Quels registres ces poètes ont-ils choisi pour évoquer la mort ?

Bonjour à tous,

J'ouvre ce sujet pour vous demandez un petit peu d'aide à propos de ma question de corpus. J'ai déjà fait quelque recherche, fait une petite synthèse (mais pas sous la forme de réponse argumenté à la question) mais j'ai quelque difficulté d'analyse.

Je vous donne le sujet, le corpus et mon début de réponse (pour que vous puissiez voir que je ne viens pas sans outils )

Texte 1 : Ronsard, Dernier Vers (1586)

Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépoulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé ;
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé.
Adieu, plaisant soleil, mon œil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.

Quel ami me voyant en ce point dépouillé
Ne remporte au logis un œil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant la face,

En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
Je m’en vais le premier vous préparer la place.

Texte 2 : Hugo, extrait des Contemplation : Ce qu'est la mort (1856)

Ne dites pas : mourir ; dites : naître. Croyez.
On voit ce que je vois et ce que vous voyez ;
On est l'homme mauvais que je suis, que vous êtes ;
On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes ;
On tâche d'oublier le bas, la fin, l'écueil,
La sombre égalité du mal et du cercueil ;
Quoique le plus petit vaille le plus prospère ;
Car tous les hommes sont les fils du même père ;
Ils sont la même larme et sortent du même oeil.
On vit, usant ses jours à se remplir d'orgueil ;
On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe,
On monte. Quelle est donc cette aube ? C'est la tombe.
Où suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnu
Vous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu,
Impur, hideux, noué des mille noeuds funèbres
De ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres ;
Et soudain on entend quelqu'un dans l'infini
Qui chante, et par quelqu'un on sent qu'on est béni,
Sans voir la main d'où tombe à notre âme méchante
L'amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante.
On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent
Fondre et vivre ; et, d'extase et d'azur s'emplissant,
Tout notre être frémit de la défaite étrange
Du monstre qui devient dans la lumière un ange.

Texte 3 : Germain Nouveau, extrait de Valentines et autres vers : Dernier madrigal (vers 1885-87)

Quand je mourrai, ce soir peut-être,
Je n'ai pas de jour préféré,
Si je voulais, je suis le maître,
Mais... ce serait mal me connaître,
N'importe, enfin, quand je mourrai.

Mes chers amis, qu'on me promette
De laisser le bois... au lapin,
Et, s'il vous plaît, qu'on ne me mette
Pas, comme une simple allumette,
Dans une boîte de sapin ;

Ni, comme un hareng, dans sa tonne ;
Ne me couchez pas tout du long,
Pour le coup de fusil qui tonne,
Dans la bière qu'on capitonne
Sous sa couverture de plomb.

Car, je ne veux rien, je vous jure ;
Pas de cercueil ; quant au tombeau,
J'y ferais mauvaise figure,
Je suis peu fait pour la sculpture,
Je le refuse, fût-il beau.

Mon voeu jusque-là ne se hausse ;
Ça me laisserait des remords,
Je vous dis (ma voix n'est pas fausse) :
Je ne veux pas même la fosse,
Où sont les lions et les morts.

Je ne suis ni puissant ni riche,
Je ne suis rien que le toutou,
Que le toutou de ma Niniche ;
Je ne suis que le vieux caniche
De tous les gens de n'importe où.

Je ne veux pas que l'on m'enferre
Ni qu'on m'enmarbre, non, je veux
Tout simplement que l'on m'enterre,
En faisant un trou... dans ma Mère,
C'est le plus ardent de mes voeux.

Moi, l'enterrement qui m'enlève,
C'est un enterrement d'un sou,
Je trouve ça chic ! Oui, mon rêve,
C'est de pourrir, comme une fève ;
Et, maintenant, je vais dire où.

Eh ! pardieu ! c'est au cimetière
Près d'un ruisseau (prononcez l'Ar),
Du beau village de Pourrière
De qui j'implore une prière,
Oui, c'est bien à Pourrières, Var.

Croisez-moi les mains sous la tête,
Qu'on laisse mon oeil gauche ouvert ;
Alors ma paix sera complète,
Vraiment je me fais une fête
D'être enfoui comme un pois vert.

Creusez-moi mon trou dans la terre,
Sous la bière, au fond du caveau,
Où tout à côté de son père,
Dort déjà ma petite mère,
Madame Augustine Nouveau.

Puis... comblez-moi de terre... fine,
Sur moi, replacez le cercueil ;
Que comme avant dorme Augustine !
Nous dormirons bien, j'imagine,
Fût-ce en ne dormant... que d'un oeil.

Et... retournez-la sur le ventre,
Car, il ne faut oublier rien,
Pour qu'en son regard le mien entre,
Nous serons deux tigres dans l'antre
Mais deux tigres qui s'aiment bien.

Je serai donc avec les Femmes
Qui m'ont fait et qui m'ont reçu,
Bonnes et respectables Dames,
Dont l'une sans coeur et sans flammes
Pour le fruit qu'elles ont conçu.

Ah ! comme je vais bien m'étendre,
Avec ma mère sur mon nez.
Comme je vais pouvoir lui rendre
Les baisers qu'en mon âge tendre
Elle ne m'a jamais donnés.

Paix au caveau ! Murez la porte !
Je ressuscite, au dernier jour.
Entre mes bras je prends la Morte,
Je m'élève d'une aile forte,
Nous montons au ciel dans l'Amour.

Un point... important... qui m'importe,
Pour vous ça doit vous être égal,
Je ne veux pas que l'on m'emporte
Dans des habits d'aucune sorte,
Fût-ce un habit de carnaval.

Pas de suaire en toile bise...
Tiens ! c'est presque un vers de Gautier ;
Pas de linceul, pas de chemise ;
Puisqu'il faut que je vous le dise,
Nu, tout nu, mais nu tout entier.

Comme sans fourreau la rapière,
Comme sans gant du tout la main,
Nu comme un ver sous ma paupière,
Et qu'on ne grave sur leur pierre,
Qu'un nom, un mot, un seul, GERMAIN.

Fou de corps, fou d'esprit, fou d'âme,
De coeur, si l'on veut de cerveau,
J'ai fait mon testament, Madame ;
Qu'il reste entre vos mains de femme,
Dûment signé : GERMAIN NOUVEAU.

Texte 4 : Queneau, L'Instant fatal (1946)

Je crains pas ça tellment la mort de mes entrailles
et la mort de mon nez et celle de mes os
Je crains pas ça tellement moi cette moustiquaille
qu'on baptisa Raymond d'un père dit Queneau

Je crains pas tellment où va la bouquinaille
les quais les cabinets la poussière et l'ennui
Je crains pas ça tellement moi qui tant écrivaille
et distille la mort en quelques poésies

Je crains pas ça tellment La nuit se coule douce
entre les bords teigneux des paupières des morts
Elle est douce la nuit caresse d'une rousse
le miel des méridiens des pôles sud et nord

Je crains pas cette nuit Je crains pas le sommeil
absolu Ça doit être aussi lourd que le plomb
aussi sec que la lave aussi noir que le ciel
aussi sourd qu'un mendiant bêlant au coin d'un pont

Je crains bien le malheur le deuil et la souffrance
et l'angoisse et la guigne et l'excès de l'absence
Je crains l'abîme obèse où gît la maladie
et le temps et l'espace et les torts de l'esprit

Mais je crains pas tellment ce lugubre imbécile
qui viendra me cueillir au bout de son curdent
lorsque vaincu j'aurai d'un œil vague et placide
cédé tout mon courage aux rongeurs du présent

Un jour je chanterai Ulysse ou bien Achille
Énée ou bien Didon Quichotte ou bien Pança
Un jour je chanterai le bonheur des tranquilles
les plaisirs de la pêche ou la paix des villas

Aujourd'hui bien lassé par l'heure qui s'enroule
tournant comme un bourrin tout autour du cadran
permettez mille excuz à ce crâne - une boule -
de susurrer plaintif la chanson du néant.

La question :
Quel(s) registre(s) chacun des poètes a-t-il choisi(s) pour évoquer la mort? Quels effets ces choix produisent-ils sur les lecteurs?

Alors je me suis fixé une sorte de "plan" avec 5 paragraphes:
-introduction
-comparaison entre le 1er et le 2ème texte
-comparaison entre le 3ème et le 4ème texte
-les effets produits
-conclusion

(Je n'ai pas pris l'ordre de comparaison des textes au hasard, puisque selon moi, les textes 3 et 4 utilise un même registre.)

Voici mon début de travail:

(introduction)

Les quatre documents proposés par le corpus composé des Derniers Vers de Ronsard, parut en 1586, ainsi qu'un extrait des contemplations de Victor Hugo publiés en 1856, du Dernier madrigal parut vers 1885-1887 de Germain Nouveau et de L'Instant fatal écrit par Raymond Queneau et publié en 1946 présentent malgré leur publication au cours des siècles bien différentes un thème commun: la mort. Ces quatre poèmes qui laissent le lecteur ressentir les sentiments de l'auteur sont écrit dans le registre lyrique. Cependant, les quatre auteurs étayent leur poème avec d'autres registres qui apportent un effet différent au leceur pour chaque textes.

Donc voilà pour ce qui est de l'introduction. J'aimerais que vous me donniez votre avis sur celle-ci et si possible des synonymes ou une autre tournure de phrase pour "publié" et "parut" pour ne pas faire de répétition. (J'ai cherché dans un petit dictionnaire des synonymes mais aucun des synonymes n'étais tout à fait exacte).

(1er paragraphe) Ensuite j'ai donc comparé le texte 1 et 2 en comparant leur registre:
j'ai ressorti le registre pathétique et tragique pour le 1 en prenant comme exemple les vers 9 et 10 pour le pathétique et les vers 2, 4, 5 et 6 pour le tragique. Ensuite l'ai ressorti le registre épique dans le texte 2 en prenant comme exemple le vers 1 (idéalisation de la mort) et le vers 18 (personnification de la mort en un être "invisible")

Donc sur cette partie, je pense que je me suis plutôt bien débrouiller par contre pour la suite, c'est un peu plus dur.

(2ème paragraphe) J'aimerais faire ressortir le registre comique dans les deux derniers poèmes mais d'après mon professeur, il faut aussi montrer qu'il sont différents et la j'ai un peu plus de mal et c'est surtout sur cette partie que j'aurais besoin de votre aide!

(3ème paragraphe) Pour les effets produits sur le lecteur, je pense que ça devrait aller même si je ne sais pas encore exactement comment le mettre en forme puisque je n'ai pas encore mon 2ème paragraphe

(conclusion) La aussi, je pense que ça ne devrait pas être trop dur, j'ai déjà en gros l'idée:

On peut donc dire que malgré le thème de la mort qui revient dans tout le corpus, les registres utilisés donnent un autre aspect de la mort dans chaque poème.

Voilà, alors en résumé, j'aimerais si vous le pouvez, que vous m'aidiez à trouver des synonymes ou des tournures différentes pour éviter les répétions de "publié" et "parut" dans l'introduction et une petite aide pour ce qui est de la comparaison entre les deux derniers textes.

Merci d'avance!

PS: excusez moi pour l'orthographe qui doit être assez laborieux mais je dois dire que j'ai un peu de mal à ce niveau :S.

PS: excusez ce double post, j'ai voulu éditer pour changer les balises afin que vous ayez une meilleur vu d'ensemble du sujet mais il y a un problème lors de l'envoi du sujet. Du coup je me suis permis de citer mon message afin de lui donner un meilleur mis en page.

(Message édité.)

Quels registres ces poètes ont-ils choisi pour évoquer la mort ?

Bonjour,

C'est sans doute parce que je changeais les balises en même temps que toi. J'ai supprimé aussi les deux doublons.

Muriel

Quels registres ces poètes ont-ils choisi pour évoquer la mort ?

D'accord, merci d'avoir supprimé les doublons!

j'attends vos réponses avec impatience!

merci d'avance
bye

Quels registres ces poètes ont-ils choisi pour évoquer la mort ?

Déjà attention c'est "paru" et non parut" quand tu utilises le participe passé; Sinon on peut dire "qui date de" ou quand tu dis "écrit par R.Queneau" ajoute tout en suite "en 1946" au lie d'ajouter encore "et publié". Enfin c'est pas très important.

Tu fais bien de rapprocher le 1 et le 2, puis le 3 et le 4.

Pour la conclusion, j'ajouterais que grâce à ce corpus on voit qu'à toutes les époques la mort a constitué un sujet de questionnement voire d'angoisse pour les hommes, et donc un thème privilégié de la poésie, mais chacun en fonction de son époque, de son "style", de son humeur, aborde cette angoisse soit avec humour, sans doute pour prendre du recul et tourner en dérision ce qui inquiète, soit de façon plus sombre et plus directe.

Pour la différence entre le 3 et le 4, le poème de Queneau devient plus sombre au milieu du texte. Le 3 reste humoristique et traite quasi uniquement de l'enterrement, presque vu comme un moment de paix vers la fin. Le poème de Queneau, même s'il montre une acceptation, dénote quand même une angoisse, non pas de la mort mais de la souffrance, dans la strophe que commence par "Je crains bien", la souffrance dans la vie et "le deuil", donc la mort de ceux qu'on aime. Donc peut-être moins léger... (c'est à première vue, je n'ai pas étudié en détail)

Quels registres ces poètes ont-ils choisi pour évoquer la mort ?

Salut, peut-tu me dire les effets produits s'il te plaît ? merci

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

Quels registres ces poètes ont-ils choisi pour évoquer la mort ?

salut moi pour la question quels effets ces choix produisent-ils sur les lecteurs ?
j'ai expliquer qu'il produiser une émotion emouvent mais je suis blocée j'aimerais bien savoir si vs pouvais m'aider 

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Quels registres ces poètes ont-ils choisi pour évoquer la mort ?

C'est quoi, une "émotion émouvante" ??? 

Quels registres ces poètes ont-ils choisi pour évoquer la mort ?

j' c'est pas trop c'est pour sa que j'ai besoin d'aide svp !!

Quels registres ces poètes ont-ils choisi pour évoquer la mort ?

Tu ne sais pas trop ?
Mais ici, pour t'aider,  on attend tout de même de toi un début de travail un peu plus précis que "émotion émouvante". D'ailleurs, on ne dit pas "émotion émouvante", mais "émotion"