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Le temps du récit, chacun accepte de croire ce qui lui est conté...

Bonjour,
Voilà j'ai une dessertation à faire dont le sujet est assez complexe...
Je voudrais avoir des suggestions pour le plan qui mérite réflexion.


Sujet:
Vous commenterez ces réflexions de Gisèle Mathieu-Castellani (La conversation
conteuse. Les nouvelles de Marguerite de Navarre) Paris, PUF, 1992 :

« Le temps du récit, chacun accepte de croire ce qui lui est conté ; quand vient le
temps du commentaire, chacun retrouve sa propre vision du monde, et conteste celle
du narrateur… La structure d’alternance met en évidence l’opposition entre le temps
de la croyance, celui de l’audition détendue d’un récit, fût-il tragique, et le temps du
soupçon, celui du commentaire, mettant ainsi à mal la règle fondamentale de la
nouvelle, sa prétendue vérité, et celle du narrateur, sa prétendue véridicité ».

voici mon plan:

I) Qu'est ce que l'auditeur attend d'une nouvelle, lorsqu'il "accepte" de croire ce qui lui est conté?

II) Le temps du commentaire et du discernement provoque la confrontation de sa "propre vision du monde" avec celle du narrateur.Peut-il y avoir compromis?

III) La nouvelle revendique-t-elle véritablement la Vérité ou une certaine véridicité?

J'ai pris ce sujet comme piste de réflexion avec des exemples pris dans l'héptaméron qui dans sa forme (oralité/auditoire/commentaires)illustre bien le propos.

Par avance merci pour tout commentaire.

Le temps du récit, chacun accepte de croire ce qui lui est conté...

Bonjour,

Peut-être serait-il judicieux de parler de l’auditeur, car de fait c’est lui qui est au cœur du sujet !
Serions-nous tous fait du même bois, de la même âme, de la même disposition, de la même recherche, de la même subjectivité ?
Pourquoi le temps du récit accepterions-nous de croire ? Nous pouvons vraisemblablement, au mieux nous laisser porter, ou entrer en empathie avec la conteuse qui n’est pas forcément l’auteur ; celle-ci ajoutant déjà sa personnalité au texte, par sa voix ses inflexions, sa gestuelle . Même avec la plus grande rigueur en ce domaine, l'artiste/conteur crée un univers qui se superpose au texte d’origine !

Au sortir de cette audition, chacun à l’aune de sa personnalité décrit ce qu’il a reçu, entendu, voire compris, ce que cela lui a apporté ou ce qu’il conteste. Il en parle à travers son propre prisme, qui ne peut être celui de son voisin ! Nos psychologies, nos formations sont toutes différentes. L’individualité, le caractère reprennent leurs droits. Il adhère ou critique et peut argumenter, si tant est que l’on ne soit pas là simplement à écouter un fabliau qui est imposé depuis la nuit des temps, telle une légende ! <Cette dernière ne pouvant entrer dans ce cas de figure et prendre la valeur de vérité>

Peu importe que la nouvelle soit véridique, l’auteur et ou la conteuse ont-ils su faire en sorte de convaincre le plus irréductibles des matérialistes, les fameux Thomistes ?
La vérité serait-elle dogmatique ?
Saisissez-vous mes arguments, qui ne sont que miens, évidemment :roll: ?

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Le temps du récit, chacun accepte de croire ce qui lui est conté...

Le sujet invite à réfléchir aux caractéristiques propres du récit dans la nouvelle :
- immersion brutale dans le drame en train de se dérouler,
- brièveté,
- recherche des effets par grossissement, stylisation, cliché...
- présence d'une chute,
- culte de la surprise et donc effet de contraste voulu...

Le narrateur doit séduire, anesthésier l'esprit critique, recourir à la magie des récits oraux... La nouvelle serait-elle proche des contes diffusés pendant les veillées ?

Ces contraintes esthétiques du genre ont sans aucun doute des conséquences sur la vérité réaliste car elles privilégient des accords avec des archétypes culturels afin de rendre le genre plaisant et efficace.

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Le temps du récit, chacun accepte de croire ce qui lui est conté...

Bonjour,
Tout d'abord merçi infiniment pour votre aide précieuse.
Vos réflexions m'ont aidé à avancer dans mon plan bien que je peine encore à établir une vraie problématique,avec illustrations etc...