Hugo, Égalité

je suis italienne donc pardonnez moi s'il y aura beaucoup de fautes dans mes messages. j'ai un urgent besoin d'informations sur deux poèmes de Victor Hugo, je n'ai rien trouvé sur le net et je ne sais pas que faire!! aidez moi, je vous en prie. les poèmes sont
-égalité
-liberté, égalité, fraternité
tirées du recueil :''les chansons des rues et des bois'' 1865
merci

Où est le texte ?
La version numérique de votre texte est peut-être disponible sur Internet. Avez-vous vérifié ?
Si vous trouvez le texte, recopiez-le dans votre message.

Hugo, Égalité

Bonjour et bienvenue.

Il ne s'agit pas de deux poèmes, il y en a un seul.

Liberté, égalité, fraternité est simplement le titre de la 3e partie du recueil.
Cette partie comprend 8 poèmes.
Le 7e poème a pour titre Égalité.

Tu en trouveras le texte ici.

De quel genre d'informations as-tu besoin sur ce poème ?

3

Hugo, Égalité

Bonjour Michela,

"Liberté, égalité, fraternité" n'est pas un poème mais le titre d'une section dans Les Chansons des rues et des bois.

En revanche "Égalité" est bien un poème de cette section.

Il s'agit d'un hymne contemplatif à la sagesse et à la puissance créatrice de Dieu qui a distribué à profusion ses dons de l'infiniment grand à l'infiniment petit. Hugo refuse justement les tentatives trop humaines de définir la beauté de la création à partir de règles qui excluent, d'où le titre "égalité". La nature sauvage, la vie fragile, les êtres méprisés sont aussi beaux, aussi émouvants que ce qui est imposant ou construit par l'art.

Hugo, Égalité

merci beaucoup à tous les deux!
vous avez raison! de toutes [email protected] je cherchait un commentaire du poème ''égalité'' (étant donné que l'autre poème n'est pas un poème!), ou au moins d'un autre poème où hugo soutient l'égalité!
merci!

VII

Dans un grand jardin en cinq actes,
Conforme aux préceptes du goût,
Où les branches étaient exactes,
Où les fleurs se tenaient debout,

Quelques clématites sauvages
Poussaient, pauvres bourgeons pensifs,
Parmi les nobles esclavages
Des buis, des myrtes et des ifs.

Tout près, croissait, sur la terrasse
Pleine de dieux bien copiés,
Un rosier de si grande race
Qu'il avait du marbre à ses pieds.

La rose sur les clématites
Fixait ce regard un peu sec
Que Rachel jette à ces petites
Qui font le choeur du drame grec.

Ces fleurs, tremblantes et pendantes,
Dont Zéphyre tenait le fil,
Avaient des airs de confidentes
Autour de la reine d'avril.

La haie, où s'ouvraient leurs calices
Et d'où sortaient ces humbles fleurs,
Écoutait du bord des coulisses
Le rire des bouvreuils siffleurs.

Parmi les brises murmurantes
Elle n'osait lever le front ;
Cette mère de figurantes
Était un peu honteuse au fond.

Et je m'écriai :  Fleurs éparses
Près de la rose en ce beau lieu,
Non, vous n'êtes pas les comparses
Du grand théâtre du bon Dieu.

Tout est de Dieu l'oeuvre visible.
La rose, en ce drame fécond,
Dit le premier vers, c'est possible,
Mais le bleuet dit le second.

Les esprits vrais, que l'aube arrose,
Ne donnent point dans ce travers
Que les campagnes sont en prose
Et que les jardins sont en vers.

Avril dans les ronces se vautre,
Le faux art que l'ennui couva
Lâche le critique Lenôtre
Sur le poète Jéhovah.

Mais cela ne fait pas grand-chose
À l'immense sérénité,
Au ciel, au calme grandiose
Du philosophe et de l'été.

Qu'importe ! croissez, fleurs vermeilles !
Soeurs, couvrez la terre aux flancs bruns,
L'hésitation des abeilles
Dit l'égalité des parfums.

Croissez, plantes, tiges sans nombre !
Du verbe vous êtes les mots.
Les immenses frissons de l'ombre
Ont besoin de tous vos rameaux.

Laissez, broussailles étoilées,
Bougonner le vieux goût boudeur ;
Croissez, et sentez-vous mêlées
À l'inexprimable grandeur !

Rien n'est haut et rien n'est infime.
Une goutte d'eau pèse un ciel ;
Et le mont Blanc n'a pas de cime
Sous le pouce de l'Éternel.

Toute fleur est un premier rôle ;
Un ver peut être une clarté ;
L'homme et l'astre ont le même pôle ;
L'infini, c'est l'égalité.

L'incommensurable harmonie,
Si tout n'avait pas sa beauté,
Serait insultée et punie
Dans tout être déshérité.

Dieu, dont les cieux sont les pilastres,
Dans son grand regard jamais las
Confond l'éternité des astres
Avec la saison des lilas.

Les prés, où chantent les cigales,
Et l'Ombre ont le même cadran.
Ô fleurs, vous êtes les égales
Du formidable Aldébaran.

L'intervalle n'est qu'apparence.
Ô bouton d'or tremblant d'émoi,
Dieu ne fait pas de différence
Entre le zodiaque et toi.

L'être insondable est sans frontière.
Il est juste, étant l'unité.
La création tout entière
Attendrit sa paternité.

Dieu, qui fit le souffle et la roche,
Oeil de feu qui voit nos combats,
Oreille d'ombre qui s'approche
De tous les murmures d'en bas,

Dieu, le père qui mit dans les fêtes
Dans les éthers, dans les sillons,
Qui fit pour l'azur les comètes
Et pour l'herbe les papillons,

Et qui veut qu'une âme accompagne
Les êtres de son flanc sortis,
Que l'éclair vole à la montagne
Et la mouche au myosotis,

Dieu, parmi les mondes en fuite,
Sourit, dans les gouffres du jour,
Quand une fleur toute petite
Lui conte son premier amour.

voici le texte dont je parlais

5

Hugo, Égalité

Bonjour,

Au titre d'un poème équivalent, je te propose :

J'aime l'araignée  Victor Hugo
(écrit en juillet 1842)

J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,
   Parce qu'on les hait ;
Et que rien n'exauce et que tout châtie
   Leur morne souhait ;

Parce qu'elles sont maudites, chétives,
   Noirs êtres rampants ;
Parce qu'elles sont les tristes captives
   De leur guet-apens ;

Parce qu'elles sont prises dans leur œuvre ;
   O sort ! fatals nœuds !
Parce que l'ortie est une couleuvre,
   L'araignée un gueux ;

Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes,
   Parce qu'on les fuit,
Parce qu'elles sont toutes deux victimes
   De la sombre nuit.

Passants, faites grâce à la plante obscure,
   Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
   Oh ! plaignez le mal !

Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;
   Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie
   De les écraser,

Pour peu qu'on leur jette un œil moins superbe,
   Tout bas, loin du jour,
La mauvaise bête et la mauvaise herbe
   Murmurent : Amour !

Les Contemplations, Livre III,
« Les luttes et les rêves », XXVII, 1856.

Bien que n'étant pas un poème, cet extrait des Misérables

Il y avait un banc de pierre dans un coin, une ou deux statues moisies, quelques treillages décloués par le temps pourrissant sur le mur; du reste plus d'allées ni de gazon; du chiendent partout. Le jardinage était parti, et la nature était revenue. Les mauvaises herbes abondaient, aventure admirable pour un pauvre coin de terre. La fête des giroflées y était splendide. Rien dans ce jardin ne contrariait l'effort sacré des choses vers la vie; la croissance vénérable était là chez elle. Les arbres s'étaient baissés vers les ronces, les ronces étaient montées vers les arbres, la plante avait grimpé, la branche avait fléchi, ce qui rampe sur la terre avait été trouver ce qui se traîne dans la mousse; troncs, rameaux; feuilles, fibres, touffes, vrilles, sarments, épines, s’étaient mêlés, traversés, mariés, confondus; la végétation, dans un embrassement étroit et profond, avait célébré et accompli là, sous l'oeil satisfait du créateur, en cet enclos de trois cents pieds carrés, le saint mystère de sa fraternité, symbole de la fraternité humaine. Ce jardin n'était plus un jardin, c’était une broussaille colossale. Ce jardin n'était plus un jardin, c'était une broussaille colossale, c'est-à-dire quelque chose qui est impénétrable comme une forêt, peuplé comme une ville, frissonnant comme un nid, sombre comme une cathédrale, odorant comme un bouquet, solitaire comme une tombe, vivant comme une foule.

Enfin cet extrait de la préface des Orientales

Les Orientales, préface, janvier 1829.
L'auteur de ce recueil n'est pas de ceux qui reconnaissent à la critique le droit de questionner le poète sur sa fantaisie, et de lui demander pourquoi il a choisi tel sujet, broyé telle couleur, cueilli à tel arbre, puisé à telle source. L'ouvrage est-il bon ou est-il mauvais? Voilà tout le domaine de la critique. Du reste, ni louanges ni reproches pour les couleurs employées, mais seulement pour la façon dont elles sont employées. A voir les choses d'un peu haut, il n'y a, en poésie, ni bons ni mauvais sujets, mais de bons et de mauvais poètes. D'ailleurs, tout est sujet; tout relève de l'art; tout a droit de cité en poésie. Ne nous enquérons donc pas du motif qui vous a fait prendre ce sujet, triste ou gai, horrible ou gracieux, éclatant ou sombre, étrange ou simple, plutôt que cet autre. Examinons comment vous avez travaillé, non sur quoi et pourquoi.
Hors de là, la critique n'a pas de raison à demander, le poète pas de compte à rendre. L'art n'a que faire des lisières, des menottes, des bâillons; il vous dit : Va ! Et vous lâche dans ce grand jardin de poésie, où il n'y a pas de fruit défendu. L'espace et le temps sont au poète. Que le poète donc aille où il veut, en faisant ce qui lui plaît; c'est la loi.

Hugo, Égalité

merci beaucoup à tous les deux, je vais analyser le matériel que vous m'avez donné!
vous êtes très gentils! merci!
Michela