La poésie est-elle futile ?

Bonjour,
Voilà ma professeur de français ma donné une dissertation qui ne m'inspire pas du tout .
Je n'arrive pas du tout a avancé  .

Le sujet  :" La poèsie est-elle futile ?"


Pouvez vous m'aider?

Merci .

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

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La poésie est-elle futile ?

D'après le formalisme (courant poétique) la poésie tire sa valeur de son absence d'utilité. Bien au contraire, elle est un jeu formel qui se suffit à elle même. Ars gratis artis (L'art pour l'art) est la devise latine de l'école du Parnasse. Théophile Gautier, Edgar Poe sont partisans du penchant formaliste. Néanmoins cette conception restreint énormément la portée de la poésie.

Cependant, les romantiques allemands, avec Schegel, Novalis par exemple réclament un poème universel de la connaissance, synthèse du savoir entier et complet. Il y a donation d'une valeur extrêmement forte, avec l'édification de la sumpoesis. C'est une véritable continuité du mot de Vico donnant la poésie comme "institutrice de l'humanité". Cependant ce pendant dogmatique a souffert la fragmentation moderne des connaissances et son projet est inassouvissable.

Désormais remontons aux premiers éducateurs de l'Antiquité : les Aeds, ce sont les poètes qui content par tradition orale telle Homère. Il appert une fonction éducatrice, formatrice moralement et culturellement, voire culturellement (avec la Théogonie d'Hésiode par exemple, ainsi que tous les récits mythiques). Nous pouvons déjà dire que la poésie a joué véritablement un rôle dans l'histoire, et encore actuellement elle est l'éveil d'un goût esthétique, d'une valeur a-utilitaire, autotélique qui aspire à habiter le monde dans une certaine authenticité (une contemplation dirait Heidegger, ou encore des contemporains comme Jean-Claude Pinson).

A savoir, une position héritée du romantisme (où le terme roman est présent rappelons-le) est l'accomplissement et ipso facto l'achèvement de la poésie dans le roman. Nous retrouvons cette poésie qui est associée au lyrisme et la critique - déphasage au monde par la satire - reléguée au roman chez Kundera dans l'Art du roman. Cela signifierait à son paroxysme la dissolution de la poésie dans l'art romanesque. A moindre échelle ce serait le relais de la fonction critique (que les Flables de La Fontaine font état, malgré leur particularité souvent associée à un sous genre à tort, et la teneur poétique est manifeste par sa provocation aux vers malherbiens et la nique à Boileau fort jaloux).

Ce sont des idées qui peuvent vous servir éventuellement, enfin des linéaments grossiers. Je l'ignore, peut-être n'est-ce pas assez précis, érudit, développé, à vous de voir.

Gengiskhan.

La poésie est-elle futile ?

Merci beaucoup , je vais essayer de potasser sur cela .

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La poésie est-elle futile ?

Mais de rien, tout le plaisir est pour moi. N'hésitez guère si vous avez des interrogations.

Ceci étant, je vous souhaite bon courage.

Gengiskhan.

La poésie est-elle futile ?

Disons que la poésie n'est pas mon point fort.

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La poésie est-elle futile ?

En quoi êtes-vous donc plus familière ? Sinon, n'avez-vous pas des poètes que vous appréciez ? Ce serait une bonne voie d'accès à la Poésie.

En dépit de tout, je vous dirais sans ambages qu'il vaut mieux se préserver de tout jugement de ce genre (si j'étais sartrien je dirais de mauvaise foi, puisque cela déresponsabilise), ce ne peut que vous porter préjudice.

Gengiskhan.

La poésie est-elle futile ?

J'aime Prevert surtout le poème " Cet amour".
Mais je préfére les romans historique.

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La poésie est-elle futile ?

C'est un beau poème que Cet amour de Prévert, je vous agrée entièrement. Bien que je sois nourri davantage aux formes poétiques plus "classiques". Le classicisme demeure tant difficile à cerner par les formes iconoclastes qui n'ont cessées de l'informer.

N'êtes-vous pas émue par du Baudelaire ? Rimbaud ? Verlaine ? Eluard ? Aragon ? et caetera.

Par exemple, un classique :

A une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal, XCII.

C'est un poème emblématique de la tension occidentale poétique entre le réel et le figé du langage, tentative incroyablement heureuse du saisissement du mouvement, de la fugitivité.

Je vous invite à lire du Théophile Gautier pour le roman histoire, notamment Le roman de la momie. Quels auteurs romanesques historiques aimez-vous ?

Gengiskhan.

La poésie est-elle futile ?

On en fait tout ce qu'on veut.

Il y en a qui en font des prières: les psaumes, etc...
Il y en a qui en font des actes de guerre: Becker et Musset à propos du Rhin (Le Rhin allemand).
Il y en a qui en font des suppliques: Marot.
Il y en a qui en font de la philosophie: Sully Prudhomme,
et moi même je m'en suis servi quand j'étais conseil d'entreprise parce que je devais faire le diagnostic d'une société énorme et compliquée en énormes difficultés. Ils étaient pressés et j'avais un mois pour donner mes conclusions. Mais comme ça paniquait  dans tous les coins, un directeur s'est mis à licencier au bout de quinze jours. Pour l'arrêter j'avais expliqué en alexandrins esclaffés que les idées bêtes viennent aux imbéciles. L'usage de la poésie étant inattendu, ça a circulé dans les bureaux, et ce fut efficace.

La poésie est-elle futile ?

en alexandrins esclaffés

Comme quoi je ne suis pas le seul à user parfois de l'esclaffe...