Hugo, Notre-Dame de Paris, I, 5 - C'était une merveilleuse grimace...

Bonjour à tous, je suis à l'université en Belgique comme future professeur(e) de français. Dans ce cadre, j'ai des stages à donner. L'un d'eux est une présentation de Victor Hugo avec choix d'un extrait et analyse de celui-ci.

Destiné à des secondes (4ème secondaire en Belgique), j'ai choisi Notre-Dame de Paris dont voici l'extrait (que j'ai choisi) :

C’était une merveilleuse grimace, en effet que celle qui rayonnait en ce moment au trou de la rosace. Après toutes les figures pentagones, hexagones et hétéroclites qui s’étaient succédé à cette lucarne sans réaliser cet idéal du grotesque qui s’était construit dans les imaginations exaltées par l’orgie, il ne fallait rien moins, pour enlever les suffrages, que la grimace sublime qui venait d’éblouir l’assemblée. Maître Coppenole lui-même applaudit ; et Clopin Trouillefou, qui avait concouru, et Dieu sait quelle intensité de laideur son visage pouvait atteindre, s’avoua vaincu. Nous ferons de même. Nous n’essaierons pas de donner au lecteur une idée de ce nez tétraèdre, de cette bouche en fer à cheval, de ce petit œil gauche obstrué d’un sourcil roux en broussailles tandis que l’œil droit disparaissait entièrement sous une énorme verrue, de ces dents désordonnées, ébréchées çà et là, comme les créneaux d’une forteresse, de cette lèvre calleuse sur laquelle une de ces dents empiétait comme la défense d’un éléphant, de ce menton fourchu, et surtout de la physionomie répandue sur tout cela, de ce mélange de malice, d’étonnement et de tristesse. Qu’on rêve, s’il l’on peut, cet ensemble.
L’acclamation fut unanime. On se précipita vers la chapelle. On en fit sortir en triomphe le bienheureux pape des fous. Mais c’est alors que la surprise et l’admiration furent à leur comble. La grimace était son visage.
Ou plutôt toute sa personne était une grimace. Une grosse tête hérissée de cheveux roux ; entre les deux épaules une bosse énorme dont le contrecoup se faisait sentir par devant ; un système de cuisses et de jambes si étrangement fourvoyées qu’elles ne pouvaient se toucher que par les genoux, et, vues de face, ressemblaient à deux croissants de faucille qui se rejoignent par la poignée, de larges pieds, des mains monstrueuses, et, avec toute cette difformité, je ne sais quelle allure redoutable de vigueur, d’agilité et de courage ; étrange exception à la règle éternelle qui veut que la force, comme la beauté, résulte de l’harmonie. Tel était le pape que les fous venaient de se donner.
On eût dit un géant brisé et mal ressoudé.

Bien sûr, on y voit la description romantique du grotesque et l'antithétique sublime grotesque de Hugo (merveilleuse grimace qui rayonne par exemple).

Mais... que dire d'autre? Je trouvais l'extrait assez chouette pour ces élèves (vu leurs connaissances minimes voire nulles de Hugo...) mais je ne trouve pas beaucoup d'éléments d'analyse dans le texte (qui introduiraient les idées du Romantisme pourquoi pas)...

Un grand merci à ceux qui auront pris le temps de lire (et peut-être de répondre) à ce post!

Fred.

Hugo, Notre-Dame de Paris, I, 5 - C'était une merveilleuse grimace...

J'ai déjà listé quelques éléments... des ajouts?

- essoufflement dans l'énumération (très longues phrases, peu de raccords),
- idéal de grotesque par les adjectifs pour désigner la laideur de Quasimodo,
- rhétorique dans ("on ne dira pas au lecteur...")
- roux : emblème de monstruosité présent dans énormément de romans de Hugo (L'Homme qui rit, par exemple) et superstition au Moyen-Age
- Quasimodo emblème de l'antithèse entre intérieur et extérieur, leitmotiv du roman,
- "Grimace" répété 5 fois,
- Hyperbole, démesure, fantastique romantique dans les termes choisis,
- Adjectifs vs vraisemblable et harmonieux (Romantique, donc),
- Vie intérieure du monstre dans 3 adjectifs ici et 3 qualités dégagées dans cette description à priori négative
- thème de l'exclusion, évidemment,
- roman historique < Romantisme (et Moyen Age mal aimé du Classicisme → Romantique par excellence ici)
- Mal-être des romantiques : "(jambes) ressoudées, brisées, fourvoyées"...

Je pensais peut-être faire une actualisation quant au thème de l'exclusion de nos jours... Bien ou pas dans un cours de français?

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Hugo, Notre-Dame de Paris, I, 5 - C'était une merveilleuse grimace...

tu pourrais dire en quoi consiste la merveilleuse grimace.
la merveilleuse grimace est appelée comme ça parce que c'était la grimace la plus belle parmi tous..mais le seul probleme c'est que c'etait son visage

Hugo, Notre-Dame de Paris, I, 5 - C'était une merveilleuse grimace...

Mais non, Stefano, pas seulement son visage... Relis le texte !

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Hugo, Notre-Dame de Paris, I, 5 - C'était une merveilleuse grimace...

Bonjour,

Il parait intéressant d'insister sur l'effet de style employé par Hugo: "Nous n'essaierons pas de donner au lecteur une idée..." puis il poursuit la description à travers une certaine énumération d'images où il emploi un vocabulaire non commun à la description d'être humain. Il suggère que le vocabulaire humain est trop limité pour appréhender une telle laideur. Je viens de terminer la lecture de Notre-Dame de Paris et à un second moment seulement de l'oeuvre Hugo emploie cet effet de style. C'est pour décrire la réaction de Paquerette de Chantfleur lorsqu'elle se fait voler sa fille qu'elle vient tout juste de retrouver après 15 ans passés, dépravée, à s'apitoyer sur sa mort. Il semble que l’infinie laideur de Quasimodo ne trouve écho que dans l'abîme infini des souffrances de Paquerette de Chantfleur.

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Hugo, Notre-Dame de Paris, I, 5 - C'était une merveilleuse grimace...

Bonjour, j'ai un commentaire à préparer, sur l'extrait de de notre dame de paris de Hugo le chapitre 5 du premier livre.
J'ai élaboré un plan mais j'ai du mal à le compléter vous pouvez m'aider à le compléter
Voici l'extrait :

(La scène se passe à la fin du Moyen Âge. Pour se divertir, le peuple de Paris décide de procéder à l'élection du « pape des fous », un concours de grimaces.)

C'était une merveilleuse grimace, en effet, que celle qui rayonnait en ce moment au trou de la rosace. Après toutes les figures pentagones, hexagones et hétéroclites qui s'étaient succédé à cette lucarne sans réaliser cet idéal du grotesque qui s'était construit dans les imaginations exaltées par l'orgie, il ne fallait rien moins pour enlever les suffrages, que la grimace sublime qui venait d'éblouir l'assemblée. Maître Coppenole lui-même applaudit;et Clopin Trouillefou, qui avait concouru, et Dieu sait quelle intensité de laideur son visage pouvait atteindre, s'avoua vaincu. Nous ferons de même. Nous n'essaierons pas de donner au lecteur une idée de ce nez tétraèdre (1), de cette bouche en fer à cheval, de ce petit oeil gauche obstrué d'un sourcil roux en broussailles tandis que l’œil droit disparaissait entièrement sous une énorme verrue, de ces dents désordonnées, ébréchées çà et là,, comme les créneaux d'une forteresse, de cette lèvre calleuse sur laquelle une de ces dents empiétait comme la défense d'un éléphant, de ce menton fourchu, et surtout de la physionomie répandue sur tout cela, de ce mélange de malice, d'étonnement et de tristesse. Qu'on rêve, si l'on peut, cet ensemble.
L'acclamation fut unanime. On se précipita vers la chapelle. On en fit sortir en triomphe le bienheureux pape des fous. Mais c'est alors que la surprise et l'admiration furent à leur comble. La grimace était son visage.

Ou plutôt toute sa personne était une grimace. Une grosse tête hérissée de cheveux roux ; entre les deux épaules une bosse énorme dont le contre-coup se faisait sentir par-devant un système de cuisses et de jambes si étrangement fourvoyées qu'elles ne pouvaient se toucher que par les genoux, et, vues de face, ressemblaient à deux croissants de faucilles qui se rejoignent par la poignée ; de larges pieds, des mains monstrueuses ; et, avec toute cette difformité, je ne sais quelle allure redoutable de vigueur, d'agilité et de courage ; étrange exception à la règle éternelle qui veut que la force, comme la beauté, résulte de l'harmonie. Tel était le pape que les fous venaient de se donner.
On eût dit un géant brisé et mal ressoudé.
Quand cette espèce de cyclope parut sur le seuil de la chapelle, immobile, trapu, et presque aussi large que haut, carré par la base, comme dit un grand homme, à son surtout (2) mi-parti (3) rouge et violet, semé de campaniles (4) d'argent ' et surtout à la perfection de sa laideur, la populace le reconnut sur-lechamp, et s'écria d'une voix:
- C'est Quasimodo, le sonneur de cloches ! c'est Quasimodo, le bossu de Notre -Dame! Quasimodo le borgne! Quasimodo le bancal ! Noël ! Noël (5)
On voit que le pauvre diable avait des surnoms à choisir. -Gare les femmes grosses (6) ! criaient les écoliers.
- Ou qui ont envie de l'être, reprenait Joannes.
Les femmes en effet se cachaient le visage.
- Oh! le vilain singe, disait l'une.- Aussi méchant que laid, reprenait une autre.- C'est le diable, ajoutait une troisième.

Victor HUGO, Notre-Dame de Paris, Livre 1, chapitre V,

Voici ma problématique :
Comment Victor HUGO interpelle le lecteur à travers le portrait de QUASIMODO ?
Mon plan :
I/ Quasimodo, un personnage monstrueux.
    A- description du visage
    B- description du physique
II/Quasimodo proche de humain.( Quasimodo n'est pas si differents que l'être humain)
    A-issue de malformations / anomalies
  (  B- caractère d'humain: c'est à dire il est agile,courageux (j'aurais pas tellement d'analyse pour prouver cette sous-partie))

Mes questions:
La problématique est-elle convenable? Mes grandes parties répondent-elle à ma problématique,et sont-elle suffisante pour un COMMENTAIRE LITTERAIRE ?
Pouvez-vous m'aider a compléter mon plan s'il est correct ?? car je ne trouve plus grands choses à dire !

Respectueusement

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Hugo, Notre-Dame de Paris, I, 5 - C'était une merveilleuse grimace...

merveilleuse grimace

Tout est dans cet oxymore.

Quasimodo : effrayant ou fascinant ?

Un visage monstrueux
- les éléments dépréciatifs
- images : comparaisons et métaphores
- la grimace était son visage

Un personnage grandi
- une espèce de cyclope
- le pape des fous
- le sonneur de cloches

Une figure immortalisée
- le trou de la rosace (comme une auréole)
- déconstruction et géométrie
- comme un vitrail

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Hugo, Notre-Dame de Paris, I, 5 - C'était une merveilleuse grimace...

Donc mon plan n'est pas convenable ?
Vos éléments serais une partie ?

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Hugo, Notre-Dame de Paris, I, 5 - C'était une merveilleuse grimace...

Ce que tu appelles ton plan n'a pas de problématique et les axes proposés incitent aux redites.

Si tu te comprends pas ma suggestion, laisse et continue à analyser le texte.

10 (Modifié par Polysucess 19/04/2015 à 08:01)

Hugo, Notre-Dame de Paris, I, 5 - C'était une merveilleuse grimace...

Finalement, ma problématique et mon plan ne sont pas adéquat !
J'aimerais la comprendre, je pense que les éléments sont très utiles.
J'ai continué l'analyse du texte mais je n'arrive pas a trouvé d'autres éléments