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Les difficultés du métier de professeur de français en collège et lycée

Bonjour

Dans le cadre d'une réflexion menée sur la construction de mon projet professionnel, on me demande de prendre connaissance des difficultés réelles du métier de professeur dans les collèges et les lycées.

Les difficultés peuvent être de plusieurs ordres :

difficultés à poser son autorité et à organiser sa classe
difficultés à passer du savoir dont on dispose au partage de ces connaissances avec les élèves : adapter sa pédagogie
difficultés à s'adapter à l'évolution parce que tirailler entre les textes officiels et 'lévolution réelle de la société
difficultés à travailler en équipe interdisciplinaire et/ou intercycle

Merci de partager vos expériences avec moi.

Flo qui a besoin d'un regard objectif

Les difficultés du métier de professeur de français en collège et lycée

Difficulté à gérer des adolescents en crise avec leurs hormones qui les chatouillent continuellement.

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Les difficultés du métier de professeur de français en collège et lycée

Bonjour

Plus précisément.

Je n'ignore pas que les hormones les tricotent.
Précisez ces difficultés.

Flo
Juste une remarque

Si votre quotidien se borne à gérer les hormones de vos ados, qu'ont-ils appris à la fin de l'année ? Ont-ils au moins appris à mieux tricoter les lettres avec leurs hormones pour ne pas faire de trous conséquents dans le filet des connaissances à acquérir ?

Hummmmm..... Pas suffisant.......

Trève de plaisanteries
J'attends des réponses un peu plus avisées, réfléchies, sérieuses. Bref dignes de professeurs capables de prendre du recul et d'analyser leur quotidien. Euh et je n'attends pas de jugements de valeur. Cela ne m'intéresse pas.

Bonne journée.

Flo

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Les difficultés du métier de professeur de français en collège et lycée

Précisez ces difficultés.

S'il vous plaît.

Les difficultés du métier de professeur de français en collège et lycée

Oseriez-vous dire que je suis une mauvaise prof ? Je suis choquée ! Si vous n'ignorez pas que les "hormones les tricotent" comme vous dites, pourquoi ne pas l'avoir noté dans votre message de départ ? C'est une honte. Tout ceci est pourtant l'un des problèmes majeurs, que dis-je, le plus important même ! Il va sans dire que les hormones qui tricotent, c'est important dans les difficultés que rencontrent un professeur, je vous le prouve tout de suite, chère madame impolie :

- l'élève garçon du fond se mettra toujours au fond de la classe sans rien écouter car il sera trop absorbé dans la contemplation du string à paillettes de sa voisine juste devant, qui, comble du chic, fait généralement exprès de montrer ses dessous au premier pseudo-mâle venu, tout luisant de sueur car déjà en proie à une imagination débordante et ayant déjà enclenché le processus du fantasme. Celui-ci est complètement absorbé dans sa contemplation et ne pense plus à rien d'autre si ce n'est faire des commentaires salaces à son voisin pseudo-mâle qui est, lui, absorbé dans une toute autre contemplation : celle de l'arrière-train de la prof. C'est une grande difficulté pour un professeur que d'essayer de lutter avec un string à paillettes à coup de Voltaire et de belles lettres.

- l'élève fille qui se veut femme fera tout ce qu'elle peut pour attirer l'attention des pseudo-mâles : cris, bruits divers avec la bouche, parades amoureuses dans le même style que les animaux, rires puissants, caquètements et autres croassements. Si elles pouvaient agiter leur plumage comme les oiseaux, ou changer de couleur de plumes pour se faire remarquer, elles le feraient. Outre le côté anthropologique très intéressant de ces diverses pratiques, vous imaginez bien que cela crée quelques menues difficultés pendant le cours.


Excusez le côté blagueur et désinvolte de ces messages mais vous avez l'air de prendre tout cela tellement au sérieux que ça me fait bien rire et j'en profite un peu. Sans animosité aucune 

Les difficultés du métier de professeur de français en collège et lycée

Outre le côté anthropologique très intéressant de ces diverses pratiques

C'est le côté le plus intéressant, non ? Je me dit quelquefois que ma vocation pour le professorat est celle d'un anthropologue raté.

Oseriez-vous dire que je suis une mauvaise prof ? Je suis choquée !

Je ne pense pas que c'était le fond de la pensée de florianna14. Simplement, on ne pouvait pas supposer la merveilleuse analyse qui se cachait derrière un monoligne à l'apparence de blague.

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Les difficultés du métier de professeur de français en collège et lycée

c'est dur d'être proffesseur de français dans le collège et le lycée car les élèves vous traites comme leur amis et sa je ne peut pas le tolérer

Les difficultés du métier de professeur de français en collège et lycée

lucasmorel a écrit :

c'est dur d'être proffesseur de français dans le collège et le lycée car les élèves vous traites comme leur amis et sa je ne peut pas le tolérer

Mais rassure-moi, tu en as un ?

Les difficultés du métier de professeur de français en collège et lycée

In illo tempore..., il y a plus de cinquante ans...

J'avais besoin de gagner du fric pour vivre et je m'étais commis à faire des cours payés que subissaient des postiers qui avaient en vue des concours des postes ("inspecteur élève" - je ne sais pas si vous comprenez ce que çà veut dire - je n'ai jamais su, mais ne me le suis guère demandé).

Couac il en soit, j'avais pris un parti essentiellement amical, car j'avais et ai toujours une amitié spontanée pour le postier parce que le travail qu'il a choisi rend service.

Ils avaient tendance à faire des copies. Je leur répondais sur une autre feuille, comme à une lettre.
J'intéressais certains, je foutais la paix aux autres.

J'étais payé.

Certains en redemandaient. J'allais donc, une fois par semaine, en dehors de l'établissement chez un élève qui réunissait les amateurs à qui j'avais parlé de Gide une année, de Giraudoux, la suivante.

Ce n'était pas un métier.
Beaucoup plus tard.

J'habitais à la campagne, au bord d'une rivière, près d'un barrage où venait un héron, et pour ne pas être trop seul, j'avais acoquiné une espèce de sorte de parisien du 16ème qui avait été condisciple, pour écrire à deux sur la Bresse en interviewant 3 paysans, 2 manouches, un notaire, un curé, 2 gendarmes, etc...
Celui-ci rodomontait en flemmardisant, n'arrivait pas à me dénicher dans le brouillard et conduisait sa grosse auto au Sofitel, en sorte qu'après son "jogging", au moment du breakfast, il avait trouvé le titre à son insu "La Bresse on s'en fout", et rien fait d'autre.
Mais il était très lancé dans la formation en entreprise et un jour qu'une immense société avait fait rouvrir la station des Arcs hors saison pour faire un tintammrre, il m'avait cueilli avec son auto pour participer à l'apothéose d'ouverture qui était qualifiée de "formation" (de vendeurs naturellement).

Il avait jeté ses aphorismes, fait scintiller ses paillettes, gonflé ses biscotos et en avait mis plein la vue avant de se rasseoir comblé et épuisé en me passant la parole.
Lentement, modestement, j'avais soulevé ma carcasse, et une fois sur le podium, avais posé cette question banale et toute simple: "Qu'est-ce qui est difficile: vendre ou être vendeur ?"
Je vous laisse deviner la suite.
Mon petit-fils m'envoie son bac blanc et ajoute: "Si tu as le temps et l'envie, j'aimerais que tu fasse ce devoir et me l'envoie", ce que je fais volontiers et avec plaisir.
Quant à être professeur, ou autre chose, ou quoi que ce soit, c'est pour moi absolument impossible. Je peux être là si je m'y mets. Un point c'est tout.

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Les difficultés du métier de professeur de français en collège et lycée

Irony a écrit :

Oseriez-vous dire que je suis une mauvaise prof ? […]

Bonjour

Je ne suis pas là pour juger de votre valeur, de votre compétence. Ce n'est pas mon boulot. Il y a des gens formés pour cela à l'éducation nationale. Je ne me permettrai pas de porter le moindre jugement sur les compétences, les aptitudes de quelqu'un que je ne connais pas, avec qui je ne travaille pas au quotidien. Jamais, je ne me le permettrai. Il faut des outils d'évaluations que je ne connais pour le faire. Ce sont des faits concrets que je souhaite lire pour pouvoir mener ma propre réflexion sur mes propres aptitudes à faire face à des situations-problèmes. Mais surtout pas juger de la valeur de quelqu'un.

C'est le problème des enseignants. Pour être entourée d'amies enseignantes, je sais de quoi je parle. Il est difficile d'avoir des échanges avec elles, d'une part parce qu'il y a fatigue physique et psychique, l'usure, le burn-ourt. Ensuite, parce qu'en évoquant leurs difficultés, les enseignants craignent toujours d'être jugés sur leur valeur, leurs aptitudes.

Je dois donc être très claire. Je ne suis pas là pour juger de vos aptitudes et de vos compétences face aux situations-problèmes. Chacun a ses propres faiblesses. Chacun a ses limites, ses difficultés, ses incapacités à faire face à telle ou telle situation parce qu'il y at toute une histoire personnelle qui amène à telle ou telle réaction. Nous avons tous des forces qui amèneront à faire face plus facilement à telle situation plutôt qu'à telle autre. Et, personne ne réagit de la même manière face à une même situation. Je ne ferai peut-être pas mieux que vous.

Ceci vous aidera peut-être à comprendre la situation qui m'attend et ce qui motive ma réflexion, en plus de l'entretien. A croire qu'il n'y a pas de hasard dans la vie
-http://www.france5.fr/a-vous-de-voir/archives/61396551-fr.php
L'émission s'appelle "Double peine". Notre double peine est d'être femme et handicapé. Emission à lire pour comprendre. Et, visiblement, l'éducation nationale est loin d'être un ange.

Seulement pour savoir comment je serai capable de faire face à des situations-problèmes, j'ai besoin d'en connaitre un certain nombre pour réfléchir dessus. Je fais cette requête parce que la question m'a été posée lors d'un entretien pour la définition de mon projet personnel. Je suis en situation de handicap et pour faire la même chose que vous, et essayer de passer outre la discrimination (matière phare de l'éducation nationale, le plus mauvais employeur de personnels en situation de handicap), il faut arriver en sachant clairement de quoi on parle, être conscient des tenants des aboutissants de la profession

J'ai une réflexion séireuse à mener. Pas une pièce de théâtre à jouer. Si je voulais transformer mon entretien en un one man show, je le ferai bien volontier. Mais, là je n'ai pas le temps de jouer. Je dois me battre avec de solides armes.

J'attends quelque chose d'effectivement plutôt sérieux et concret : des faits à partir desquels je peux mener une vraie réflexion. Je n'ai pas le choix. A une personne en situation de handicap, on lui demande de décrocher la lune que les valides ne parviennent pas à décrocher. On nous demande de ne pas avoir de failles. La méchanceté est telle que cela relève de la discrimination mais on doit faire face à l'ignorance et la bétise humaine en matière de handicap. Regardez donc l'émission que j'ai mis en lien et vous comprendrez un petit peu ce que l'ignorance ou le manque de volonté de faire face à un situation de handicap peut exiger des gens. Je ne vous souhaite pas de rejoindre notre milieu. Car, là vous y apprendrez que chaque jour, c'est une nouvelle bataille, un nouveau combat qu'il faut mener. Le quotidien est loin d'être rose mais il rend plutôt imaginatif, créatif, anticipateur, prévoyant.....

Donc autant dire que je n'ai franchement pas le temps de jouer.

Je remercie tous ceux qui m'ont répondu et qui me répondront

J'ai trouvé l'arrêté du 19 décembre 2006 publié dans le B.O n°1 du 4 janvier 2007 pour nourrir ma réflexion puisqu'évoquer les difficultés, les vraies semblent être tabou. Les élèves peuvent bien vous traiter comme ils vous traitent. Le dialogue semble impossible. Il y a déjà un mur dans la communication entre eux et vous. Caz c'est une difficulté de taille c'est clair

Merci à tous

Florence