traitement de texte, la présence de l'auteur s'éloigne jusqu'à s'effacer complètement. Les traces de la conscience du créateur à l'œuvre, dont les ratures, les notes, les additions révèlent les hésitations, les repentirs, les renoncements, sont-elles vouées à disparaître au seul bénéfice de l'œuvre achevée, transparente comme l'écran de l'ordinateur sur lequel elle s'élabore ? Le parcours chronologique adopté par l'exposition nous incite alors à envisager le texte moderne dans ses analogies avec le manuscrit médiéval, copie soigneusement achevée, dont toute rature était bannie.

Le brouillon a une histoire

L'intérêt pédagogique du parcours est d'abord historique. On y apprend comment s'est développée la dignité du brouillon, dont l'étymologie germanique « brod », brouet ou brouillon, indique assez le mépris dans lequel il fut d'abord tenu. Jusqu'au XVIIIe siècle, il n'existe qu'à titre accidentel : ainsi les liasses des « Pensées » de Pascal, feuillets manuscrits autographes, recueillis après sa mort et religieusement conservés, collés sur de grandes feuilles. Geste suspendu de l'écrivain...
C'est avec la reconnaissance progressive des droits d'auteur que le manuscrit, le plus souvent mis au net, parfois corrigé par l'écrivain, devient un objet soigneusement préservé.
Le culte du brouillon, et de ses multiples états, s'épanouit au XIXe siècle, signe du prix que l'auteur apporte alors au mystère de l'inspiration. Puis nous découvrons l'art du brouillon ou plutôt du manuscrit autographe, tel qu'il s'est développé au XXe siècle. La calligraphie y retrouve, comme au Moyen Âge, sa valeur de composant inséparable des mots. En témoignent le recueil autographe de huit poèmes de « Fureur et Mystère » de René Char, illustré par l'aquarelliste Vieira da Silva en 1953, ou encore le surprenant « Cahier des charges » de « La Vie mode d'emploi » de Perec.

Le brouillon, miroir de la pensée

L'intérêt des brouillons réside essentiellement dans leur rôle de miroir de la pensée de l'écrivain. Ainsi les pages manuscrites strictement organisées de Victor Hugo mettent en scène les labyrinthes de son inspiration ; la surcharge des pages autographes de Balzac révèle la pensée en fusion. Quant aux brouillons méthodiques de Zola où apparaissent les plans des chapitres, les notes concernant les personnages, les schémas et dessins des décors, ils éclairent autant qu'ils plongent dans la perplexité le lecteur désireux de percer les secrets de la création.
S'ajoute l'émotion de surprendre, dans telle ou telle page, les circonstances ou les drames qui ont entouré la rédaction du texte. Le brouillon, unique, d'une page d'  « Une Saison en enfer », de Rimbaud, maculé, aux lignes chaotiques, fait vivre les moments de violente inspiration dans lesquels il a écrit ces poèmes.
Un recueil de fiches pédagogiques permet de préparer et d'approfondir le travail du brouillon pour quatre auteurs : Hugo Flaubert, Zola et Perec. Dès lors, ce spectacle insolite des brouillons d'écrivains, s'il est préparé, devrait permettre aux élèves de démythifier le texte imprimé autant que de s'interroger sur la vie secrète des manuscrits ».

Un écrivain et sa méthode de production : extraits du Journal d'André Gide

« Parce que je publie peu, on croit que j’écris lentement. Le vrai, c’est que je reste d’assez longues périodes de vie sans écrire. Dès que mon cerveau est dispos, ma plume ou mon crayon ne va pas assez vite.[…]. Il m’arrive d’écrire en wagon, en métro, au bord des routes, et ce sont mes meilleures pages, les plus réellement inspirées. Une phrase succède à l’autre, naît de l’autre, et j’éprouve à la sentir naître et se gonfler en moi un ravissement presque physique. Je crois que ce jaillissement artésien est le résultat d’une longue préparation inconsciente. Il m’arrive par la suite d’apporter à ce premier jet quelques retouches, mais fort peu.
  Seul le travail de jointoiement est parfois très pénible et exige une grande contention d’esprit.
  Il arrive que mes brouillons soient très surchargés, mais cela vient du foisonnement des pensées et de la difficulté de leur ordonnance et de leur agencement ».

Je te conseille aussi de lire l'introduction que Guy de Maupassant a rédigée à son roman « Pierre et Jean ». Cet auteur expose des réflexions très pertinentes sur la création littéraire

On naît poète, mais on devient écrivain

Salut je voudrais savoir si vous pouviez m'expliquer ce qu'on entend par"On naît poète mais on devient écrivain ".merci

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On naît poète, mais on devient écrivain

Bonsoir,

D'un côté il y a le don ; de l'autre, le travail.

On peut gaspiller son talent par le manque de maîtrise, mais on ne deviendra pas un grand auteur simplement par l'application s'il n'y a pas au départ une puissante inspiration.

Lis les messages qui précèdent.

On naît poète, mais on devient écrivain

Merci Jean -Luc. Mais pour ce devoir on me demande d'expliquer en faisant une introduction,Un développement Et un conclusion.Pourriez_vous me montrer comment procéder genre ce qu'il faut dire à l'introduction,développement et conclusion.merci

On naît poète, mais on devient écrivain

Tu peux consulter ici nos fiches méthode :
https://www.etudes-litteraires.com/diss … eraire.php