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Distinction participe passé / adjectif

un article paru hier

On va éviter de complémenter, donc on enlève hier, et on prend des phrases comme celles-ci :

Les articles parus sont maintenant disponibles gratuitement sur le portail Persée.
http://www.shp-asso.org/medias/docs/1-A … siecle.pdf

Les articles parus sont de bonne qualité
http://www.adeli.org/document/3-l77p35pdf

https://www.google.fr/search?q=%22les+d … mp;tbm=bks

etc.

N’analyses-tu pas parus comme une épithète ? Donc comme un X qui qualifie un Y ?

Tu ne m’as rien dit de public qui pourrait commuter avec paru ; ni du lien entre publié et paru.
Un article paru, c’est un article publié, un article public, accessible, disponible.

Un article peut être éditable, diffusable, publiable, « paraissable » (ce sont bien des adjectifs, et ils sont bien non verbaux), autant de qualités potentielles qui deviennent actuelles une fois qu’il est édité, diffusé, publié, paru.

Qu’en penses-tu ?

72 (Modifié par Jehan 06/02/2017 à 19:51)

Distinction participe passé / adjectif

N’analyses-tu pas parus comme une épithète ? Donc comme un X qui qualifie un Y ?

Bien sûr que paru est ici épithète...
Mais la fonction épithète n'est pas réservée aux stricts adjectifs qualificatifs, malgré le terme "qualifie".
Les participes aussi peuvent être épithètes.

Un article peut être éditable, diffusable, publiable, « paraissable » (ce sont bien des adjectifs, et ils sont bien non verbaux), autant de qualités potentielles .

Oui, là, bien sûr, ce sont des adjectifs non verbaux expriment une qualité.
Qualité de ce qui peut être édité, être publié, être diffusé, paraître...
Qualité de ce qu'on peut éditer, publier, diffuser, faire paraître.
Qualité exprimant  la capacité pour l'objet de subir ou d'effectuer l'action.
Mais le participe, lui, n'exprime pas ici de qualité. Il exprime juste que l'action a été effectuée ou subie.
Une fois l'action effectuée ou subie, l'objet acquiert de nouvelles qualités, exprimables avec de vrais adjectifs : il est public, accessible, disponible.

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Distinction participe passé / adjectif

Oui, je sais bien, mais si la fonction de l’épithète est de qualifier, comment peux-tu dire tout à la fois que le participe est épithète (donc qu’il qualifie), mais qu’il n’exprime pas la qualité (ou plus généralement la caractéristique) ? Il y a un truc qui m’échappe.

Le problème, c’est qu’à mon avis on est en plein là-dedans, et qu’on se mord un peu la queue.

Quand l’auteure dit qu’on ne peut rétablir pour aucun d’eux un complément d’agent, ce n’est pas tout à fait juste, simplement ce qui compte dans cet énoncé précis, c’est la disposition dans laquelle ces toiles de tentes et ces tripes sont, et dans quel état sont les moutons, pas comment, par quelle action et par l’action de qui, les uns et les autres en sont arrivés à ces disposition (étalées, étendues) ou cet état (éventrés).

Pour le moment (peut-être vas-tu parvenir à me faire percevoir la chose), je ne vois pas ce qui différencie cette analyse de :

Les revues publiées sont disponibles / de bonne qualité.
*Les revues publiées par X sont disponibles / de bonne qualité.
(Je mets l’astérisque de la même façon que l'auteure l'a mis dans son ouvrage, ce n'est pas agrammatical, mais ça modifie le sens de l'énoncé)

On se fiche de savoir qui a publié les revues, ce qui importe, c’est l’état dans lequel elles sont = l’état publié, comme les toiles étaient dans l’état étendu, les tripes dans l’état étalé et les moutons dans l’état éventrés.

Pour toi, construit passe les tests sinon haut la main en tout cas apparemment sans trop de difficulté, mais ce n’est pas le cas pour Larousse et TLFi ou l’internaute, pourquoi ?

Et encore une fois sur quels critères Cordial classe publié comme un adjectif, mais n’en fait pas autant pour paru ?
Personnellement, je ne perçois pas bien la différence de qualité entre un article publié et un article paru.

74 (Modifié par Jehan 07/02/2017 à 00:19)

Distinction participe passé / adjectif

Oui, je sais bien, mais si la fonction de l’épithète est de qualifier, comment peux-tu dire tout à la fois que le participe est épithète (donc qu’il qualifie), mais qu’il n’exprime pas la qualité (ou plus généralement la caractéristique) ? Il y a un truc qui m’échappe.

C'est vrai que dire, comme il est d'usage,  que l'épithète  "qualifie" un nom est un peu casse-gueule, trop généralisant.
Si le terme convient parfaitement pour un adjectif ou un participe pleinement "adjectivé", il est moins adapté au participe resté pleinement participe, et aux cas hybrides dont nous discutons ici.
Disons que dans tous les cas, l'épithète (participe ou adjectif) "se rapporte" à un nom contigu.

Pour toi, construit passe les tests sinon haut la main en tout cas apparemment sans trop de difficulté, mais ce n’est pas le cas pour Larousse et TLFi ou l’internaute, pourquoi ?
Et encore une fois sur quels critères Cordial classe publié comme un adjectif, mais n’en fait pas autant pour paru ?

Ce n'est pas à moi qu'il faut le demander... Il faudrait écrire aux rédacteurs respectifs.
Je constate que pour construit, Cordial semble d'accord avec moi.
Mais partiellement, parce que certains exemples donnés sont plus proches du participe et n'ont pas le sens donné en entrée. Apparemment, les critères de classement dans l'une ou l'autre catégorie sont à géométrie variable selon les ouvrages, et  parfois même à l'intérieur d'un même ouvrage.
Pour déterminer le degré d'adjectivation des participes, pas encore d'échelle universelle et indiscutée, dirait-on.
Un bon critère d'adjectivation complète, signalé par l'auteur dont tu donnes le lien, et que je fais mien, c'est un sens différent pour l'adjectif et le verbe. On peut difficilement trouver une différence de sens dans le cas de paru ou de publié. Statut hybride pour ces deux-là, donc.

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Distinction participe passé / adjectif

Apparemment, les critères de classement dans l'une ou l'autre catégorie sont à géométrie variable selon les ouvrages, et  parfois même à l'intérieur d'un même ouvrage.

Oui, ça ne me surprend guère.

Je constate que pour construit, Cordial semble d'accord avec moi.
Mais partiellement

En fait Cordial, d’après les quelques tests que j’ai faits, semble très nettement plus ouvert que ses autres petits camarades que j’ai cités précédemment : Larousse, TLFi, l’internaute ; je ne parle même pas de Littré qui ne donne ni divorcé, ni marié, ni transi, ni mort, par exemple, comme adjectifs, mais seulement comme participes passés – son principe est peut-être de ne jamais faire autrement pour des adjectifs issus de pp., sauf lorsque le lien avec le verbe est distendu : défunt est classé adjectif, bien que le verbe défunter existe / ait existé (donné familier, régional (notamment suisse) et dans le DMF) – mais il n’est pas dans le Littré.

Un bon critère d'adjectivation complète, signalé par l'auteur dont tu donnes le lien, et que je fais mien, c'est un sens différent pour l'adjectif et le verbe

Certes, mais à mon avis terriblement trop radical :

Divorcé, mort, transi, marié, etc. ne seraient donc plus adjectifs, ou en tout cas pas complètement adjectivés ?!

Remarque, de ces quatre-là, Larousse ne donne que divorcé comme adjectif !
Pas sûre qu'il y ait une grande cohérence du côté de Larousse, à moins qu'un critère m'ait échappé qui permette de retenir divorcé et de rejeter les trois autres ?
De son côté, TLFi donne marié et mort comme emplois adjectivaux, mais divorcé et transi comme adjectifs. À première vue, ça me parait un poil arbitraire, mais bon, là aussi je passe peut-être à côté d'un critère.
Divorcé se conjugue avec l'auxiliaire avoir, marié est pronominal ? Mais on peut aussi dire Le Gustave a marié la Roberte !

Bon sidoo, te voilà avec tout plein d'éléments, j'espère que tu arriveras à en faire quelque chose !

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Distinction participe passé / adjectif

Bonjour à tous,
Suite à la question originelle d'Alph:
Dans l'édition 2009 du Riegel, on trouve bien la phrase de Nerval dans les exemples de participes passés a valeur d'adjectif, chapitre X, section 2.5.3 "Le participe passé". Je suis allé vérifier dans une bibliothèque.
Dans l'édition 2018, que je viens d'acheter, elle a disparu. Les auteurs ont-ils changé d'avis et pensé que finalement, c'était du passif?

Dans les annales corrigées Nathan de l'épreuve de français du concours de recrutement des professeurs des écoles (CRPE), la phrase "Toute l'Égypte est couverte de champignons et d'algues" (Jean-Michel Ribes, Musée haut, musée bas) est considérée comme à la voix passive.