Métrique latine

Bonsoir.

Je dois préparer un "cours" aux optionnaires de latin, l'étude d'un extrait d'Ovide. Néanmoins, alors que j'analysais la métrique – très éloquente chez les poètes élégiaques –, un doute m'a surpris : comment évalue-t-on la place de la césure ? Comment savoir si la coupe est penthémimère, trihémimère, hephtémimère ? J'ai même entendu parlé d'une double césure  .

Merci à vous, fidèles grammairiens !

Métrique latine

Commence par regarder ce manuel : https://www.etudes-litteraires.com/foru … ml#p187289
Et s'il te reste des problèmes, pose-nous des questions sur les vers en cause...

Je n'oublie pas tes questions sur les autres sujets.

Cordialement.

Métrique latine

Merci (décidément, tu as réponse à tout) !

Un doute, qui n'est pas directement lié à la métrique, mais qui s'y appuie :

Tempus erit quo tu, quae nunc excludis amantes,
Frigida deserta nocte jacebis anus,

Voici mon analyse :

T?mp?s ?/r?t qu? / t? qu? / n?nc ?x/cl?d?s ?/m?ntes
Fr?g?d? / d?s?rt/? // n?ct? j?/c?b?s ?/nus

Est-elle juste ? Partons du principe que l'est le second vers : sachant que l'ablatif féminin singulier est long -?, et le nominatif court -?, dois-je conclure qu'ici, frigida renvoie à anus, et deserta à nocte ? Ou l'analyse des cas par la métrique n'est pas toujours applicable, ou je me suis trompé quelque part, ou l'on a affaire à un double hypallage, puisque c'est nocte qui est frigida, et anus qui est deserta.

Qu'en pensez-vous ?

Métrique latine

Ceres a écrit :

Ou l'analyse des cas par la métrique n'est pas toujours applicable,

Non, ce n'est pas de bonne méthode de raisonner ainsi (je n'entre pas dans les détails).

ou je me suis trompé quelque part,

Pour se tromper dans un pentamètre, il faut vraiment le faire exprès : à part les deux premiers pieds, dactyles ou spondées, la structure est constante (longue || dactyle pur | dactyle pur | syllabe finale). C'est de loin le vers le plus facile à scander.

ou l'on a affaire à un double hypallage, puisque c'est nocte qui est frigida, et anus qui est deserta.

Donc, il ne reste que cette solution (assez courante au demeurant à l'époque augustéenne). D'après Gaffiot, frigidus n'a pas à l'époque classique le sens du français "frigide", donc il ne faut pas y voir un jeu de mots...

Métrique latine

Non, ce n'est pas de bonne méthode de raisonner ainsi (je n'entre pas dans les détails).

Oui, je comprends bien, et je n'étais franchement pas convaincu de cette alternative.
Mais cela fonctionne-t-il vraiment dans tous les cas ? N'y a-t-il pas un moment où l'auteur est contraint d'enfreindre ces règles ? Par exemple, « tibi » est noté dactyle pour les deux syllabes, mais n'est-il pas possible que l'une soit longue ?

Donc, il ne reste que cette solution (assez courante au demeurant à l'époque augustéenne). D'après Gaffiot, frigidus n'a pas à l'époque classique le sens du français "frigide", donc il ne faut pas y voir un jeu de mots...

Tant pis . Pourquoi est courant à l'époque augustéenne ?

Métrique latine

Ceres a écrit :

Non, ce n'est pas de bonne méthode de raisonner ainsi (je n'entre pas dans les détails).

Oui, je comprends bien, et je n'étais franchement pas convaincu de cette alternative.
Mais cela fonctionne-t-il vraiment dans tous les cas ? N'y a-t-il pas un moment où l'auteur est contraint d'enfreindre ces règles ? Par exemple, « tibi » est noté dactyle pour les deux syllabes, mais n'est-il pas possible que l'une soit longue ?

Ce ne sont que très rarement des licences de métrique, mais bien des questions de prosodie (hésitations dans la langue même) qui sont en jeu (pour des raisons historiques). Tibi a historiquement une finale longue (TIBEI dans certaines inscriptions ; cf. osque tfei, vieux-prussien tebei, avestique taibii? ; la longue est encore attestée chez Plaute), mais a tendu à s'abréger comme la plupart des mots ïambiques (règle brevis brevians). Ce n'est jamais arbitraire, donc.

Donc, il ne reste que cette solution (assez courante au demeurant à l'époque augustéenne). D'après Gaffiot, frigidus n'a pas à l'époque classique le sens du français "frigide", donc il ne faut pas y voir un jeu de mots...

Tant pis . Pourquoi est courant à l'époque augustéenne ?

Simple sentiment personnel, en en rencontrant dans ce type de textes.

Métrique latine

Ce ne sont que très rarement des licences de métrique, mais bien des questions de prosodie (hésitations dans la langue même) qui sont en jeu (pour des raisons historiques). Tibi a historiquement une finale longue (TIBEI dans certaines inscriptions ; cf. osque tfei, vieux-prussien tebei, avestique taibii? ; la longue est encore attestée chez Plaute), mais a tendu à s'abréger comme la plupart des mots ïambiques (règle brevis brevians). Ce n'est jamais arbitraire, donc.

Ce devait être une pénible tâche que d'écrire des poèmes !
Merci bien.

Métrique latine

la métrique n'est pas mon fort... Un pentamètre se scande ainsi : 2 dactyles ou spondées + une longue + 2 dactyles + 1 syll indifférente. Je scande donc le vers 70 ainsi : frigida dactyle, deser- spondée, -ta longue, nocte ja- dactyle, -cebis a- dactyle, -nus longue ; la césure est au milieu, après deserta. Il s'agit donc d' une vieille glacée dans une nuit solitaire.  Cf Virgile : ibant obscuri sola sub nocte.

Métrique latine

C'est  parfait! A part le fait que le vers de Virgile est un fragment d'hexamètre! Le pentamètre, comme tu le sais sans doute, est associé à l'hexamètre dactylique dans la poésie élégiaque, jamais dans la poésie épique.