Balzac, La Peau de chagrin - Incipit

bonjour, je suis passé à l'oral il n'y a pas longtemps et j'ai eu comme objet d'étude "la peau de chagrin" de Balzac avec comme question "quelles sont les attentes du lecteur crées par cet incipit?
globalement je n'ai pas réussi à répondre à cette question, j'ai eu du mal à la comprendre, cependant j'aimerai savoir qu'est ce que vous auriez répondu, quel plan dresser?
merci de me repondre, je suis dans un état de stress pas possible merci beaucoup.

Balzac, La Peau de chagrin - Incipit

Bonsoir,

Par "incipit", vous entendez le chapitre I,1 dans son ensemble?

Balzac, La Peau de chagrin - Incipit

Coucou !

Quel a été ton résultat finalement?

Je me pose la même question que mon vdd (voisin du dessus) =/

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Balzac, La Peau de chagrin - Incipit

Salut    si vous pouvez me donner  une problématique  pour " peau de chagrin" j'aurai un contrôle ce lundi et j'arrive pas à trouver la problématique!!
Je vous remercie par avance 

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Balzac, La Peau de chagrin - Incipit

J'ai un commentaire de texte à faire sur l'oeuvre de Balzac La Peau de chagrin publié en 1831.
c'est l'incipit du texte. De "Vers la fin du mois d'octobre " à " être sujet aux rhumes de cerveau."


L'extrait :

"Vers la fin du mois d’octobre dernier, un jeune homme entra dans le Palais-Royal au moment où les maisons de jeu s’ouvraient, conformément à la loi qui protége une passion essentiellement imposable. Sans trop hésiter, il monta l’escalier du tripot désigné sous le nom de numéro 36.

— Monsieur, votre chapeau, s’il vous plaît ? lui cria d’une voix sèche et grondeuse un petit vieillard blême accroupi dans l’ombre, protégé par une barricade, et qui se leva soudain en montrant une figure moulée sur un type ignoble.

Quand vous entrez dans une maison de jeu, la loi commence par vous dépouiller de votre chapeau. Est-ce une parabole évangélique et providentielle ! N’est-ce pas plutôt une manière de conclure un contrat infernal vous en exigeant je ne sais quel gage ? Serait-ce pour vous obliger à garder un maintien respectueux devant ceux qui vont gagner votre argent ? Est-ce la police tapie dans tous les égouts sociaux qui tient à savoir le nom de votre chapelier ou le vôtre, si vous l’avez inscrit sur la coiffe ? Est-ce enfin pour prendre la mesure de votre crâne et dresser une statistique instructive sur la capacité cérébrale des joueurs ? Sur ce point l’administration garde un silence complet. Mais, sachez-le bien, à peine avez-vous fait un pas vers le tapis vert, déjà votre chapeau ne vous appartient pas plus que vous ne vous appartenez à vous-même : vous êtes au jeu, vous, votre fortune, votre coiffe, votre canne et votre manteau. A votre sortie, le JEU vous démontrera, par une atroce épigramme en action, qu’il vous laisse encore quelque chose en vous rendant votre bagage. Si toutefois vous avez une coiffure neuve, vous apprendrez à vos dépens qu’il faut se faire un costume de joueur."

J'ai beaucoup de difficulté à le faire. J'ai quelques axes mais pas assez pour former un vrai commentaire de 3 parties.
J'ai fais une analyse linéaire :
Déjà j'ai remarqué que l'on était dans une action très proche du présent vu qu'elle se situe en 1830, et aussi avec la marque de temporalité "Vers la fin du mois d'octobre dernier".
Il y a souvent des informations qui montrent que l'argent à une grande place dans la société " passion essentiellement budgétifiante".
Ensuite, le prénom du protagoniste, Raphaël de Valentin, n'est pas donné au début. Il n'apparaitra que plus tard dans le livre. C'est un personnage typique du mouvement réaliste, un jeune homme ambitieux, arriviste. Qui d'ailleurs fait penser à la vie de l'auteur lui-même, on peut donc penser qu'il y a un côté autobiographique dans l'oeuvre.
Le deuxième personnage, le vieillard, donne une atmosphère assez malsaine, effrayante. "voix sèche et grondeuse", "petit vieillard blême", " accroupi dans l'ombre", "figure moulée dans un type ignoble" . Il est décrit comme une sorte de créature. Et c'est à partir de l'interpellation du vieillard qu'il y a un changement. Avant celle-ci, la tournure était impersonnelle, le lecteur voyait la scène de l'extérieur. Après celle-ci, le narrateur interpelle le lecteur par l'accumulation de questions rhétoriques, et avec le pronom personnel "vous". Il essaye de trouver une raison au fait qu'on doit donner son chapeau avant de rentrer dans les maisons de jeu. Des raisons un peu farfelues.
Ensuite, petit détail par rapport à l'expression " signer un contrat infernal", n'est ce pas un échos à la suite de l'oeuvre et au pacte diabolique que le personnage fait avec l'antiquaire?
Après est ce que cette interpellation au lecteur n'est pas un moyen de le mettre en garde contre le jeu ?
Car le narrateur explique bien que , par la synecdoque " tapies vert " qui représente la table de jeu, on devra s'attendre à une perte de tous ses biens et aussi de nous-même, qui est montré par l'énumération " vous, votre fortune, votre coiffe, votre canne et votre manteau".
Le jeu a une supériorité sur le joueur, il décide de son destin. Une sorte de diable qui te dépouille de tout, sauf votre chapeau.
Par contre vers la fin je ne saisis pas cette phrase : " Mais, si, par malheur, vous venez avec une coiffure neuve, vous apprendrez, à vos dépens, qu'il faut avoir un costume de joueur, et surtout ne pas être sujet aux rhumes de cerveau."
Sinon, au sujet de l'incipit, je pense que c'est un incipit in medias res, qu'il projette le lecteur dans l'action sans donner beaucoup d'information. Il y a beaucoup de zones d'ombres alors qu'un incipit vise plutôt à informer. Mais ces zones d'ombres peuvent créer une curiosité, un horizon d'attente chez le lecteur que la suite de l'oeuvre contribuera en partie à éclairer.


Si vous pouviez m'aider à éclaircir les exemples que je n'aurais pas vu, Merci d'avance.

Balzac, La Peau de chagrin - Incipit

Tout cela est intéressant. Ce qui me semble par ailleurs frappant, c'est qu'alors que le lecteur attend qu'on lui présente un personnage, une situation initiale, etc, bref : des éléments concernant la fiction qu'il va lire, l'auteur déjoue ces attentes légitimes pour généraliser, analyser, dialoguer avec son lecteur : il réfléchit sur un phénomène de société bien réel dont il essaie de comprendre certains rouages. La fiction est laissée de côté alors qu'elle vient à peine de commencer. C'est un incipit qui peut être déroutant (et selon moi c'est un titre d'axe possible...). et malgré cela, comme vous l'avez remarqué, il annonce certains éléments de l'oeuvre et plonge déjà dans une ambiance.
Je vous conseille de prendre aussi en compte les traits d'humour de ce passage, et l'ancrage réaliste (tps et lieu, comme vous l'avez en partie mentionné)