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Transformer des phrases en langage soutenu

Lysdanslavallee a écrit :

Pour moi, litt c'est encore plus que soutenu... C'est rare. Or, le langage soutenu n'est pas particulièrement rare, il est juste très rare de s'en tenir à un seul registre sans jamais varier. Dans la langue quotidienne, nous mélangeons allègrement les registres, non ?

C'est vrai aussi. Les grandes catégories (familier, courant, soutenu) ont tôt fait de montrer leur limite. J'ai le sentiment - peut-être à tort - que les enseignants du secondaire ont tendance à multiplier ce genre d'expressions plus ou moins hasardeuses : ou pour être mieux compris de leurs élèves, ou parce qu'ils n'en saisissent pas bien les ambiguités. Je faisais réviser l'autre jour à un collégien, dans le cadre d'un cours particulier, les différentes valeurs du présent. Mine de rien, même si l'on sait les différencier, ce n'est pas si évident que cela de les définir sans passer par des considérations un peu fines - comme celles d'énonciation, ou de valeur non temporelle. La définition qui était donnée dans son cours était assez risible : elle n'expliquait rien. Ce n'est qu'un exemple des choses curieuses que j'ai pu observer.

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Pour faire du soutien scolaire auprès d'élèves de primaire, je ne peux qu'être d'accord avec toi : la simplification est souvent soeur de l'appauvrissement des notions. (Dernier exemple en date : expliquer le type de phrase impérative sans passer par le mode impératif. Un tour de force pour l'adulte, des bases précaires pour l'enfant, qui pense qu'une phrase se définit avant tout par son sens plutôt que par sa forme, et que l'impératif se reconnaît donc forcément à l'ordre et la colère ). Cela dit, je crois que cela reste adapté à un public spécifique : un trop-plein de nuances empêche de poser les bases indispensables. Acquérir le premier degré du bon sens, c'est déjà énorme pour certains enfants.

Rien de plus agaçant qu'un grammairien universitaire qui, à force de trouver des exceptions à tout, finit par tout laisser en suspens, ses étudiants les premiers.

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Question de dosage. Ce que tu dis de l'impératif ne m'étonne même pas : la plupart des collégiens à qui j'ai donné des cours ne savent pas ce qu'est un mode. Bon, on va pas rejouer l'éternelle scène du niveau de l'enseignement qui se dégrade, mais enfin :  simplifier est une chose, amputer une explication d'un élément essentiel à la compréhension du sujet en est une autre. Basiquement, j'ai tendance à penser que des connaissances solides doivent reposer sur des définitions claires des mots ou des concepts que l'on manipule. Ce problème ne concerne pas d'ailleurs que le secondaire : c'est le fléau des licences de lettres.

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Ce problème ne concerne pas d'ailleurs que le secondaire : c'est le fléau des licences de lettres.

Je suis d' accord. Même si la fac me plait beaucoup, je constate que pour certains cours, j' ai l' impression de "regresser" tellement ce qui est dit me paraît aberrant et réajusté pour que tout le monde comprenne. C' est le principe de la fac de ne faire aucune "sélection", du moins pour les lettres en tout cas et pour la première année. C' est très bien mais le problème, c' est que pour les littéraires qui ont passé plus de trois ans à " se farcir " la méthode du commentaire et de la dissert, c' est très dur voire frustrant de devoir reprendre tout à zéro et de manière complétement stérile en plus. Les plans détaillés ça va deux minutes. Et le pire, c' est qu' on nous croit trop bêtes pour aborder la dissert en première année alors qu' au lycée, on n' a fait pratiquement que ça et surtout en littérature pour les L. Réussir à faire deux disserts en deux heures en terminale et se retrouver à attendre impatiemment un an pour devoir en refaire me met légèrement en colère. Et c' est une litote...

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Le gros de la selection se fera en troisième année : profite donc des deux premières, tu souffriras bien assez tôt.

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Blumroch a écrit :

j'ai tendance à penser que des connaissances solides doivent reposer sur des définitions claires des mots ou des concepts que l'on manipule. Ce problème ne concerne pas d'ailleurs que le secondaire : c'est le fléau des licences de lettres.

C'est d'ailleurs très pénible, une fois arrivé en Capes ou en agreg, de revoir tous les "gros mots" du type comique, grotesque, sublime, baroque, esthétique, moral... et de s'entendre dire sans arrêt qu'ils n'ont pas du tout le sens qu'on pense, et qu'il faut les employer avec des gants, si ce n'est les rayer de son vocabulaire !

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tu souffriras bien assez tôt.

J' attends impatiemment la souffrance alors   

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@Thomas : encore une fois, pas de généralisation. Dans d'autres facs on aborde la dissert, en plus des commentaires et explications (y compris à l'oral), dès la 1ère année. Et, il est vrai, la pratique s'accentue en 3e année qui se concentre davantage sur la littérature que lors des deux premières années, souvent plus généralistes.

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J' aurais dû préciser dans ma fac alors  .

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Suite à une mauvaise manipulation, j'ai supprimé le message de Polo, qui disait donc :

Mais je rejoins ta remarque sur certains cours très pauvres en contenu et décevants pour certains élèves. Mais bon, on n'est jamais complètement satisfait par une formation, quelle qu'elle soit.

Veuillez m'excuser.