Dissertation sur les fonctions de la comédie

Bonjour,
J'ai un super sujet sur la comédie -___- : "Que la comédie fasse rire, tout le monde, s'accorde à le dire toutefois, ce rire peut ne pas être gratuit et revêtir différentes fonctions et enjeux : elle peut par exemple "châtier les moeurs en riant".
Dans quelles mesures y parvient-elle ? Serait-ce sa seule fonction ?

En fait je pensais faire un plan qui parlerait d'une part de la comédie, son origine, les procédes, sa fonction; à savoir, faire rire divertir, permettre l'évasion ( = différentes fonctions), chercher à dédramatiser des situations qui le sont. Le tout grâce à cette définition:  remède plus efficace que toutes les leçons de morale car elle permet de prendre une distance par rapport aux conflits et tensions de la vie.( = catharsis)


Ensuite, dans une deuxième partie, je pensais à l'intention qui se cache derrière ce rire, à savoir chatier les moeurs, les dénoncer; mais également parler du fait qu'on utilise la comédie pour faire passer des idées qu'on ne pouvait pas dire oralement, c'est un moyen de diffusion des idées ( par exemple, tartuffe dénonce les faux dévots, mais fais également réfléchir sur la confiance que l'on porte aux gens). De plus, on peut dire que ça plutôt bien marcher, car aujourd'hui on ne possède plus les défauts des précieuses ridicules par exemple. Elle donne raison aux "gentils" ( don juam; le tartuffe) et appelle à ne pas suivre l'exemple donné par ces deux personnages, elle a une fonction éducative?

Enfin j'hésite à faire un troisième partie pour l'opposer à la tragédie:

J'aimerai savoir ce que vous pensez de ce plan?
De plus j'hésite à citer le Cid qui pour moi fais plus réfléchir sur la notion d'honneur que la dénoncer ( même si c'est une tragicomédie, au départ on appellait comédie toutes pièces de théâtres) et je n'ai pas énormement de référence à part les quelques comédies: Tartuffe, l'avare, le barbier de séville, le mariage de figaro(quelque peur révolutionnaire), dom juan, les fourberies de scapin...

Dissertation sur les fonctions de la comédie

Les Précieuses seraient un excellent exemple, d'autant que tu peux argumenter sur les excès de ce "châtiment" : en effet ces Salons où on se piquait d'écrire et de parler ainsi que Molière le travestit en exagérant, ont aussi été les lieux où s'est élaboré une réflexion sur la langue, la fixation de l'orthographe, la défense de la conjonction "car" etc. Donc ce "châtiment" est disproportionné par rapport à la "faute"

Dissertation sur les fonctions de la comédie

Merci pour cette réponse rapide
Sinon que pensez vous du fait d'opposer dans mon dernier paragraphe tragédie et comédie pour leur rôle , car même si mon sujet concerne la comédie, je pense qu'en faisant la distinction entre les deux, ça ne peut que l'enrichir, mais j'ai peur d'être hors sujet...

Dissertation sur les fonctions de la comédie

Tout dépend avec quelle habilité tu parles de la tragédie. mais je vois que tu as cette idée depuis le début donc tu as sûrment déjà une réflexion à ce propos. Je m'appuierais volontiers sur don Juan, comédie qui a un héros tragique ; ou sur Le Cid "tragi-comédie"

Dissertation sur les fonctions de la comédie

Oui je pensais à ca, pour montrer les limites de la comédie, dire que finalement faire rire n'est peut-être pas indispensable pour convaincre, donner une lesson ( parce que dans la cid, on condamne pas grand chose, c'est plutôt une reflexion sur l'honneur), mais je pense en faire seulement un sous paragraphe et peut être pas une partie entière.

Par contre, pour mon intro, je voulais partir de l'origine de la comédie, mais je préfère la mettre au final dans mon grand I qui porte sur l'origine et le but premier: dédramatisation du quotidient etc...
Donc je préfère introduire sur la notion de rire, je sais pas ce que ça vaut, mais on verra bien...

Merci encore pour l'aide.

Dissertation sur les fonctions de la comédie

Tiens-nous au courant de la note et bonne continuation

Dissertation sur les fonctions de la comédie

Alors, j'ai bien avancé, j'ai fais mon intro et ma première partie, ainsi que ma conclusion partielle, ça donne ça pour l'instant:

Goldschmidt            Vendredi 12 Janvier
Vincent
1ere S Rouge            Dissertation:

Note :   

    Aujourd’hui comme hier, le rire fait partie de notre quotidien. Besoin vital, tout aussi bien pour notre corps que pour notre esprit, il est indispensable à tout être pour trouver un équilibre, une stabilité. Ce rire, qu’il soit gras, nerveux, moqueur, jaune, peut être déclenché par plusieurs facteurs : de la situation rocambolesque, en passant par le simple jeu de regards, au one man show de notre époque jusqu’à la littérature et au théâtre. On peut distinguer en littérature différents types d’ouvrages qui prêtent à rire ou tout du moins à sourire tel que le pamphlet, la satire et autres œuvres polémiques ou tout simplement burlesque à la manière du Pantagruel de Rabelais. En revanche on peut distinguer au théâtre un genre qui se définit par sa capacité à faire rire le lecteur ou le spectateur : la comédie.
Par ailleurs, que la comédie fasse rire, tout le monde s’accorde à le dire, toutefois, ce rire peut ne pas être gratuit et revêtir différentes fonctions. Elle peut par exemple, châtier les mœurs en riant.
Dans quelles mesures y parvient-elle et est-ce là sa seule fonction ?
Nous verrons dans un premier temps le genre théâtral comique, sa fonction première, son originalité puis nous étudierons l’utilisation de la comédie comme moyen de dénonciation des mœurs et enfin nous essaierons de voir quelles sont les limites et l’impact de la comédie de nos jours.

La comédie existe depuis l’antiquité, c’est un genre théâtral ancien qui a toujours trouvé sa place dans le cœur des lecteurs et spectateurs.
Le premier auteur comique que l’histoire connaisse est grec : il s’appelait Epicharme. L’on retiendra des comédies grecques, les onze retrouvées d’Aristophane et Le Dyscolos, de Ménandre comme les plus connues. La comédie est apparue peu après la tragédie, néanmoins, elle aussi à l’occasion des fêtes données en l’honneur de Dionysos chez les grecs où l'on pouvait entendre, dans les cortèges burlesques des plaisanteries et des chansons. Ces manifestations spontanées ont fait place après quelque temps à des représentations plus organisées, des farces, des pantomimes: c'est ainsi qu'est né le théâtre populaire. La comédie reste cependant pendant longtemps un théâtre lié fortement à la tradition populaire. La comédie a connu à travers l’histoire de nombreuses variantes, du mime romain aux mystères, qui mettent en scène, sous la forme d’épisode  avec des effets spéciaux,  la vie des saints ou des martyres à la farce Moyenâgeuse.
On appelle comédie une pièce de théâtre qui possède un dénouement heureux et s’accapare des différentes formes de comique. Comique de situation  misant sur le quiproquo: par exemple dans Le Mariage De Figaro, de Beaumarchais, le jeu de renversement des rôles de Suzanne et de la comtesse pour tromper le comte entraîne des nombreux renversements de situation qui ne correspondent pas à l’effet recherché par les deux dames : « Figaro, à part, entendant le baiser. J’épousais une jolie mignonne » (acte V, scène 6) tandis que le spectateur sait que c’est le comte qui reçoit le baiser et non Suzanne, ou bien misant sur l’absurde, le côté drôle d’une situation qui ne l’est pas, par exemple, dans Le Tartuffe, de Molière, lorsque Orgon est caché sous la table et que le spectateur le voit pâlir tandis qu’apparaisse au grand jour les intentions de son « ami ». Il existe également le comique de mot basé sur les calembours, le patois etc. ou bien encore le comique de caractère (et de répétition) : la caricature est tellement poussée dans l’extrême qu’elle en devient drôle. On peut bien sur citer dans ce cas l’Avare de Molière.
On peut aussi citer le comique de geste, cependant, celui-ci se retrouve essentiellement dans la Commedia Dell’Arte, apparu au 16e siècle. C’est un théâtre populaire originaire d’Italie, qui apporte du renouveau (ou peut-être pas, les grecs utilisant des masques pour jouer dans l’antiquité) en jouant avec des masques. Les comédiens improvisaient leurs textes à partir d’un canevas. On y retrouve des personnages récurrents dans les comédies, comme l’arlequin, personnage joyeux, bon vivant, que l’on retrouve dans L’île des Esclaves de Marivaux, ou bien le Sganarelle, repris souvent par Molière qui s’est beaucoup inspiré de ce théâtre. Il existe d’autres procédés d’humour comme l’ironie, très usité dans toutes les comédies, les figures de rhétoriques, la dérision…
La comédie met en scène des personnages du peuple, à l’inverse de la tragédie qui met en scène des personnages de la noblesse.  Cependant, ces deux types de théâtre se rejoignent car ils permettent la catharsis, à savoir, selon Aristote, « la purgation des passions ». Pare « empathie », le spectateur réagit devant une action souvent absurde ou désespérée. La comédie peut-être considérée comme un « remède plus efficace que toutes les leçons de morale car elle permet de prendre une distance par rapport aux conflits et tensions de la vie »
La tragédie montre « la marche du Destin: le spectateur ne juge pas l'action ou les héros mais apprécie l'intensité du drame existentiel qui se déroule devant ses yeux. »
La comédie a donc également le rôle de libérateur, en se mettant dans la peau de l’acteur, le spectateur oublie les tracas quotidiens et relativise ce qui peut apparaître à chacun comme une situation dramatique ; la comédie peut donc avoir une fonction de dédramatisation et de relaxation par ce que l’on pourrait appelé dans ce cas,  la thérapie du rire.
C’est le même rôle que celui de la tragédie, qui remplit la même fonction, à savoir dédramatiser le quotidiens, cependant, cette fois-ci, en montrant un héros écrasé par son destin inéluctable, le spectateur se sent comme écrasé par le poids du sort et oublie ses propres soucis pour se concentrer sur ceux du comédien.

Cependant, là où la comédie se distingue de la tragédie, c’est dans sa capacité à châtier les mœurs, à dénoncer les travers de la société de l’époque et à proposer des modèles.


Le plan étant:
I Comédie: genre théâtrale à part entière
1) Origine
2) La commedia dell'arte et les différents procédés comiques ainsi que les personnages récurrents dont je vais me servir dans les autres parties
3) But ( faire rire, processus de catharsis et dédramatisation)

II La dénonciation: châtier les moeurs ( le message à faire passer)
1) Critique sociale
2) Religieuse?
3) Des caractères
4)Des modèles à ne pas suivre; une fonction éducative? ( reprendre les perso des caracteres comme dom juan, ou tartuffe ...)

III les limites de la comédie
Parler de l'extreme, tous n'étais pas noir, reprendre l'exemple des précieuses ridicules, puis de l'impact de la comédie moindre aujourd'hui avec la liberté d'expression et d'opinion, remplacé par les comiques, les one man show...


Voilà, vous en pensez quoi?

Dissertation sur les fonctions de la comédie

Mince, j'ai pas fais remonter mon sujet -_-

Dissertation sur les fonctions de la comédie

Vincent ! joli travail !


"Que la comédie fasse rire, tout le monde, s'accorde à le dire toutefois, ce rire peut ne pas être gratuit et revêtir différentes fonctions et enjeux : elle peut par exemple "châtier les moeurs en riant".
Dans quelles mesures y parvient-elle ? Serait-ce sa seule fonction ?

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Dissertation sur les fonctions de la comédie

Je n'ai pas compris, est-ce ironique ? 
Pour l'instant, ce n'est pas fini, je la poste une fois terminée, mais pourquoi avez vous repris ma citation? C'est celle donnée par mon professeur, vous pensez que je fais un hors sujet?

Tant qu'on y est, la suite:
Cependant, là où la comédie se distingue de la tragédie, c’est dans sa capacité à châtier les mœurs, à dénoncer les travers de la société de l’époque et à proposer des modèles.
La comédie, dont la devise est « castigat ritendo mores » (elle corrige les mœurs en riant), semble avoir pour but la critique de la société sans pour autant le laisser paraître. D’ailleurs, cette « propriété » apparaît dès la naissance de ce genre, au IV e avant JC chez Aristophane qui l’a initiée en dénonçant le pouvoir de l’argent.
Depuis la Commedia dell’Arte (fin XVII) aux auteurs les plus récents tels que Feydeau (1862 – 1921) et Giraudoux (1882 – 1944), on remarque que le rire est très présent dans la comédie (ce qui semble normal étant donné le fait que les fêtes données en l’honneur de Dionysos devaient divertir le peuple, et les pièces représentées – des comédies- étaient de type burlesque).En outre, ce rire est provoqué par le simple fait de tourner en dérision les différentes classes sociales, ou certains individus.
On peut constater par exemple qu’il existe de nombreuses comédies faisant, par exemple, une critique sociale, voire politique. On pourrait citer Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, qui dénonce l’abus de pouvoir des maîtres sur leurs servants, et plus largement, le manque de liberté qu’il revendique. Ceci se traduit dans son œuvre par la mise dans une situation ridicule de son ancien ami, le comte Almaviva qui veut « profiter » de la femme de Figaro qui est une de ses servantes : «Mais tu sais tout l’intérêt que je prends à toi. Bazile ne t’a pas laissé ignorer mon amour. » (Scène 8 acte I). C’est également un critique politique. On ne peut évidemment pas oublier de citer l’île des Esclaves de Marivaux où la dénonciation est d’autant plus évidente qu’elle est le moteur de la pièce, les rôles entre maîtres et esclaves sont inversés, cependant, non pas dans un but de vengeance, mais dans un but de compréhension mutuelle des différents parties pour améliorer le quotidien de chacun, comme le dit si bien Trivelin : "Vous avez été leurs maîtres, et vous avez mal agi ; ils sont devenus les vôtres et ils vous pardonnent ; faîtes vos réflexions là-dessus. La différence des conditions n'est qu'une épreuve que les dieux font sur nous". La dénonciation est ici mise en avant grâce en particulier au personnage d’Arlequin, récurrent dans la Commedia Dell’Arte et utilisé ici pour montrer, peut-être, que les serviteurs sont meilleurs que leurs maîtres. C’est par ailleurs belle et bien une comédie, car même si la situation des personnages et Cleanthis rappellent la tragédie grecque, la fin amène le retour à l’ordre, et non au chaos.
Cependant, dans toutes les comédies que l’on peu trouver, nombreuses sont celles qui critiquent la religion. En commençant par Le Tartuffe, de Molière qui met en scène un manipulateur, se faisant passer pour un dévot et arnaquant le patriarche de la famille, Orgon, pour lui voler ses biens. Cette pièce a soulevé de nombreuses polémiques à sa sortie de la part des dévots. Molière savait pertinemment qu’il existait des vrais dévots, mais aussi que d’autres profitaient de la dévotion pour manipuler, et c’est cette catégorie qu’il cherchait à dénoncer. De plus, cette comédie est extrêmement riche, car elle cache également une critique sociale de la famille et une critique de caractères. A la manière de Tartuffe, Dom Juan est l’autre pièce de Molière qui a soulevé nombres débats car son personnage principal est un athée qui ne croit en rien ; il meurt cependant à la fin de la pièce, mais on pourrait y voir là une intervention de Molière pour ne pas subir de censure et de représailles en laissant la « bienséance commune » triomphée.
Cependant, avec cette œuvre, Molière s’attaque également à une dénonciation de ce que l’on pourrait appeler les caractères. Du coureur de jupons au « plus grands des scélérats que la terre ait jamais connu » selon son valet Sganarelle, Dom Juan cumule les fautes. L’auteur dénonce ici les mœurs « libertines » de son époque, mais surtout l’hypocrisie, la manipulation, la tromperie qui sont des défauts inhérents à certains hommes. Les Précieuses Ridicules, du même auteur, axe cette fois ci la dénonciation sur une caractéristique bien précise : le vice social, à savoir tout faire pour le paraître et non pour l’être. Les Précieuses sont cherchent tellement à rentrer dans le moule de la grande société et à l’amplifié, qu’au final, elle se retrouve non seulement ridicule, mais en plus superficielle. On pourrait citer encore moult œuvres tel que L’Avare de Molière, ou seul l’avarice est mise en jeu, de manière remarquable par ailleurs, toujours de Molière, ou encore On ne badine pas avec l’amour, d’Alfred De Musset, qui met ici en évidence la manipulation et dont le titre annonce déjà les intentions de l’auteur, on ne joue pas avec les sentiments


Voilà, plus que mon petit trois et mon grand trois et une bonne conclusion et j'aurai fini.