Hugo, Les Misérables, II, I, chapitre 9 - Alors on vit un spectacle formidable...

Bonjour à tous,

J'ai une question préalable qui est :
En quoi les choix narratifs et les procédés d'écriture mis en oeuvre par chacun de ces écrivains influent-ils sur la vision de qu'ils donnent de la guerre.

Je bloque sur le deuxième texte Les Misérables. Le voici :

Alors on vit un spectacle formidable.
Toute cette cavalerie, sabres levés, étendards et trompettes au vent, formée en colonnes par division, descendit, d’un même mouvement et comme un seul homme, avec la précision d’un bélier de bronze qui ouvre une brèche, la colline de la Belle-Alliance, s’enfonça dans le fond redoutable où tant d’hommes déjà étaient tombés, y disparut dans la fumée, puis sortant de cette ombre, reparut de l’autre côté du vallon, toujours compacte et serrée, montant au grand trot, à travers un nuage de mitraille crevant sur elle, l’épouvantable pente de boue du plateau de Mont-Saint-Jean. Ils montaient, graves, menaçants, imperturbables ; dans les intervalles de la mousqueterie et de l’artillerie, on entendait ce piétinement colossal. Étant deux divisions, ils étaient deux colonnes ; la division Wathier avait la droite, la division Delord avait la gauche. On croyait voir de loin s’allonger vers la crête du plateau deux immenses couleuvres d’acier. Cela traversa la bataille comme un prodige.
Rien de semblable ne s’était vu depuis la prise de la grande redoute de la Moskowa par la grosse cavalerie ; Murat y manquait, mais Ney s’y retrouvait. Il semblait que cette masse était devenue monstre et n’eût qu’une âme. Chaque escadron ondulait et se gonflait comme un anneau du polype. On les apercevait à travers une vaste fumée déchirée ça et là. Pêle-mêle de casques, de cris, de sabres, bondissement orageux des croupes des chevaux dans le canon et la fanfare, tumulte discipliné et terrible ; là-dessus les cuirasses, comme les écailles sur l’hydre.

Je pensais parler d'une vision valorisante de la guerre mais je n'en suis pas sure et surtout je n'ai pas d'exemple avec de procédés. Si vous pouviez m'aider ce serait sympa.
Merci d'avance

Hugo, Les Misérables, II, I, chapitre 9 - Alors on vit un spectacle formidable...

Il ne s'agit dans ce texte, ni de valoriser, ni de dévaloriser la guerre, mais de montrer le phénomène qu'on y observe: "d'un même mouvement et comme un seul homme" et "il semblait que cette masse était devenue monstre et n'eût qu'une âme."
C'est un phénomène de fusion spectaculaire: "Alors on vit un spectacle formidable", et "Rien de semblable ne s'était vu depuis..."
Ce spectacle est si étonnant qu'il éclipse la guerre elle-même. Il éclipse tout, il en met plein la vue.

Hugo, Les Misérables, II, I, chapitre 9 - Alors on vit un spectacle formidable...

Bonsoir tout le monde!
J’aurais 4 questions à vous poser:

Je suis en première et nous avions hier à rediger un commentaire sur le tableau de la bataille de Waterloo dressé par Hugo dans les Misérables. Je pense avoir fait une grosse bêtise!

L'EXTRAIT:

L'aide de camp Bernard leur porta l'ordre de l'empereur. Ney tira son épée et prit la tête. Les escadrons énormes s'ébranlèrent.

Alors on vit un spectacle formidable.

Toute cette cavalerie, sabres levés, étendards et trompettes au vent, formée en colonne par division, descendit, d'un même mouvement et comme un seul homme, avec la précision d'un bélier de bronze qui ouvre une brèche, la colline de la Belle-Alliance, s'enfonça dans le fond redoutable où tant d'hommes déjà étaient tombés, y disparut dans la fumée, puis, sortant de cette ombre, reparut de l'autre côté du vallon, toujours compacte et serrée, montant au grand trot, à travers un nuage de mitraille crevant sur elle, l'épouvantable pente de boue du plateau de Mont-Saint-Jean. Ils montaient, graves, menaçants, imperturbables ; dans les intervalles de la mousqueterie et de l'artillerie, on entendait ce piétinement colossal. Étant deux divisions, ils étaient deux colonnes ; la division Wathier avait la droite, la division Delord avait la gauche. On croyait voir de loin s'allonger vers la crête du plateau deux immenses couleuvres d'acier. Cela traversa la bataille comme un prodige.

Rien de semblable ne s'était vu depuis la prise de la grande redoute de la Moskowa par la grosse cavalerie ; Murat y manquait, mais Ney s'y retrouvait. Il semblait que cette masse était devenue monstre et n'eût qu'une âme. Chaque escadron ondulait et se gonflait comme un anneau du polype. On les apercevait à travers une vaste fumée déchirée çà et là. Pêle-mêle de casques, de cris, de sabres, bondissement orageux des croupes des chevaux dans le canon et la fanfare, tumulte discipliné et terrible ; là-dessus les cuirasses, comme les écailles sur l'hydre. Ces récits semblent d'un autre âge. Quelque chose de pareil à cette vision apparaissait sans doute dans les vieilles épopées orphiques racontant les hommes-chevaux, les antiques hippanthropes, ces titans à face humaine et à poitrail équestre dont le galop escalada l'Olympe, horribles, invulnérables, sublimes ; dieux et bêtes.

            En effet j’ai emis une hypothèse sur le fait qu’Hugo y eut fait l’eloge de l’armée de Napoleon Ier qu’il admire afin de montrer l’ecart qu’il présente avec Napoleon III auquel il voue une fureur vengeresse et un mépris sans bornes parce que je sais que Hugo a achevé les Misérables durant sa période d’exil due au coup d’Etat de Napoleon III et qu’il écrivit diverses oeuvres afin de discréditer et abattre le régime de ce dernier.
1)       Quelqu’un saurait me dire si c’est faux?

2)        Au fait un commentaire de trois pages et demi fait en deux heures, c’est fragile?

3)        Le correcteur s’attend t-il à trouver les procedes centraux du textes et sa proper interpretation? Que fait-il s’il ne trouve pas les procedés auxquels il s’attend?



Pour cet extrait c’est ce que j’avais mis comme plan:

-----)        De quelle faҁon Hugo glorifie t-il l’armée de Napoleon Ier?
   
I)Description de l’avancée de l’armée dans un cadre confus
        A) Un narrateur extra-diégétique (fait des interventions, décrit la scène pour la faire vivre au lecteur).
        B) Un cadre confus.
        C)Une montée imperturbable.
    II)Une armée ambivalente.
        A)Armee organisée dirigée par Ney (+Notion du héros collectif)
        B)L’ampleur de la scène (interventions du narrateur “rien de semblable”/”un spectacle formidable”…)
        C) Eloge d’une armée ( registre merveilleux et mythes antiques + comparaison aux hommes-chevaux, etc).
        D)L’hypothèse enoncée ci-dessus.

4)           Est-il bon ce plan?


MERCI d’avance pour vos réponses!