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L’ici et l’ailleurs dans les Fleurs du mal de Baudelaire

Que représente « l’ici » dans ce recueil de Baudelaire ? Est-ce forcément un lieu concret ?
Si le port est un « séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la
vie » on peu penser que « l’ici » peut aussi désigner métaphoriquement la
réalité quotidienne ou la condition humaine (celle du poète en particulier).
Que représente cet « ici » au sens plus large ?
Quelles sont les caractéristiques de l’ailleurs ?
Quels sont les moyens de fuir « l’ici » pour aller vers « l’ailleurs » ?

Vous vous appuierez notamment sur les poèmes suivants :
(mais il n’est pas interdit d’en citer d’autre !) (Au lecteur, élévation, j'aime le souvenir de ces époques nue, la vie antérieur, parfum exotique, la chevelure, le poison, l'invitation au voyage, Moesta et errabunda, La musique, La cloche fêlée, Les poèmes intitulés « spline », L'horloge, Paysage, Le cygne, Les petites vieilles, Les aveugles, Rêves parisiens, L'âme du vin, Le voyage partie 7 et 8) + texte complémentaire vus en cours : le port…

Vous rendrez un devoir ordonné, sous forme d’un plan partiellement rédigé ; les idées
doivent reposer sur des extraits de poèmes (extrait cour, limité à quelque mots, un vers,
rarement plus… il ne faut pas recopier tous les textes


Plan possible :
A) L'ici
I) L'ici au sens spatial
II) L'ici comme symbole de la condition du poète
B) L'ailleurs
I) L'ailleurs au sens spatial
II) L'ailleurs comme symbole de la condition du poète
C) Comment fait l'ici pour aller vers l'ailleurs ?

Voila pouvez-vous m'aider svp  car je ne vois vraiment pas comment faire

L’ici et l’ailleurs dans les Fleurs du mal de Baudelaire

je ne vois vraiment pas comment faire

Malgré toutes les indications et toutes les pistes suggérées par cette consigne très détaillée ? 

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L’ici et l’ailleurs dans les Fleurs du mal de Baudelaire

J'ai fait ceci
A) L'ici
I) L'ici au sens spatial
Dans ce recueil de Baudelaire, « l'ici » représente un monde injuste, une société qui n’est qu’un échec, et sur la conviction que rien, absolument rien, ne pourra y changer quelque chose, toute tentative pour ce faire portant la germe de son propre échec, puisque, comme Baudelaire le pensait, le Mal est présent partout, même dans la vertu et les plaisirs.
II) L'ici comme symbole de la condition du poète
Ce poème est révélateur du spleen Baudelairien, de l'angoisse qui étreint le poète, quand il constate les ravages du temps sur son organisme. Grâce à l'art, il met en forme ce malaise existentiel , ce qui constitue une manière de l'exorciser.
L'écriture apparaît alors comme un remède à l'usure du temps et au dégoût de soi qu'inspire au poète sa dégradation progressive : l'art permet d'opposer la résistance de l'intelligence à la force corrosive de la nature.
Le poète survit alors par sa parole.
Le spleen se caractérise par des sensations d’oppression, d’étouffement psychologiquement, c’est une impression d’ennui, d’enlisement de l’esprit dans une impuissance chronique ainsi que le suggère les poèmes de la section « spleen et idéal », comme « l’ennemi » ou « l’horloge ». Plus profondément, c’est le sentiment affligeant d’une usure de toutes les forces physiques et morales, d’une dévitalisation de l’homme réduit à n’être plus rien que matière inorganique. Le spleen est l’expression d’un malaise existentiel avec ses plus explicites manifestations avec son cortège de fantasmes terrifiants : « au moral comme au physique, j’ai toujours eu la sensation du gouffre », citation extraite des « Fusées ».

Le vrai mal de Baudelaire est de n’être pas assez soi. Il veut reconquérir son être, ce qui passe par une épreuve d’identification, une récupération de son être dans le cadre de l’entreprise poétique. Il y a un manichéisme, deux postulations simultanées, l’une vers Dieu ou spiritualité et l’autre vers Satan. L’intitulé de la première partie des Fleurs du mal, « Spleen et idéal » regroupe les contraires. Psychologiquement, cela signifie l’enlisement de l’esprit, le sentiment d’usure, dévitalisation et néant. Sociologiquement, cela renvoie à la marginalité, l’être infirme, bancal tel l’albatros. Le malaise est existentiel au physique comme au moral. Il y a une aliénation absolue. Le spleen a partie liée avec le temps, la durée corruptrice, dévastatrice. Le temps étire le malaise, « j’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans ». Le temps est la violence du spleen.
Le poème « l’ennemi » est fondé sur cette dualité du spleen et de l’idéal, le temps spleenétique et celui de l’idéal. Le premier est supplice d’abondance néfaste, l’autre est par essence périssable donc torture, privation et frustration. Baudelaire subit le flux porteur d’instants extatiques et de séquences morbides entre spleen et idéal parce que l’un relève du temps , l’autre de l’instant, la dualité est donc radicale, c’est ainsi que se joue le drame existentiel baudelairien que l’on retrouve dans »l’horloge » et « le goût du néant ». Sans se confondre avec le spleen totalement, il en étire le malaise, en décuple le supplice. S’il est identifié par le poète comme l’ennemi absolu, c’est qu’il est par essence satanique éloignant l’homme chaque jour davantage de sa part divine.

B) L'ailleurs
I) L'ailleurs au sens spatial
. L'Idéal, c'est aussi l'Ailleurs, un Ailleurs abstrait, qu'il concrétise, par exemple, par l'image d'une île paradisiaque ("Parfum exotique"). On peut comprendre aussi l'Idéal en prenant l'image de l'albatros "grand oiseau des mers" aux "ailes de géant" : l'idéal est ici concrétisé par l'azur où vole l'oiseau.
L’idéal est rare, bref et fragile, il s’oppose à l’opaque, lourde et longue matérialité du spleen. Le symbole de l’idéal, le monde de l’idéal est l’antimonde du spleen. Il est par essence périssable. Le temps spleenétique est opposé au temps de l’idéal. Nous avons ainsi un double postulat de son être déchiré entre la soif d’une idéalité et d’une pureté perdues et l’enlisement dans les tourments du quotidien qu’il nomme spleen. Nous retrouvons cette problématique baudelairienne dans les poèmes de la section « spleen et idéal », comme « l’horloge », « le goût du néant », « l’ennemi » etc. Le drame baudelairien se traduit donc dans le flux porteur d’instants extatiques et de séquences entre spleen et idéal parce que l’un relève du temps, l’autre de l’instant, la dualité est par conséquent radicale.
II) L'ailleurs comme symbole de la condition du poète
C'est ce qu'il oppose au spleen. On pourrait dire le Bien, la Beauté, Dieu, peut-être, contre le mal, le laid, Satan. En fait, Baudelaire sentait en lui des aspirations contraires : il se sentait parfois porté vers le vice, le trouble, le découragement, était pris par l'Ennui, et cela provoquait les périodes de spleen. Mais il entrevoyait parfois ce que pouvait être le contraire de tout cela, avait l'espoir que tout pouvait changer pour lui
C) Comment fait l'ici pour aller vers l'ailleurs  ?
Baudelaire est tiraillé par le Bien et le Mal : il se sent aspiré tantôt par l'Idéal, la Beauté, le Bien, tantôt par le mal, Satan. Il oscille constamment entre ces deux tendances, et c'est lorsqu'il "tombe" vers le bas, le mal, qu'il éprouve le spleen. De plus, il est très souvent submergé par l'ennui : chez lui, l'ennui vient de l'impression que le temps s'étire. Cet état d'esprit se retrouve souvent, dans ses poèmes, dans des paysages encrassés, pluvieux. (Il appelle le temps "l'Ennemi"); cela le dévore, le ronge, et n'a rien à voir avec le temps des Romantiques qui, eux, en déplorent la fuite. Il éprouve le goût de l'Ailleurs, de l'exotisme, façon d'échapper à son ennui, au monde qui le stresse. Autre chose : dans Les Fleurs du mal, il évoque 3 femmes, qui représentent ce que pourrait être la femme idéale : la mère, la maîtresse sensuelle, la jeune fille pure.

Pouvez-vous me corriger svp