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Avis d'intention - EHESS

Bonjour à tous,
Je suis actuellement en khâgne Ulm. Je souhaite cuber l'année prochaine pour ensuite présenter un dossier pour une entrée en master à l'EHESS.
Je sais qu'il faut rédiger un avis d'intention (sorte de présentation de ce sur quoi l'on veut travailler, je suppose) mais je ne sais pas vraiment ce qu'il doit contenir exactement ni quelle forme il doit prendre.
Si quelqu'un a des renseignements à ce sujet, je suis preneuse.
Merci par avance,

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Avis d'intention - EHESS

Personne n'a d'idée là-dessus? Pour apporter quelques précisions, c'est l'histoire que je veux étudier à l'EHESS. Je ne veux pas rentrer à l'ENS Ulm donc je prépare le concours pour l'admissibilité seulement, qui pourrait m'ouvrir des portes.
Est-ce que vous sauriez où je peux trouver des renseignements sur cet avis d'intention? Y-a-t-il un forum propre à l'EHESS?
Merci d'avance.

Avis d'intention - EHESS

Heu pourquoi refuser l'ENS Ulm ? Rien ne t'empêche, une fois normalien, d'étudier à l'EHESS, en étant payé, etc.

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Avis d'intention - EHESS

Tenno a écrit :

Heu pourquoi refuser l'ENS Ulm ? Rien ne t'empêche, une fois normalien, d'étudier à l'EHESS, en étant payé, etc.

Parce que ce serait uniquement pour le titre et le salaire... Et il y a mieux comme motivation.
J'ai déjà repéré à l'EHESS le directeur de recherche qui me conviendrait en fonction de mes projets, l'offre des séminaires est bien plus riche à l'EHESS qu'à Ulm, les cours que j'ai pu lire sont également meilleurs à l'EHESS. L'école est spécialisée dans les sciences humaines donc je ne vois pas trop pour quelle raison j'irais à Ulm plutôt qu'à l'EHESS en fait. Mais je ne savais pas qu'il était possible de cumuler les deux écoles... Est-ce gérable? Comment ça se passe?
Bon, dans tous les cas, je fais de mon mieux au concours d'Ulm (sans pour autant chosir mes options de manière stratégique) et advienne que pourra.
Merci pour ta réponse.

Avis d'intention - EHESS

L'EHESS est très peu formaliste.

Avis d'intention - EHESS

Stella89 a écrit :

Parce que ce serait uniquement pour le titre et le salaire... Et il y a mieux comme motivation.

1300 € net par mois, pendant quatre ans, 12 mois par an, avec l'assurance d'une allocation encore supérieure en thèse, il me semble que ce n'est déjà pas tout à fait négligeable. Et ça n'est pas le seul avantage loin de là (le logement par exemple, sur place et pour 250 € / mois seulement, avantage énorme dans Paris intra-muros).
L'EHESS a beaucoup de qualités (le niveau des séminaires est équivalent à ceux de l'Ecole normale supérieure), mais ces qualités peuvent parfois devenir des défauts. Une grande souplesse (comme l'a rappelé Putakli, non sans un certain sens de la litote) qui permet de se concentrer à peu près exclusivement sur la recherche, c'est aussi un certain déficit d'encadrement (tout dépend aussi de votre directeur, ce sera votre principal voire unique interlocuteur). Le système du tutorat à Ulm permet de le pallier. De même, la bibliothèque de la MSH n'est accessible qu'à partir du niveau M2 je crois ; avoir accès à la bibliothèque de l'ENS (800 000 ouvrages dont plus de 500 000 en lettres et sciences humaines, presque tous en accès libre dans les rayons, accès gratuit à vie, prêt maximum de 20 ouvrages pour une durée de 9 mois) est un privilège incomparable qui vaut bien des séminaires... De plus, l'EHESS ne vous préparera aucunement à l'agrégation, sésame encore quasiment indispensable pour la suite de votre carrière, et ne dispose pas des mêmes accords avec les établissements étrangers dans lesquels vous pourriez être amené(e ?) à poursuivre vos recherches. Enfin, en étant normalienne (surtout si vous êtes interne), vous serez davantage intégrée au sein d'une promotion, tandis que les petits établissements très "dispersés" comme l'EHESS (et l'EPHE, que je connais mieux et qui fonctionne sur le même principe) ont du mal à animer une vie étudiante digne de ce nom.

J'ai déjà repéré à l'EHESS le directeur de recherche qui me conviendrait en fonction de mes projets, l'offre des séminaires est bien plus riche à l'EHESS qu'à Ulm, les cours que j'ai pu lire sont également meilleurs à l'EHESS. L'école est spécialisée dans les sciences humaines donc je ne vois pas trop pour quelle raison j'irais à Ulm plutôt qu'à l'EHESS en fait.

L'ENS a certes moins de séminaires (et encore, ce n'est qu'une partie de l'iceberg : il y a aussi les stages, les laboratoires hébergés dans l'école, les très nombreux colloques qui s'y tiennent, etc.), mais est tout aussi "spécialisée dans les sciences humaines"

Mais je ne savais pas qu'il était possible de cumuler les deux écoles... Est-ce gérable? Comment ça se passe?

C'est un peu étonnant qu'on ne vous ait pas renseigné sur la scolarité à Ulm si vous êtes en khâgne...
Ce n'est pas seulement "gérable", c'est le régime normal des études pour les normaliens, pour les élèves littéraires du moins. L'ENS ne délivre pas de diplômes de licence et (sauf exception) pas de diplômes de master. Tous les élèves suivent donc des cours dans un autre établissement francilien, ou plusieurs (comme votre serviteur ). Cela ne pose pas trop de problèmes d'emploi du temps, vous ne suivrez de toute façon que peu de cours à l'ENS (le minimum administratif est de 2h par semaine environ), et pas beaucoup non plus dans l'établissement où vous ferez votre M1...

Bon, dans tous les cas, je fais de mon mieux au concours d'Ulm (sans pour autant chosir mes options de manière stratégique) et advienne que pourra.
Merci pour ta réponse.

Oui. Pensez quand même avant tout au concours (et ne partez pas d'emblée sur l'idée que vous allez nécessairement khûber ), en prépa les options sont avant tout faites pour intégrer (même s'il est au moins aussi important d'y prendre du plaisir). Votre projet de recherche s'élaborera avec le temps, et ce n'est pas vraiment maintenant que vous en avez (d'où l'intérêt de ne pas enchaîner tout de suite prépa et M1, ce qui donne assez souvent lieu à des sujets de M1 inadéquats ou peu intéressants car pas assez réfléchis ; cela dit, la L3 a aussi ses inconvénients). Cela dit, si c'est quelque chose auquel vous tenez à réfléchir au moins un peu dès maintenant, le mieux me semble de contacter le directeur pressenti (par e-mail ou en allant à sa conférence un jour ou l'autre, si vous en avez l'occasion).

Bien cordialement.

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Avis d'intention - EHESS

Tout d'abord, merci Arthur pour cette réponse détaillée.

1300 € net par mois, pendant quatre ans, 12 mois par an, avec l'assurance d'une allocation encore supérieure en thèse, il me semble que ce n'est déjà pas tout à fait négligeable. Et ça n'est pas le seul avantage loin de là (le logement par exemple, sur place et pour 250 € / mois seulement, avantage énorme dans Paris intra-muros).
L'EHESS a beaucoup de qualités (le niveau des séminaires est équivalent à ceux de l'Ecole normale supérieure), mais ces qualités peuvent parfois devenir des défauts. Une grande souplesse (comme l'a rappelé Putakli, non sans un certain sens de la litote) qui permet de se concentrer à peu près exclusivement sur la recherche, c'est aussi un certain déficit d'encadrement (tout dépend aussi de votre directeur, ce sera votre principal voire unique interlocuteur). Le système du tutorat à Ulm permet de le pallier. De même, la bibliothèque de la MSH n'est accessible qu'à partir du niveau M2 je crois ; avoir accès à la bibliothèque de l'ENS (800 000 ouvrages dont plus de 500 000 en lettres et sciences humaines, presque tous en accès libre dans les rayons, accès gratuit à vie, prêt maximum de 20 ouvrages pour une durée de 9 mois) est un privilège incomparable qui vaut bien des séminaires... De plus, l'EHESS ne vous préparera aucunement à l'agrégation, sésame encore quasiment indispensable pour la suite de votre carrière, et ne dispose pas des mêmes accords avec les établissements étrangers dans lesquels vous pourriez être amené(e ?) à poursuivre vos recherches. Enfin, en étant normalienne (surtout si vous êtes interne), vous serez davantage intégrée au sein d'une promotion, tandis que les petits établissements très "dispersés" comme l'EHESS (et l'EPHE, que je connais mieux et qui fonctionne sur le même principe) ont du mal à animer une vie étudiante digne de ce nom.

Oui bien sûr, ce n'est évidemment pas négligeable. Mais ce que je voulais dire, c'est que la perspective d'un salaire ne va pas guider tous mes projets, ce serait bien regrettable.

L'ENS a certes moins de séminaires (et encore, ce n'est qu'une partie de l'iceberg : il y a aussi les stages, les laboratoires hébergés dans l'école, les très nombreux colloques qui s'y tiennent, etc.), mais est tout aussi "spécialisée dans les sciences humaines"

A vrai dire, j'ai vraiment été attirée par la variété des séminaires qui sont proposés à l'EHESS et les possibilités de parcours interdisciplinaires et transdisciplinaires. J'ai regardé tout ce qui était proposé à l'EHESS et tout ce qui était proposé à Ulm, et l'EHESS est indiscutablement beaucoup plus attrayante pour qui veut faire de l'histoire.  Mais ce n'est peut-être qu'une attirance "sur le papier", c'est tout à fait possible.

C'est un peu étonnant qu'on ne vous ait pas renseigné sur la scolarité à Ulm si vous êtes en khâgne...
Ce n'est pas seulement "gérable", c'est le régime normal des études pour les normaliens, pour les élèves littéraires du moins. L'ENS ne délivre pas de diplômes de licence et (sauf exception) pas de diplômes de master. Tous les élèves suivent donc des cours dans un autre établissement francilien, ou plusieurs (comme votre serviteur ). Cela ne pose pas trop de problèmes d'emploi du temps, vous ne suivrez de toute façon que peu de cours à l'ENS (le minimum administratif est de 2h par semaine environ), et pas beaucoup non plus dans l'établissement où vous ferez votre M1...

Merci pour ces informations, je vais réfléchir à tout cela!


Oui. Pensez quand même avant tout au concours (et ne partez pas d'emblée sur l'idée que vous allez nécessairement khûber ),

Pour le concours, c'est fait!  On verra ce qu'il en est fin juin.

en prépa les options sont avant tout faites pour intégrer (même s'il est au moins aussi important d'y prendre du plaisir).

C'est mon GROS problème à vrai dire. J'ai fait le choix, pour cette année de khâgne, de décider de mes options en fonction de ce que je veux faire après la prépa. Si je décide de tout miser sur le concours, il faut que je prenne des options différentes (là où je suis la meilleure). Seulement, je ne sais pas si le jeu en vaut la chandelle parce que si je ne réussis pas le concours (au bout d'un an de khâgne ou de deux ans de khâgne), eh bien je vais regretter d'avoir choisi mes options en fonction du concours et non pas en fonction de mes objectifs pour l'avenir. Vous comprenez le dilemme? Dans le cas d'une éventuelle année de cube, à votre avis, que dois-je faire?

Merci pour tous ces renseignements.

Avis d'intention - EHESS

Stella89 a écrit :

Oui bien sûr, ce n'est évidemment pas négligeable. Mais ce que je voulais dire, c'est que la perspective d'un salaire ne va pas guider tous mes projets, ce serait bien regrettable.

Bien sûr. Je voulais juste dire que cela peut en permettre certain (notamment si vous devez travailler sur le terrain). Le statut de fonctionnaire vous permet aussi de bénéficier de subventions pour certains de vos déplacements (ordre de mission), dans la limite des ressources de l'école : si vous devez vous rendre dans une bibliothèque étrangère, à une université d'été, vos frais de transport, d'hébergement, de bouche etc. peuvent être pris partiellement en charge.

A vrai dire, j'ai vraiment été attirée par la variété des séminaires qui sont proposés à l'EHESS et les possibilités de parcours interdisciplinaires et transdisciplinaires. J'ai regardé tout ce qui était proposé à l'EHESS et tout ce qui était proposé à Ulm, et l'EHESS est indiscutablement beaucoup plus attrayante pour qui veut faire de l'histoire.  Mais ce n'est peut-être qu'une attirance "sur le papier", c'est tout à fait possible.

Naturellement. L'ENS est un plus, elle ne se substitue en aucun aux autres établissements qui assureront l'essentiel de votre formation (sauf pour l'année d'agrégation). Elle vous offrira surtout des compléments (vous souhaitez un cours d'introduction sur une autre période historique, faire un peu de géographie, une langue orientale, continuer votre langue ancienne, vos initier à un tout autre domaine, etc., tout ceci ne pose aucun problème). Ce qui est le plus appréciable je pense est le tutorat : cela permet d'avoir de facto deux regards, au lieu d'un seul, sur votre travail de recherche. Et comme les professeurs et chercheurs de l'ENS ont moins de formalités administratives et pas ou très peu d'étudiants à diriger (formellement, je veux dire), ils sont généralement un peu plus disponibles.


Pour le concours, c'est fait!  On verra ce qu'il en est fin juin.

Justement non, il reste la moitié du travail Et même si vous n'êtes pas admissible cette année, ces deux mois de préparation à l'oral ne seront pas inutiles le moment venu.

C'est mon GROS problème à vrai dire. J'ai fait le choix, pour cette année de khâgne, de décider de mes options en fonction de ce que je veux faire après la prépa. Si je décide de tout miser sur le concours, il faut que je prenne des options différentes (là où je suis la meilleure). Seulement, je ne sais pas si le jeu en vaut la chandelle parce que si je ne réussis pas le concours (au bout d'un an de khâgne ou de deux ans de khâgne), eh bien je vais regretter d'avoir choisi mes options en fonction du concours et non pas en fonction de mes objectifs pour l'avenir. Vous comprenez le dilemme? Dans le cas d'une éventuelle année de cube, à votre avis, que dois-je faire?

Puisque vous voulez aller à l'EHESS, ce que vous voulez faire est de la recherche et uniquement de la recherche. Dans cette optique, suivre tel ou tel cours d'histoire en khâgne ne change pas énormément la donne. Si vous deviez khûber, je vous conseille donc fortement de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour avoir les meilleures chances d'intégrer. De toute façon, votre professeur ne vous recrutera pas sur le programme des enseignements que vous aurez choisi, mais bien sur votre motivation pour le sujet que vous envisagez, et son propre intérêt pour celui-ci (avec peut-être une réserve pour certains directeurs d'études, qui peuvent être sollicités par un trop grand nombre d'étudiants et être contraints d'opérer une sélection sur la base de leur niveau ; mais ce n'est qu'une petite minorité de l'effectif enseignant, et si vous avez de bons résultats à l'ENS, ça ne devrait poser aucun problème).

Par curiosité, à quel domaine et quel(s) directeur(s) d'études pensez-vous ?