Quiconque sacrifie sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l'un ni l'autre.

Bonjour,

Je suis tombé de nombreuses fois sur cette phrase qui, contrairement à ce que l'on pense, n'a pas été prononcé par Benjamin Franklin mais il s'agit d'une citation d'une lettre que celui-ci a reçu. Il a ensuite publié ce texte.

Bref, j'essaie depuis un petit moment de comprendre cette phrase :
"Those who would give up Essential Liberty to purchase a little Temporary Safety deserve neither Liberty nor Safety." soit, en français, "Quiconque sacrifie sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l'un ni l'autre."

Et je me demande pourquoi ? Je vais vous donner un exemple (purement inventé par moi même) mais qui prouve, selon moi, l'étrangeté de cette citation :
Imaginons une femme vivant dans un quartier où règne la violence (on est d'accord, cela peut exister). En quoi le fait que cette dame ne veuille pas sortir de chez elle après 20 heures fait d'elle une personne ne méritant ni sécurité, ni liberté ?
On est d'accord, en restant chez elle, elle se prive de liberté mais a plus de sécurité.

Voilà, il s'agit d'un exemple. Je ne comprends vraiment pas où voulait en venir la personne ayant rédigé cette phrase.

Si quelqu'un peut m'aider, je lui en serais très reconnaissant.

Merci beaucoup.

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Quiconque sacrifie sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l'un ni l'autre.

Bonjour,
Voilà mon interprétation :
en s'inféodant à un quelconque pouvoir, l'être se sécurise, cependant il renonce à un pan de sa liberté. Il se met au service d'un plus fort pour se protéger, mais se faisant laisse à cette personne un certain contrôle sur sa vie. C'est lâche, selon cette conception.

La femme qui est dans la rue ne renonce pas à sa liberté lorsqu'elle choisit de rester chez elle : c'est certes un degré de liberté moindre, mais c'est une liberté passive.
Cet exemple ne va pas avec la citation : même si nous considérons que la femme renonce à sa liberté, elle ne la sacrifie pas pour autant ; elle la met entre parenthèse. La notion de durée n'est pas ici présente.

Cependant, j'avoue n'avoir jamais entendu parler de cette citation et ne peut me prononcer avec certitude sur la véritable teneur du message.

J'espère avoir été utile.

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Quiconque sacrifie sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l'un ni l'autre.

La notion de durée n'est pas ici présente.

Elle l'est dans la citation en anglais : "Those who would give up Essential Liberty to purchase a little Temporary Safety deserve neither Liberty nor Safety."

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Quiconque sacrifie sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l'un ni l'autre.

Bonjour,
C'est ce que je voulais dire : la femme de l'exemple ne sacrifie pas sa liberté à jamais, ce n'est que temporaire. Elle peut donc mériter encore l'un et l'autre.

Quiconque sacrifie sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l'un ni l'autre.

Et sacrifier librement sa liberté, ce concept fait-il sens pour vous? N'avons-nous pas accepté le sacrifice de notre liberté de vengeance au profit de la sécurité et de la justice? L'intelligence ne nous permet-elle pas de restreindre librement des libertés pour un profit plus grand?

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Quiconque sacrifie sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l'un ni l'autre.

utilisateur a écrit :

Bonjour,
C'est ce que je voulais dire : la femme de l'exemple ne sacrifie pas sa liberté à jamais, ce n'est que temporaire. Elle peut donc mériter encore l'un et l'autre.

Ah oui, je suis désolé de mon erreur  J'ai mal lu, tu as tout à fait raison !

Quiconque sacrifie sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l'un ni l'autre.

En effet, Alph. Finalement, si le sacrifice de sa liberté est un choix, la possibilité de choix impliquant une notion de liberté, on peut  presque dire qu'on est encore libre!
J'avoue cependant ne pas trop savoir dans quel sens le mot " sécurité" est à prendre dans la phrase citée au début.

Quiconque sacrifie sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l'un ni l'autre.

La femme qui est dans la rue ne renonce pas à sa liberté lorsqu'elle choisit de rester chez elle : c'est certes un degré de liberté moindre, mais c'est une liberté passive.

Ou liberté d'indifférence : en faisant quelque chose, je suis libre dans la mesure où en faisant, j'aurais pu ne pas faire (liberté d'exercice), en faisant quelque chose, j'aurais pu faire autre chose (liberté de spécification). Rappelons que Descartes y voyait le degré le plus bas de la liberté.

Cordialement.

P.-S. Cette idée de sacrifier sa liberté au nom de la sécurité, ce ne serait pas l'un des innombrables reproches que Rousseau formulait contre les thèses de son cher ami Hobbes ?

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Quiconque sacrifie sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l'un ni l'autre.

Ouep, un reproche que Rousseau faisait à Hobbes et son leviatOR

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Quiconque sacrifie sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l'un ni l'autre.

Bonjour,

Delisa a écrit :

En effet, Alph. Finalement, si le sacrifice de sa liberté est un choix, la possibilité de choix impliquant une notion de liberté, on peut  presque dire qu'on est encore libre!
J'avoue cependant ne pas trop savoir dans quel sens le mot " sécurité" est à prendre dans la phrase citée au début.

je continue malgré tout à dire que choisir de sacrifier sa liberté nous confère certes une certaine liberté, mais sur l'instant. Nous ne pouvons par la suite plus revenir en arrière.
La liberté d'indifférence à laquelle je faisais référence dans mon premier message, me semble être une liberté assez restrictive, mais elle reste une liberté.

Je suis d'accord avec vous Alph : je cherchais simplement, dans un premier temps, à trouver sens à cette citation. Je suis d'accord qu'elle reste critiquable dans la mesure où elle se construit sur un paradoxe. Elle renvoie à l'homme par une notion de morale, de valeur ("mériter" ou "deserve"). Mais reste complètement antinomique à l'homme : c'est bien l'intelligence de l'homme qui cherche à se sécuriser en bâtissant des limites. Reste à se demander si ces limites sont restrictives ou n'ouvrent pas un champ plus grand de possibilités.
Je suis effectivement assez d'accord avec l'analyse global de Jean de La Fontaine : savoir courber l'échine de temps en temps, ce n'est pas être lâche, mais malin.