Théorie nihiliste

Le bien et le mal, le vrai et le faux,  le réel et l'irréel, constituent des notions universellement illusoires mais individuellement relatives, car rien n'existe vraiment.

Comment peut-on se guider par des dogmes, des normes et des règles sans fondements?

Einmal ist keinmal, mes amis. Car personne n'est revenue de sa seconde vie pour nous dire qu'en ayant comparé son expérience de la première et de la seconde, il avait trouvé que ceci ou cela était meilleur ou pire, donc qu'il fallait vivre selon telle ou telle norme. Les normes sont donc des hypothèses.

Rien n'est dans la vie humaine, car, comment peut-on savoir ce qui est et ce qui n'est pas? Comment le simple être humain peut discerner la différence entre le réel et l'irréel? Entre le physique et le métaphysique? Peut-être ce qui est, est ce qu'on peut sentir, et donc la réalité de la vie humaine est composée de purs sentiments métaphysiques.

La réalité existe, mais elle est très éloignée de l'entendement humain. La vie humaine est donc quelque chose qui n'existe pas, donc rien n'existe.

Les réalités métaphysiques de chacun diffèrent radicalement l'une de l'autre, donc ce qui est bon pour quelqu'un peut être mauvais pour un autre, donc aucune norme ni dogme ne peut être universel. Donc rien n'est ni totalement vrai ni totalement faux. La vie humaine est d'un gris de différentes tonalités, mais jamais blanche ni noire.

Ayons chacun de nous des normes adéquates à nos réalités métaphysiques ! Ne jugeons pas, sans exception, les réalités d’autrui !

Est cela adéquate à une théorie nihiliste?

Théorie nihiliste

Vous venez de lire le premier chapitre de Thaïs ? Je vous comparerais volontiers au solitaire, nihiliste avnt la lettre, que Paphnuce y rencontre sur les bords du Nil.   

Théorie nihiliste

C'est étrange comme il est difficile de ne pas laisser tomber, par mégarde, une vérité au milieu d'un paragraphe ouvrant sur l'absurdité ;

La réalité existe, mais elle est très éloignée de l'entendement humain.

Mais ce n'est pas très important...

L'expérience absurde ; "cette confrontation entre l'appel humain et le silence du monde" disait l'autre - si mes souvenirs sont bons -, peut être violente et bouleversante, mais elle me laisse toujours l'impression étrange d'avoir laissé une porte s'entrouvrir dans un courant d'air. Je ne peux m'empêcher de sentir, intimement et dans les grandes lignes, ce que vous décrivez comme cette grande grisaille des choses et des gens ; ce sentiment que tout est en nuance et se perd dans les demi-tons. Ouvrir les yeux sur une foule qui danse dans une rue me fait goûter à ce vertige "nihiliste" où l'étrangeté devient la loi et où je suis inconnu de partout et où tout est insondable.

Pourtant, je n'arrive pas à me résoudre à ces bourrasques troublées où tout semble se résoudre dans le vide et dans l'absence. Je me lances éperdument dans la quête d'une unité que je ne trouverai pas ; je cherche à comprendre malgré tout, j'essaie de sentir, d'entendre, de voir le monde comme s'il était autre chose qu'une grande pièce aberrante et futile. Tout me pousse au delà du rien et rien ne m'y résous définitivement.

Tout ces "je" pour dire que je ne crois pas au nihilisme en tant que pensée de fait. Les exemples que j'ai pu lire de nihilisme concret, de vide assumé et même revendiqué comme tel - ce qui constitue déjà en soi un saisissant paradoxe - n'arrive pas à me convaincre du fait que ce vertige du vide n'est autre chose qu'un théâtre d'ombres où derrière les arides désert du rien se détache toujours, en brume, des valeurs et des densités.

La question, au fond, de savoir si ces valeurs sont absolues s'épuise ; que changerait pour moi que le mal existe comme tel si je ne ressens pas, en moi, sa lourdeur particulière ? Mais d'autres explosent ; que puis-je faire après le rien ? Où vais-je, une fois que l'absence de chemin m'éclate au visage. Comment se débattre dans un monde qui, s'il est sans valeurs, s'échine pourtant à exister à moi et m'empêche de le vivre autrement qu'en sentant son poids.

Des passants se tournent et me regardent dans la rue ; je n'ignore pas leurs regards, le soleil brûle les façades ; j'éprouve cette chaleur, des éclats me traversent ; j'existe. Alors, si c'est un silence qui me répond lorsque j'appelle le monde, il est une forme de vide où tout se densifie. Je ne suis nihiliste que dans le sens où sentant l'absurde poindre j'éprouve en même temps l'horrible et agréable impression que le monde à du goût ; que cette réalité, qu'elle soit mienne ou autre, est autre chose qu'un brouillard informe. Une réalité m'écrase, au fond de tout, même lorsque tout se dénoue et que les visages n'ont plus de traits, une densité persiste ; celle du "pourquoi" qui résonne toujours et claque dans ma marche.

Je ne juges donc pas les réalités d'autrui, je les apprivoise comme des monstres insaisissables et lents. Aucune réalités métaphysique ne m'assomme ; je ressens pourtant que je l'aimes, je vis un couché de soleil comme un absolu, je pense que je suis moi et j'éprouve le gouffre qui s'ouvre sous mes pas, une émotion m'emporte devant une mer de nuage. Les mondes ne sont donc pas que des grisailles qui s'affrontent ; il y a des éclairs et des pluies qui fendent ce ciel sans Dieu...

Théorie nihiliste

L'existence est le lourd fardeau qui pèse sur les épaules de l'être. Bien sûr, l'existence dans la vie humaine pèse, mais ce fardeau continue à être insoutenable ou lèger; une raison de tomber, d'être pris par le vertige de l'abîme d'une sublunaire expérience vitale ou de construire la partie manquante de ce chemin, ce chemin qui guide, qui monte (ou descend?) en quête de la réalité, de la seule réalité, de cette réalité au-delà du simple rien humain.

Oú se trouve t-elle? C'est une question qui doit être répondue, comme tant d'autres...

L'humanité est (pour moi, d'oú pourquoi les réalités métaphysiques de chacun sont différentes) cette facade qui nous maintient douteux, cette buée pleine de préjudices, d'idées préconcues, de dogmes, de normes, et caetera...qui nous éloigne et nous guide vers cette débauche imminente, vers ce vertige, et on tombe dans l'abîme, on oublie ses idéaux, ses projections de toucher le Réel, la Vérité.

Bien sûr que les regards vous transpercent, c'est la mise en relation, en contact de deux âmes, de deux entités métaphysiques, les rayons de soleil sont les messagers de la Vérité, ce sont ces choses qui vous transpercent l'âme qui doivent vous guider en quête du Réel, ce sont ces choses inexpliquables par les logorrhées des recherches scientifiques: expliquer cette existence métaphysique d'une entité qui puisse nous clarifier la voie d'un esprit qui puisse voler librement, dépasser les paradigmes philosophiques et achever une existence glorieuse et piteuse, disons, si "diogénique".

Nous sentons, et celle-ci est notre principale vertu. La vie devrait être vécue le plus en légèreté possible, pour ainsi pouvoir voler par-delà des paradigmes pseudo-réels, aussi préconcus qu'inexistants, et accèder au sentiment le plus satisfactoire, celui de savoir qu'on ne sentira plus en vain.

Derrière le rien, il y a un tout, il faut seulement avoir la force de volonté, se poser les questions correctes, cause de l'effet du chemin ,et par conséquent du Réel, d'y accèder pour le comprendre.

Je soutiens: "Dans la vie humaine, rien n'existe. Il faut philosopher pour arriver au Réel."

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Moi, j'aime beaucoup le lait chaud.

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Primum vivere, deinde philosophari.

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@Zorah

Vivre d'abord, philosopher après?

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J'avoue avoir du mal à vous comprendre, Andres... vos mots se perdent un peu dans vos mots 

Primum vivere, deinde philosophari.

Est-ce différent ?

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Leihe a écrit :

J'avoue avoir du mal à vous comprendre, Andres... vos mots se perdent un peu dans vos mots 

C'est de la bonne ou mauvaise littérature, selon les goûts.