Devenir enseignant-chercheur à l'étranger

Bonjour à tous,

Je souhaite devenir enseignante-chercheuse, toutefois cette ambition soulève de nombreux problèmes, c'est pourquoi je fais appel aux bons conseils de ce forum.

Je viens de valider ma première année de master recherche en lettre modernes, j'ai obtenu un 16 à mon mémoire, ce qui me permet de postuler à la Sorbonne à la rentrée. J'ai déjà contacté une enseignante qui accepte de diriger mon mémoire l'année prochaine, j'ai déjà un sujet qui me plait, etc... De ce point de vue là tout va pour le mieux.

Or, je me remets beaucoup en questions, car en me renseignant sur le métier et en demandant l'avis d'enseignants, j'obtiens toujours les même réponses : on me déconseille fortement de me lancer dans cette voie, à cause du peu de postes, de la difficulté des concours, etc... ET du fait que je n'ai pas fait l'ENS ni même une prépa...

Jusque là déterminée à leur prouver qu'on pouvait réussir sans passer par les grandes écoles, je commence à douter de moi et à m'effrayer du labeur qui m'attend pour préparer l'agreg, que je n'ai, au passage, aucune envie de passer !

J'ai donc pensé à faire carrière à l'étranger, afin d'éviter les concours et la pénurie de postes dont on souffre en France.

Alors, voici mes questions :

- Pensez-vous qu'on puisse avec un simple doctorat (français), enseigner à l'Université à l'Etranger ? (Officiellement oui, mais dans la pratique.....?)
- Est-il plus envisageable de faire uniquement de la recherche (c'est ce qui me plait !) ou est-ce encore plus inaccessible que le statut d'enseignant chercheur ?
- Enfin, mon projet de M2 porte sur l'édition de manuscrits québécois, pensez-vous que je puisse d'une manière ou d'une autre, rejoindre le milieu de l'édition en cas d'échec dans mon projet de carrière universitaire ?

Je commence à craindre de faire 10 ans d'études pour finir au chômage....

Merci de votre aide !

Devenir enseignant-chercheur à l'étranger

C'est marrant, ces derniers temps je me posais exactement la même question  Donc je suis aussi preneur d'informations sur une carrière universitaire à l'étranger (enseignement du français par exemple) 

Devenir enseignant-chercheur à l'étranger

Votre carrière dépendra de l'agrégation, de la thèse et des contacts davantage que du master... Sinon, pour l'étranger, pourquoi ne pas envisager un an comme étudiant, ou (après l'agrégation) comme lecteur de langue et / ou de littérature française ?

Devenir enseignant-chercheur à l'étranger

L'agrégation n'est utile qu'en France non? Et je pense que Enimel comme moi, n'envisageait pas 1 an seulement à l'étranger mais une carrière définitive!

Devenir enseignant-chercheur à l'étranger

Exacte, l'agrégation est un diplôme franco-français. Tenter une carrière à l'étranger serait un moyen d'éviter le concours. Mais je voudrais savoir si c'est le cas dans la pratique.

Devenir enseignant-chercheur à l'étranger

Non, l'agrégation peut être utile pour être recruté comme lecteur à l'étranger (en général, cela fonctionne par partenariats entre établissements, et il faut que vous soyez sélectionné par le vôtre... par exemple, Harvard, pour son lecteur de français, recrute explicitement un agrégé de lettres modernes normalien d'Ulm). Une année à l'étranger est un bon moyen de faire se connaître en dehors de son pays... Sinon, vous pouvez bien sûr y faire votre thèse, mais dans ce cas c'est en France qu'il vous faudra veiller à garder des réseaux, si vous souhaitez y postuler ou y revenir ensuite.

Devenir enseignant-chercheur à l'étranger

Merci pour tes réponses, c'est bien ce qu'il me semblait. Donc il vaut mieux faire la thèse à l'étranger dans ce cas...
Et quant à ma question sur les possibilités de passer dans le milieu de l'édition avec un mémoire en édition critique, pas d'idées ?
Bonne fin de soirée.

Devenir enseignant-chercheur à l'étranger

Enimel a écrit :

Exacte, l'agrégation est un diplôme franco-français.

Bonsoir,

Ce n'est pas un diplôme mais un concours de recrutement.

Cordialement.

Devenir enseignant-chercheur à l'étranger

On peut être enseignant-chercheur à l'étranger sans agrégation : voir les appels de postes sur Fabula vous permettra de vous faire une idée des diplômes requis (http://www.fabula.org/actuappels.php).
Par contre, les postes sont aussi difficiles à obtenir à l'étranger qu'en France. Et la crise n'arrange pas les choses.

C'est une voie difficile, et le statut de normalien constitue certes un atout ; mais ce n'est qu'un atout, et les critères qui permettent d'obtenir un poste sont multiples : vous serez surtout évalué sur la qualité de votre thèse, sur vos activités de recherche parallèles (articles, colloques, participation à des séminaires, etc.), sur votre expérience d'enseignement (dans le secondaire ou dans le supérieur)… et enfin votre profil doit correspondre à celui qui est recherché!

Faire de la recherche sans enseigner est possible (par exemple au CNRS), mais c'est une voie encore plus épineuse.

Enfin, l'édition critique est assez éloignée du milieu de l'édition —les chercheurs sont chargés de faire les éditions critiques, les éditeurs s'occupent des aspects éditoriaux et commerciaux—, mais si vous suivez plus tard une formation pour les métiers de l'édition, vous pourrez toujours faire valoir votre mémoire lors d'un entretien d'embauche.

Bref, c'est une voie difficile (mais passionnante), et, puisque l'agrégation est un passage obligé, le dilemme après dix ans d'études n'est pas "chômage ou maître de conférences" mais plutôt "secondaire ou supérieur".

P.S. qui ne se voudrait pas trop inquiétant mais quand même : le labeur qui vous attend pour préparer l'agrégation est le même que celui qui vous attend pour préparer une thèse… sauf que la préparation d'une thèse prend entre 3 et 5 ans.