La poésie cesse-t-elle d'être poésie lorsqu'elle décide de s'engager, de lutter contre les problèmes de notre société ?

Bonjour, j'ai une dissertation à faire, voilà le sujet :

La poésie cesse-t-elle d'être poésie lorsqu'elle décide de s'engager, de lutter contre les problèmes de notre société ?

Je me creuse la tête depuis des heures essayant plusieurs solutions mais sans succès car je coince à chaque fois.

J'avais pensé :
I) La poésie engagée dans la poésie.
II) La poésie engagées n'est pas poésie.
III) Les limites de la poésie engagée pour correspondre au genre poétique.

Ou encore j'avais pensé à la vie = combat et la poésie = fantaisie et par conséquent elle ne satisfaire 2 convictions.

Je ne sais vraiment pas où m'orienter :s

La poésie cesse-t-elle d'être poésie lorsqu'elle décide de s'engager, de lutter contre les problèmes de notre société ?

L’activité poétique est trop sensible pour se mêler aux choses publiques .En effet si d'aucuns pensent la poésie doit son nom au seul fait qu'elle doit rester toujours un moyen d'exaltation de ses sentiments ou émotions personnelles ou en un mot cette activité ludique ou lyrique et pour d'autres la poésie sert de moyen de lutte ou de conscientisation de la société; ou encore un moyen de résolution des conflits sociaux.C'est dans ce sillage que ce sujet affirme ; La poésie cesse t elle d’être poésie lorsqu'elle décide de s'engager; de lutter contre les problèmes de notre société.'autrement la poésie ne rime pas avec l'acte d'engagement si non au risque de se dénaturer
Dans un premier nous essayerons de voir que l’activité poétique sert de moyen de lutte contre les vices de la société
Et voir en fin que la poésie est trop sensible pour se mêler aux choses publiques

3

La poésie cesse-t-elle d'être poésie lorsqu'elle décide de s'engager, de lutter contre les problèmes de notre société ?

Le poète doit-il ou non s'engager ? la poésie a-t-elle pour seules fonctions le lyrisme et le jeu sur le langage ? le poète démérite-t-il quand il s'engage ?
Le débat n'est pas nouveau et ... il ne faut pas se hâter de répondre ou de trancher ...

Depuis longtemps déjà la notion d'engagement en poésie a divisé les poètes eux-mêmes et deux conceptions s'affrontent : L'engagement accomplissement et l'engagement regression.

Le poète est-il ou non notre contemporain fraternel ? Est-il oui ou non concerné par ce qui nous entoure, par ce qui nous arrive ?


Une poésie doit-elle  réagir à son époque et à ses turbulences ? Le poète, dans ce cas, est au milieu de ses contemporains et se fait porte-voix. On peut parler d'une poésie engagée ...
Oui la poésie peut "réveiller", il existe une poésie engagée même si elle a ses limites. La poésie de la Résistance a joué le rôle d'espoir.

Quelle est la mission du poète : l'événementiel ou l'universel ?

I. Quand la poésie est souffrance et combat
Parlons de l'engagement nécessaire :
"La poésie est une insurrection" Pablo Neruda
Le poète est un voleur de feu.
Le poète veut changer le monde, il propose un autre regard.
Il peut être un porte-voix.( voir la fonction du poète selon Hugo)
Pour les poètes de la Résistance, passer de la poésie pure à la poésie engagée est une nécessité, une mission pour véhiculer l'espoir dans la clandestinité. ( Char, Aragon, Desnos  ...)

II. La poésie a d'autres fonctions :
Quand la poésie exprime la palette des sentiments humains
Quand la poésie est regard sur l'homme et le monde
Quand la poésie est jeu sur le langage

Dénoncer ne suffit pas. Bien des politiques en font un métier. La voix du poète est différente et longtemps après elle résonne au plus profond du coeur des hommes. La vraie poésie sait dépasser l'événement pour atteindre l'universel.

Fonction du poète

Dieu le veut, dans les temps contraires,
Chacun travaille et chacun sert.
Malheur à qui dit à ses frères :
Je retourne dans le désert !
Malheur à qui prend ses sandales
Quand les haines et les scandales
Tourmentent le peuple agité !
Honte au penseur qui se mutile
Et s'en va, chanteur inutile,
Par la porte de la cité !

Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs.
ll est l'homme des utopies,
Les pieds ici, les yeux ailleurs.
C'est lui qui sur toutes les têtes,
En tout temps, pareil aux prophètes,
Dans sa main, où tout peut tenir,
Doit, qu'on l'insulte ou qu'on le loue,
Comme une torche qu'il secoue,
Faire flamboyer l'avenir !

Il voit, quand les peuples végètent !
Ses rêves, toujours pleins d'amour,
Sont faits des ombres que lui jettent
Les choses qui seront un jour.
On le raille. Qu'importe ! il pense.
Plus d'une âme inscrit en silence
Ce que la foule n'entend pas.
Il plaint ses contempteurs frivoles ;
Et maint faux sage à ses paroles
Rit tout haut et songe tout bas !

Peuples! écoutez le poète !
Ecoutez le rêveur sacré !
Dans votre nuit, sans lui complète,
Lui seul a le front éclairé.
Des temps futurs perçant les ombres,
Lui seul distingue en leurs flancs sombres
Le germe qui n'est pas éclos.
Homme, il est doux comme une femme.
Dieu parle à voix basse à son âme
Comme aux forêts et comme aux flots.

C'est lui qui, malgré les épines,
L'envie et la dérision,
Marche, courbé dans vos ruines,
Ramassant la tradition.
De la tradition féconde
Sort tout ce qui couvre le monde,
Tout ce que le ciel peut bénir.
Toute idée, humaine ou divine,
Qui prend le passé pour racine,
A pour feuillage l'avenir.


Il rayonne! il jette sa flamme
Sur l'éternelle vérité !
Il la fait resplendir pour l'âme
D'une merveilleuse clarté.
Il inonde de sa lumière
Ville et désert, Louvre et chaumière,
Et les plaines et les hauteurs ;
A tous d'en haut il la dévoile;
Car la poésie est l'étoile
Qui mène à Dieu rois et pasteurs !

Victor Hugo