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Racine, Phèdre, acte II, scène 5

Bonjour,

J'ai un bac blanc oral bientôt et ce sera sur la pièce de théâtre Phèdre.
Je devrais faire un commenaite sur L'aveu de Phèdre à Œnone, par rapport
à cette question : Quelles sont les fonctions de cette tirade ? , je voudrais avoir quelque
idée de plan, en 3 parties si c'est possible, je n'arrive pas à trouver, enfin pas par rapport avec cette question.
Merci

j'avais fait :

I Amour interdit
II l'aveu
III Rôle de l'aveu

Mais bon je pense pas que ce soit bon

Scène 5

Phèdre, Hippolyte, Œnone.
PHÈDRE, à Œnone, dans le fond du théâtre.
Le voici : vers mon cœur tout mon sang se retire.
J’oublie, en le voyant, ce que je viens lui dire.
ŒNONE
Souvenez-vous d’un fils qui n’espère qu’en vous.
PHÈDRE
On dit qu’un prompt départ vous éloigne de nous,
Seigneur. À vos douleurs je viens joindre mes larmes ;
Je vous viens pour un fils expliquer mes alarmes.
Mon fils n’a plus de père ; et le jour n’est pas loin
Qui de ma mort encor doit le rendre témoin.
Déjà mille ennemis attaquent son enfance :
Vous seul pouvez contre eux embrasser sa défense.
Mais un secret remords agite mes esprits :
Je crains d’avoir fermé votre oreille à ses cris ;
Je tremble que sur lui votre juste colère
Ne poursuive bientôt une odieuse mère.
HIPPOLYTE
Madame, je n’ai point des sentiments si bas.
PHÈDRE
Quand vous me haïriez, je ne m’en plaindrais pas,
Seigneur : vous m’avez vue attachée à vous nuire ;
Dans le fond de mon cœur vous ne pouviez pas lire.
À votre inimitié j’ai pris soin de m’offrir :
Aux bords que j’habitais je n’ai pu vous souffrir ;
En public, en secret, contre vous déclarée,
J’ai voulu par des mers en être séparée ;
J’ai même défendu, par une expresse loi,
Qu’on osât prononcer votre nom devant moi.
Si pourtant à l’offense on mesure la peine,
Si la haine peut seule attirer votre haine,
Jamais femme ne fut plus digne de pitié,
Et moins digne, seigneur, de votre inimitié.
HIPPOLYTE
Des droits de ses enfants une mère jalouse
Pardonne rarement au fils d’une autre épouse ;
Madame, je le sais : les soupçons importuns
Sont d’un second hymen les fruits les plus communs.
Tout autre aurait pour moi pris les mêmes ombrages,
Et j’en aurais peut-être essuyé plus d’outrages.
PHÈDRE
Ah, seigneur ! que le ciel, j’ose ici l’attester
De cette loi commune a voulu m’excepter !
Qu’un soin bien différent me trouble et me dévore !
HIPPOLYTE
Madame, il n’est pas temps de vous troubler encore :
Peut-être votre époux voit encore le jour ;
Le ciel peut à nos pleurs accorder son retour.
Neptune le protège ; et ce dieu tutélaire
Ne sera pas en vain imploré par mon père.
PHÈDRE
On ne voit point deux fois le rivage des morts,
Seigneur : puisque Thésée a vu les sombres bords,
En vain vous espérez qu’un dieu vous le renvoie ;
Et l’avare Achéron ne lache point sa proie.
Que dis-je ? Il n’est point mort, puisqu’il respire en vous.
Toujours devant mes yeux je crois voir mon époux :
Je le vois, je lui parle ; et mon cœur... je m’égare,
Seigneur ; ma folle ardeur malgré moi se déclare.
HIPPOLYTE
Je vois de votre amour l’effet prodigieux :
Tout mort qu’il est, Thésée est présent à vos yeux ;
Toujours de son amour votre âme est embrasée.
PHÈDRE
Oui, prince, je languis, je brûle pour Thésée :
Je l’aime, non point tel que l’ont vu les enfers,
Volage adorateur de mille objets divers,
Qui va du dieu des morts déshonorer la couche ;
Mais fidèle, mais fier, et même un peu farouche,
Charmant, jeune, traînant tous les cœurs après soi,
Tel qu’on dépeint nos dieux, ou tel que je vous voi.
Il avait votre port, vos yeux, votre langage ;
Cette noble pudeur colorait son visage,
Lorsque de notre Crête il traversa les flots,
Digne sujet des vœux des filles de Minos.
Que faisiez-vous alors ? Pourquoi, sans Hippolyte,
Des héros de la Grèce assembla-t-il l’élite ?
Pourquoi, trop jeune encor, ne pûtes-vous alors
Entrer dans le vaisseau qui le mit sur nos bords ?
Par vous aurait péri le monstre de la Crête,
Malgré tous les détours de sa vaste retraite :
Pour en développer l’embarras incertain,
Ma sœur du fil fatal eût armé votre main.
Mais non : dans ce dessein je l’aurais devancée ;
L’amour m’en eût d’abord inspiré la pensée.
C’est moi, prince, c’est moi, dont l’utile secours
Vous eût du labyrinthe enseigné les détours.
Que de soins m’eût coûtés cette tête charmante !
Un fil n’eût point assez rassuré votre amante :
Compagne du péril qu’il vous fallait chercher,
Moi-même devant vous j’aurais voulu marcher ;
Et Phèdre au labyrinthe avec vous descendue
Se serait avec vous retrouvée ou perdue.
HIPPOLYTE
Dieux ! qu’est-ce que j’entends ? Madame, oubliez-vous
Que Thésée est mon père, et qu’il est votre époux ?
PHÈDRE
Et sur quoi jugez-vous que j’en perds la mémoire,
Prince ? Aurais-je perdu tout le soin de ma gloire ?
HIPPOLYTE
Madame, pardonnez : j’avoue, en rougissant,
Que j’accusais à tort un discours innocent.
Ma honte ne peut plus soutenir votre vue ;
Et je vais…
PHÈDRE
Ah, cruel ! tu m’as trop entendue !
Je t’en ai dit assez pour te tirer d’erreur.
Eh bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur :
J’aime ! Ne pense pas qu’au moment que je t’aime,
Innocente à mes yeux, je m’approuve moi-même ;
Ni que du fol amour qui trouble ma raison
Ma lâche complaisance ait nourri le poison ;
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m’abhorre encor plus que tu ne me détestes.
Les dieux m’en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc
Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;
Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle
De séduire le cœur d’une faible mortelle.
Toi-même en ton esprit rappelle le passé :
C’est peu de t’avoir fui, cruel, je t’ai chassé ;
J’ai voulu te paraître odieuse, inhumaine ;
Pour mieux te résister, j’ai recherché ta haine.
De quoi m’ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus, je ne t’aimais pas moins ;
Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
J’ai langui, j’ai séché dans les feux, dans les larmes :
Il suffit de tes yeux pour t’en persuader,
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder…
Que dis-je ? cet aveu que je te viens de faire,
Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?
Tremblante pour un fils que je n’osais trahir,
Je te venais prier de ne le point haïr :
Faibles projets d’un cœur trop plein de ce qu’il aime !
Hélas ! je ne t’ai pu parler que de toi-même !
Venge-toi, punis-moi d’un odieux amour :
Digne fils du héros qui t’a donné le jour,
Délivre l’univers d’un monstre qui t’irrite.
La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t’échapper ;
Voilà mon cœur : c’est là que ta main doit frapper.
Impatient déjà d’expier son offense,
Au-devant de ton bras je le sens qui s’avance.
Frappe : ou si tu le crois indigne de tes coups,
Si ta haine m’envie un supplice si doux,
Ou si d’un sang trop vil ta main serait trempée,
Au défaut de ton bras prête-moi ton épée ;
Donne.
ŒNONE
Que faites-vous, madame ! Justes dieux !
Mais on vient : évitez des témoins odieux !
Venez, rentrez ; fuyez une honte certaine.

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Racine, Phèdre, acte II, scène 5

effectivement c'est pas terrible ce plan. 
mais il y a sur internet beaucoup d'études sur cette scène.  tu peux aller jeter un oeil dessus et faire une sorte de bilan de toutes les informations. le plan t'apparaitra très clairement j'en suis sûre.
bon courage

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Racine, Phèdre, acte II, scène 5

oui j'ai cherché mais tout les commentaire et leur plan ne corresponde pas à ma question :s

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Racine, Phèdre, acte II, scène 5

Bonsoir Auberstar,

1 L' "amour-maladie".
2 Mise en oeuvre de la terreur et de la pitié : La passion de Phèdre est terrifiante. Mais c'est aussi une malade pitoyable.
Une malade peut-elle être coupable de sa maladie ?
Phèdre nous reste sympathique car nous pensons qu'elle est plus victime que coupable. D'ailleurs toute sa famille n'est-elle pas poursuivie par "la haine de Vénus" ?
3 La mécanique infernale est lancée : Phèdre, violentée par Oenone, a été dépossédée de son secret, les digues ont lâché.

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Racine, Phèdre, acte II, scène 5

Salut,

déjà merci pour ton plan, il est très bien, tellement bien que c'est presque le même que celui de ma prof lol, :

I)  La passion amoureuse : une pathologie
II) Phèdre une victime coupable
III) La radicale incompatibilité de l'amour et du mariage

Le problème c'est que pour les quelques personnes qui sont déjà passé à l'oral, ceux qui on pris les même plan que les commentaires du prof on eu 0 et d'après elle ils ne répondaient pas du tout à la question posée, qui est pour l'aveu de phèdre à oenone : Quelles sont les fonctions de cette tirade ? " .

Par contre j'ai trouvé ça quelque part :
Fonction de cette scène, à quoi sert l’aveu ? :

Mais cette scène n’est pas sans utilité, il s’agit de l’acte d’exposition. L’aveu a valeur d’explication pour le spectateur. Oenone lui sert de relais. C’est la double énonciation théâtrale. De plus, l’aveu soulage Phèdre (v.312).

Je dirais :

I Une scène d'exposition
II Conséquence pour phèdre
III .....
Peut être que j'me trompe mais bon je suis la pour être aidé c'est normal
Merci d'avance.

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Racine, Phèdre, acte II, scène 5

Bonjour Auberstar,

Merci pour le compliment qui m'honore.
Tu as encore un doute.
Pourquoi inventer l'eau tiède quand tu as déjà l'eau chaude ? 
Je crois que tu n'as pas mesuré le poids des mots.
Le plan que je t'ai proposé répond-il à la question ? l'essentiel pour l'épreuve orale de l'EAF où la récitation du cours ou du commentaire étudié en classe est source de déconvenue certaine. 

Reprenons !
Fonction de cette tirade :
1 - Oui d'accord pour un complément à la scène d'exposition (fonction informative)
2 - l'amour maladie (fonction moraliste : Racine dénonce les dangers de la passion, fonction psychologique : Racine présente un des ressorts du caractère de Phèdre, fonction dramatique : la terreur et la pitié)
3 - La mécanique infernale est lancée : Phèdre, violentée par Oenone, a été dépossédée de son secret, les digues ont lâché. (fonction dramatique : Racine utilise cet aveu pour que l'action démarre et arrive par paliers à son paroxysme, fonction tragique : irruption du monde des dieux et de la mort)

Bon entretien !

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Racine, Phèdre, acte II, scène 5

Okay,

Je comprends mieux comme ça.
Je vais donc essayer.
Merci beaucoup.

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Racine, Phèdre, acte II, scène 5

tu veux dire quoi par " fonction psychologique : Racine présente un des ressorts du caractère de Phèdre"

Merci

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Racine, Phèdre, acte II, scène 5

Bonjour Auberstar,

Va voir la fiche sur le personnage de Phèdre sur le site
ici
et tu comprendras que la psychologie complexe et contradictoire de Phèdre constitue un des ressorts de l'action tragique.
Nous en reparlons ensuite éventuellement.

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Racine, Phèdre, acte II, scène 5

ouais, merci, ça ma aidé à finir ma deuxième partie,
Par contre pour la troisième partie tu as écrit ça " Phèdre, violentée par Oenone, a été dépossédée de son secret, " et j'ai vu quelque part " elle "accouche" d’une vérité qu’elle porte en elle et qu’elle ne peut plus cacher " donc d'un coté on la force à dire la vérité d'ou le mot "dépossédée" et de l'autre c'est phèdre qui décide de dire la vérité. Je prends quelle version ?
Merci d'avance.