1

Réticence et aposiopèse

Bonjour à tous 

Je m'interroge sur la synonymie qu'on établit entre les deux termes...
La réticence, selon P. Robert:

Figure par laquelle on interrompt brusquement la phrase en laissant entendre ce qui devrait suivre.

On est donc là dans quelque chose de purement rhétorique, il me semble: se taire pour dire de façon plus éloquente ce que le verbe eût nécessairement affaibli.
L'aposiopèse à présent, toujours chez P. Robert:

Interruption brusque d'une construction, traduisant une émotion, une hésitation, une menace.

Je vois bien la logique de persuasion pour ce qui est de la menace, mais s'il l'on cesse de parler parce que l'émotion nous déborde, parce que nous avons la gorge nouée, parce que nous ne trouvons plus les mots pour dire, est-on encore dans le procédé rhétorique? Si cela peut s'avérer d'ailleurs plus éloquent, ce n'était pourtant pas le but. Pour ce qui est de l'expression de l'hésitation, cela me paraît encore plus patent: l'on se tait parce que tout d'un coup on ne veut plus le dire, mais il ne s'agit pas là de "laisser entendre ce qui devrait suivre"...

A quelles fins l'on interrompt la construction dans les aposiopèse et réticence, c'est la question qui m'assaille.

Réticence et aposiopèse

Bonjour ! J'ai ici un extrait de l'excipit de l'Etranger : "Comprenait-il donc, ce condamné et que du fond de mon avenir... J'étouffe is en criant tout ceci"
"..." ne traduit pas une émotion particulière mais plutôt un étouffement qui empêche Meursault de parler. Cependant la rupture est nette... Peut-on parler d'aposiopèse ?