1

Opposition entre la tragédie et le drame

Bonsoir, j'ai une dissertation à faire sur l'analyse d'une citation d' Antigone, dans laquelle Anouilh lance une réflexion sur la tragédie et son fonctionnement. Pour ce qui est de la tragédie, la définition ne pose pas trop de problème étant donné le nombre d'auteurs antiques et classiques qui s'y sont attelé avant moi. Mais le sujet pose également une opposition avec le drame, qui est une notion plus floue. En effet je ne sais pas si je dois m'appuyer uniquement sur les règles invoquées par Hugo dans la préface de Cromwell ou si le genre a des origines plus anciennes.
Par ailleurs, étant en hypokhagne, je dois rendre un travail le plus exhaustif possible et je pensai donc m'attacher en dernière partie à montrer en quoi ces notions que sont le drame et la tragédie  sont desormais relativement floues par rapport aux règles qui en ont été fixées.
Il me semble qu'aujourd'hui le théatre mèle ces notions, et donne à voir une représentation purgatrice des passions, reprenant la carthasis popre à la tragédie et la dérision face aux espoirs vains mis en exergue par le drame.
Qu'en pensez vous?
Et voyez vous un autre thème que je puisse developper?

Opposition entre la tragédie et le drame

Il serait mieux que tu nous donnes ta citation d'Antigone, ce sera tout de même plus simple pour t'aider, et pour comprendre ce qu'Anouilh sous-entend par Drame.

Sinon, d'un point de vue historique, le Drame est théorisé dés le milieu du XVIII  siècle (on pourrait même le faire, en tirant un peu sur la corde, remonter jusqu'à Corneille et sa fameuse "Comédie héroïque"), avec le "Drame bourgeois", appelé aussi "Comédie Sérieuse", dont les deux représentants les plus connus sont Diderot : Le pére de famille; et Beaumarchais : Les Deux Amis, Eugénie, et d'une certaine façon La Mére Coupable.

et pour la théorie, tu peux lire, Les entretiens sur le Fils Naturels et "De l'art Dramatique" (que je te recommande) de Diderot et, de Beaumarchais, Essai sur le genre sérieux.

voila, pour le drame au XVIII° siècle.

Pour les thémes que tu pourrais développer... "on ne voit rien du tout" puisque nous n'avons pas ton sujet....

3

Opposition entre la tragédie et le drame

En effet oui, mes plus plates excuses, avec la citation c'aurait été plus aisé..
La voilà:

"C’est propre, la tragédie. C’est reposant, c’est sûr... Dans le drame, avec ces traîtres, avec ces méchants acharnés, cette innocence persécutée, ces vengeurs, ces terre-neuve, ces lueurs d’espoir, cela devient épouvantable de mourir, comme un accident. On aurait peut-être pu se sauver, le bon jeune homme aurait peut-être pu arriver à temps avec les gendarmes. Dans la tragédie on est tranquille. D’abord, on est entre soi. On est tous innocents en somme ! Ce n’est pas parce qu’il y en a un qui tue et l’autre qui est tué. C’est une question de distribution. Et puis, surtout, c’est reposant, la tragédie, parce qu’on sait qu’il n’y a plus d’espoir, le sale espoir ; qu’on est pris, qu’on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur le dos, et qu’on n’a plus qu’à crier, – pas à gémir, non, pas se plaindre, – à gueuler à pleine voix ce qu’on avait à dire, qu’on n’avait jamais dit et qu’on ne savait peut-être même pas encore. Et pour rien : pour se le dire à soi, pour l’apprendre, soi. Dans le drame, on se débat parce qu’on espère en sortir. C’est ignoble, c’est utilitaire. Là, c’est gratuit. C’est pour les rois. Et il n’y a plus rien à tenter, enfin ! "

Opposition entre la tragédie et le drame

"Il me semble qu'aujourd'hui le théatre mèle ces notions, et donne à voir une représentation purgatrice des passions, reprenant la carthasis popre à la tragédie et la dérision face aux espoirs vains mis en exergue par le drame."
Oui mais appuie ton idée d'exemples précis

Dans la distinction entre drame et tragédie, il faudrait partir de cette idée d'espoir : la tragédie, en effet, l'interdit. D'où les notions de propre, reposant, plus rien à tenter... Alors que le drame laisse un espoir. "utilitaire, ignoble"

Donc par rapport à toute la littérature cette disparition des frontières entre genres, particulièrement sensible en poésie.
Mais le flou devient malpropre, en accord avec le manque actuel de référents en tous domaines