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Autobiographie, écriture de soi... une écriture pour exister ?

Bonsoir,
je travaille actuellement sur un projet de mémoire (master 1ère année). Je précise que le thème de ce mémoire n'est pas imposé, c'est un choix personnel. J'avais dans l'idée de travaillais sur l'écriture « thérapeutique », cependant après de nombreuses lectures, je me tourne vers l'écriture autobiographique le récit de soi, l'autofiction, etc. J'ai balayé beaucoup de domaine et j'ai eu beaucoup de mal à me fixer.
Actuellement la construction d'une problématique me pose problème.
Je ne peux expliciter toutes mes recherches, tout ce qui a permis le développement de ma réflexion, cela serait beaucoup trop long. Je vais essayer d'être concise. Voulant travailler sur l'écriture je suis partie de question bêtes. L'écriture : qui, quoi, où, comment...? Je suis remonté de la naissance de l'écriture jusqu'à aujourd'hui. En constatant l'évolution, la mutation du langage écrit. On passe de l'écriture hiéroglyphe, livre de compte...Une écriture considérée comme un pouvoir que peu pratique à une écriture de plus en plus subjective jusqu'à une écriture de soi. Je prends donc en compte la naissance de l'écriture jusqu'à internet, l'appropriation de l'écrit par chacun.
Ensuite je me centre un peu plus sur l'écriture de soi (mais qu'est ce que le soi?), l'autofiction, les journaux intimes (sur papier ou les publication sur internet). Je parle plus précisément du genre autobiographique. Est-il possible? Peut on parler de vérité? De sincérité? J'aborde l'écriture et la douleur, ce qu'apporte l'écriture à l'homme, etc.
J'en viens donc progressivement à l'écriture thérapeutique. Je fais référence  aux groupe d'écriture, aux enfants en difficulté avec l'écriture, ce qu'elle apporte, ce qu'elle permet. L'écriture est elle vraiment thérapeutique? …
Voilà plus ou moins ou j'en suis aujourd'hui j'espère que c'est assez clair. Je veux centrer mon mémoire sur écriture et existence. J'ai des ébauche de problématique telle que : comment exister à travers l'écriture? Écrire, pour exister? Une écriture pour prolonger l'existence? Faut-il écrire pour se rencontrer (rencontrer l'autre en soi)?
Toutes ces questions donne l'impression que je vais apporter une réponse alors que ce n'est pas le cas. Je cherche une problématique m'aidant à aborder les thèmes cités plus haut. Mais la construction s'avère très complexe. Je n'arrive pas à une problématique digne de ce nom qui puisse inclure tout ce que je veux aborder sans être trop complexe trop réductrice ou trop simpliste. Sans problématique je ne peux pas avancer je ne peux définir mon plan.
Comment puis-je procéder?
J'ai essayé toute sorte de méthode pour construire ma problématique mais cela ne donne rien.
Quelqu'un pour m'aider?
Un grand merci par avance.

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Autobiographie, écriture de soi... une écriture pour exister ?

Bonsoir Fany,

Ta réflexion est effectivement très large.
Au début j'avais pensé à une question du type : des mots pour quoi faire ?
Ensuite ayant vu l'orientation thérapeutique, j'ai pensé à une paronomase sans doute déjà utilisée : les maux, des mots pour les dire...
Quant à l'autobiographie, tu pourrais envisager : les mots pour se cacher ou pour se dire ?
Je sais aussi qu'il existe d'autres formes artistiques pour exprimer son être intérieur quand on ne peut verbaliser. Quelle serait donc la spécificité de ce mode d'expression ? ses possibilités ?
Je me demande aussi si un petit tour du côté de l'exorcisme ou du divan du psychiatre ne t'apporterait pas quelque chose sur la puissance intrinsèque du verbe : le silence qui asservit et la parole qui libère...

Ces réactions spontanées ne prétendent pas synthétiser ta longue recherche, simplement t'inviter à jouer sur les mots pour enserrer un domaine qui te fuit...

En toute simplicité !

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Autobiographie, écriture de soi... une écriture pour exister ?

Bonjour,
tout d'abord merci pour votre réponse.
J'avais l'intention d'évoquer ou du moins faire un parallèle entre écriture et parole, mais sachant que l'écriture a ses spécificités, peut être que le risque est trop grand. Tout au plus je pourrais parler des structures psychiques mises en jeu, les ressemblances et les dissemblances. Mais oui, j'ai bien pensé à mettre les deux en comparaison. Afin d'aborder l'écriture thérapeutique au sens propre (l'acte même d'écrire) et l'écriture thérapeutique d'un point de vue psychanalytique.
Mais n'est-ce pas un peu "tiré par les cheveux"?
Pour ce qui est du paronomase, j'avais essayé quelque chose comme : Quand les mots soignent les maux. Ce qui me dirige un peu plus tard vers l'écriture dite thérapeutique. Cependant je me suis aperçu que l'écriture n'était pas toujours thérapeutique! Les effets produits restent très subjectifs, il suffit de se fondre un peu dans la littérature, mais pas seulement, pour s'en apercevoir.
Voilà pourquoi j'en reviens constamment à l'écriture pour laisser une trace de soi, pour exister au travers une histoire (la sienne), au travers l'Histoire, puis dans le regard de l'autre, cet autre qui vous lit. Une écriture pour mieux se connaître, pour une valorisation de soi...
Ceci reste tout de même assez confus, je me retrouve avec un sujet, celui de l'écriture au sens très général, mais je l'aborde sous plusieurs angles. Et je n'ai pas une belle problématique fort construite, mais une multitude de petite question que je peine à regrouper en une seule.
Je me demande même si cela est possible au vu de l'étendu de mon travail, pourtant il va bien falloir...
Encore merci à vous.

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Autobiographie, écriture de soi... une écriture pour exister ?

Bonsoir Fany,

Cette distinction entre parole et écriture dans l'autobiographie peut être intéressante. J'ai pensé à une activité méconnue, celle d'écrivain public.

Ces personnes font le métier d'aller écouter des récits de vie donc verbaux et de les mettre en forme. Cette collaboration qui ne prétend pas à la littérature la plupart du temps (elle pourrait ressembler à l'équipe journaliste / homme public qui, elle, vise à l'effet) te permettrait de délimiter ton sujet. Les motivations des demandeurs sont diverses, leurs blocages aussi. Quel est l'apport réel de l'écrivain ? Il y aurait là un matériau original. Regarde ici.

Pour ce qui concerne l'autobiographie, le site de Philippe Lejeune est incontournable.

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Autobiographie, écriture de soi... une écriture pour exister ?

Bonjour,
j'ai lu attentivement votre dernier message jean-Luc. Merci pour les liens, ils ont été très très utiles!
Je connaissais Philippe Lejeune de nom mais j'ignorais l'existence de ce site. Via ce lien j'ai découvert le site de l'APA (association pour l'autobiographie, fondé par Philippe Lejeune), après RDV et 4H de train pour y arriver, j'ai eu l'occasion de fouiller les fonds de la bibliothèque avec un laissez passer de 3 jours. Que de merveilles!!!
Quant au premier lien concernant les écrivains publics, profession que je ne connaissais pas, j'ai décidé d'intégrer cette idée au sein de mon mémoire. Avec tous ces éléments, j'ai centré un peu plus mon sujet, il portera sur le sentiment de constitution d'identité (sentiment d'existence) au travers l'écriture. Mais bien sûr par n'importe quelle écriture, je reste sur l'écriture autobiographique et l'écriture thérapeutique.
Je ferais la différence entre ces deux écritures car j'ai découvert, malgré moi, que l'écriture autobiographique n'était pas forcément thérapeutique et que l'écriture thérapeutique n'était pas nécessairement autobiographique.
Ma problématique pourrait donc ressembler à : l'écriture permet elle de se constituer une existence, un sentiment d'existence? Mais bien sûr comme écrit précédemment, j'entends par écriture, écriture autobiographique et thérapeutique.
Dois-je préciser dans la problématique qu'il s'agit de ces deux types d'écriture ou puis-je le faire apparaître dans le développement de mon introduction?
Pensez vous qu'une telle problématique puisse "tenir la route"? N'est elle pas trop large? Une autre formulation serait elle plus adaptée?
Merci pour vos réponses

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Autobiographie, écriture de soi... une écriture pour exister ?

Bonsoir Fany,

Je suis très content que ces pistes aient été pertinentes.

Quant à la problématique il vaut mieux qu'elle soit la plus précise possible.

Peut-être faudrait-il travailler une formule comme "l'écriture sur soi ou pour soi permet-elle de développer le sentiment d'exister ?"

L'interrogation qui demeure est de savoir si l'écriture thérapeutique qui ne serait pas autobiographique ne te conduirait pas en fait à traiter un deuxième sujet.

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Autobiographie, écriture de soi... une écriture pour exister ?

Bonsoir,
j'y pense en effet. La question de l'identité et l'écriture, puis l'écriture autobiographique qui peut-être ou non thérapeutique et inversement semble me conduire vers un autre sujet. Les deux thèmes m'inspire beaucoup alors j'ai du mal à me dessaisir de l'un d'entre eux.
Cependant, pour le thème concernant écriture et sentiment d'existence, la problématique est presque construite, il me faut juste le formuler plus précisément.
A l'inverse, concernant l'écriture autobiographique et thérapeutique, tout reste à faire.
Tout ce que je suis à même de proposer c'est quelque chose comme : l'écriture autobiographique est elle nécessairement thérapeutique et l'écriture thérapeutique doit-elle être autobiographique?
Rien de très original.
Pour moi le plus difficile est de trouver LA problématique, une fois lancée sur un thème les idées ne manquent pas, le seul problème est toujours le même...une problématique qui soit viable.
Je vais peut être me contenter, pour cette fois du plus simple, autrement dit mon ébauche de problématique pour le premier sujet.
Je vais y réfléchir...
Encore merci.

Autobiographie, écriture de soi... une écriture pour exister ?

Avez-vous lu Lambeaux, de C. Juliet ? Le "je" y devient une véritable conquête. L'auteur se réfugie derrière la neutralité apparente du "tu", dans la mesure où, dépourvu de toute identité (qu'il entend retrouver par delà sa mère) -non conscient serait plus approprié- , il n'ose s'armer de la première personne.

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Autobiographie, écriture de soi... une écriture pour exister ?

Bonsoir,
non jamais, je ne connais pas du tout.
Ma bibliothèque universitaire le possède...prochaine lecture.
Merci à vous!

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Autobiographie, écriture de soi... une écriture pour exister ?

Zadek a écrit :

Avez-vous lu Lambeaux, de C. Juliet ? Le "je" y devient une véritable conquête. L'auteur se réfugie derrière la neutralité apparente du "tu", dans la mesure où, dépourvu de toute identité (qu'il entend retrouver par delà sa mère) -non conscient serait plus approprié- , il n'ose s'armer de la première personne.

Un très beau texte ! J' ai dû le lire pour l' autobiographie et le " tu " m' avait assez dérouté ! Une très belle quête vers le chemin de soi je trouve ( bon ma phrase ne veut pas dire grand chose mais je me comprends  ) . Une belle découverte en somme.