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La Bruyère, Les Caractères, Des femmes - La dévotion vient à quelques-uns, et surtout aux femmes...

Salut tout le monde !
Voilà, je suis élève en 1re, et mon prof de français m'a donné à commenter un extrait de Les Caractères de La Bruyère. Ce passage provient du chapitre "Des femmes". Voici l'extrait en question :

La dévotion vient à quelques-uns, et surtout aux femmes, comme une passion, ou comme le faible d’un certain âge, ou comme une mode qu’il faut suivre. Elles comptaient autrefois une semaine par les jours de jeu, de spectacle, de concert, de mascarade, ou d’un joli sermon: elles allaient le lundi perdre leur argent chez Ismène, le mardi leur temps chez Célimène, et le mercredi leur réputation chez Célimène; elles savaient dès la veille toute la joie qu’elles devaient avoir le jour d’après et le lendemain; elles jouissaient tout à la fois du plaisir présent et de celui qui ne leur pouvait manquer; elles auraient souhaité de les pouvoir rassembler tous en un seul jour: c’était alors leur unique inquiétude et tout le sujet de leurs distractions; et si elles se trouvaient quelquefois à l’Opéra, elles y regrettaient la comédie. Autres temps, autres moeurs: elles outrent l’austérité et la retraite; elles n’ouvrent plus les yeux qui leur sont donnés pour voir; elles ne mettent plus leurs sens à aucun usage; et chose incroyable! elles parlent peu; elles pensent encore, et assez bien d’elles-mêmes, comme assez mal des autres; il y a chez elles une émulation de vertu et de réforme qui tient quelque chose de la jalousie; elles ne haïssent pas de primer dans ce nouveau genre de vie, comme elles faisaient dans celui qu’elles viennent de quitter par politique ou par dégoût. Elles se perdaient gaiement par la galanterie, par la bonne chère et par l’oisiveté, et elles se perdent tristement par la présomption et par l’envie.

Je n'ai pas encore défini mon plan, mais je voulais savoir si quelqu'un pouvait répondre à quelques-unes de mes questions :
- dans la première phrase, La Bruyère utilise les mots "passion", "faible", "mode". J'ai d'abord pensé à une simple énumération, mais ne serait-ce pas plutôt une gradation descendante ?

- La Bruyère utilise des phrases très longues (deux exactement) dans cet extrait. J'ai trouvé sur Internet que cela s'employait dans l'argumentation pour montrer la force de conviction du locuteur. Est-ce pertinent pour mon analyse ?

- dans mon texte  "Ismène, Climène et Célimène" sont en italique. Mais je n'ai pas trouvé sur Internet de signification particulière. J'ai donc déduit que c'étaient des femmes qui tenaient des salons. Mais je n'en suis pas trop sûre. Quelqu'un en saurait davantage ?

Merci d'avance !

La Bruyère, Les Caractères, Des femmes - La dévotion vient à quelques-uns, et surtout aux femmes...

OK pour la gradation descendante.
Je crois (mais à vérifier) que La Bruyère désiganit par ces italiques des personnes réelles, puisque ses Caractères ont été écrits grâce à l'obseervation qu'il faisait de ses contemporains dans les Salons qu'il fréquentait.

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La Bruyère, Les Caractères, Des femmes - La dévotion vient à quelques-uns, et surtout aux femmes...

Merci beaucoup Léah!!
Bon, ben j'me remets à l'analyse!! Et encore merci!

La Bruyère, Les Caractères, Des femmes - La dévotion vient à quelques-uns, et surtout aux femmes...

Je crois (mais à vérifier) que La Bruyère désiganit par ces italiques des personnes réelles, .

Je ne crois pas que ces personnes ont réellement existé, ce sont des noms inventés: en revanche, chaque personnage illustre un trait de caractère particulier, que l'on détermine à partir de l'étymologie du prénom ( les noms ne sont pas choisis au hasard).

Par exemple, Philinte( dans "De la Cour") est un personnage d'un "caractère" bienveillant (ce mot vient du grec philo qui signifie "aimer").

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La Bruyère, Les Caractères, Des femmes - La dévotion vient à quelques-uns, et surtout aux femmes...

C'est encore moi.. voilà, je suis encore dans mon analyse, j'ai deux axes qui se précisent.. mais j'ai encore un souci avec quelques éléments:
- pour les noms en italique, je n'ai pas encore trouvé ce que c'était exactement. Merci pour vos conseils, je suis encore en pleine recherche..
- ensuite, dans l'extrait, j'ai un petit problème de compréhension avec l'expression "bonne chère".. j'ai fait quelques recherches sur Internet, qui n'ont pas porté leurs fruits, alors si quelqu'un avait une définition, ou même un site avec une définition, ce serait super...

Sinon, pour mon plan, je pense que je vais étudier la manière dont La Bruyère étudie la fausse dévotion (à reformuler, c'est ma problématique) et pour le plan:
I. Les femmes avant qu'elles soient dévotes.
II. Les femmes dévotes.

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La Bruyère, Les Caractères, Des femmes - La dévotion vient à quelques-uns, et surtout aux femmes...

Bonjour Audrey,

La "bonne chère" désigne les plaisirs de la table, les soupers fins, la gourmandise.

Les dévotes à l'opposé, c'est bien connu, se consument en jeûnes et en macérations.

Pour La Bruyère, tout est affaire de raison, de mesure dans la vie simple comme dans la dévotion. Il convient avant tout d'éviter les excès dommageables. C'est ce que signifie l'antithèse finale.

Dans ton plan, j'ajouterais une troisième partie : la morale de l'apologue.

La Bruyère, Les Caractères, Des femmes - La dévotion vient à quelques-uns, et surtout aux femmes...

Je ferais un plan comme le tien aussi...

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La Bruyère, Les Caractères, Des femmes - La dévotion vient à quelques-uns, et surtout aux femmes...

Merci beaucoup Jean-Luc!

Encore une période d'analyse, puis il faudra que je me mette au plan détaillé... Cet extrait à étudier s'inscrit dans la séquence "Le classicisme; l'art du portrait chez les moralistes classiques". Je pense donc que je dois développer l'importance du portrait des femmes pour mettre en place l'étude de la fausse dévotion.
Sinon, pour mon plan, je pense rester là-dessus pour le moment..

Encore merci pour votre aide à tous en tout cas (oui je sais, je me répète, mais ce texte est le plus difficile à commenter que j'ai eu pour le moment, même mon prof l'a dit! Donc je panique un peu.. beaucoup!)

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La Bruyère, Les Caractères, Des femmes - La dévotion vient à quelques-uns, et surtout aux femmes...

Oupps, je n'avais pas vu la fin de ta réponse Jean-Luc!

Ben, pour l'apologue, le souci c'est que je n'ai pas encore vu l'argumentation, donc je ne sais pas trop!

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La Bruyère, Les Caractères, Des femmes - La dévotion vient à quelques-uns, et surtout aux femmes...

Bonsoir Audrey,

Présente alors cette maxime finale comme le point d'orgue du portrait. Ce fameux portrait est une étude de moeurs critique qui est conclue sur une constatation pratique comme dans les Fables de La Fontaine. Cette maxime indique une constante de la morale de "l'honnête homme" (qui s'applique aussi aux femmes).

Va voir cette page :
http://gallicadossiers.bnf.fr/themes/LitXVII8.htm

La Bruyère défend la première formule et condamne la deuxième forme, les dérives courtisanes. Or la dévotion est bien vue à la cour où le roi sous l'influence de Mme de Maintenon a changé ses comportements libertins pour un rigorisme plus austère.