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L’avenir du concours de l’agrégation

Hélas, je crois qu'il ne faut pas se voiler la face : ceux qui restent 8 ans à une thèse le font par souci de carrière ou raisons financières : ils sont financés par l'Etat, et en profitent pour se faire des réseaux dans l'édition.

Le travail de recherche, je le fais moi-même à tout moment, jour et nuit, même pendant mon agrégation, etc... Je fais des notes, etc...
Enfin, chacun travaille comme il l'entend. Disons que...  Je suis étonné de la naïveté de la part des étudiants en sciences humaines lorsqu'il s'agit d'avoir des bourses au mérite (moi-même, j'ai eu une mention TB en Master 2 et je n'ai jamais réclamé mes 700 euros que d'autres en fac de droit ont demandé)... C'est un état d'esprit, voilà. Faut assumer.
Pour l'agrégation, je sais aussi une chose : il faut bien connaître ses matières techniques et, bien souvent, ce sont les enfants de professeur, malins, qui ont déjà bercé leurs enfants à ces matières très jeunes, leur assurant cette facilité ; je pense au latin, à l'ancien français.

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L’avenir du concours de l’agrégation

La durée officielle d'une thèse est de 3 ans, et elle est allègrement dépassée par tous (j'entame moi-même ma cinquième année). Depuis quelques années, les Universités subissent certaines pressions pour ne pas laisser s'éterniser des thèses —cela a au moins le mérite de ne pas "bloquer" des sujets de thèses commencées dans les années 1990 et qui ne verront manifestement jamais le jour. Cela signifie simplement que la procédure d'inscription se complique un peu plus chaque année à partir de la quatrième (avis motivé du directeur de thèse, puis du directeur de l'Ecole doctorale, puis du collège doctoral), et que passé 7 ans les menaces d'une impossibilité de la réinscription sont très fortes. Ce n'est pas mal non plus : ça aide certains perfectionnistes à mettre un point final. Mais le temps passe très vite en thèse et il peut être bon de ne pas gâcher trop d'années.

Jérémy a écrit :

Hélas, je crois qu'il ne faut pas se voiler la face : ceux qui restent 8 ans à une thèse le font par souci de carrière ou raisons financières : ils sont financés par l'Etat, et en profitent pour se faire des réseaux dans l'édition.

Non, non, trois fois non. Ceux qui consacrent huit ans à une thèse sont en général des gens qui enseignent dans le secondaire, et qui travaillent leur thèse pendant la nuit, les week-ends et les vacances scolaires…

…et pourquoi des réseaux dans l'édition? Tu veux dire dans la recherche?

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L’avenir du concours de l’agrégation

Dans l'édition (pour faire publier les thèses) et le monde universitaire, oui.

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L’avenir du concours de l’agrégation

Jérémy a écrit :

Hélas, je crois qu'il ne faut pas se voiler la face : ceux qui restent 8 ans à une thèse le font par souci de carrière ou raisons financières : ils sont financés par l'Etat, et en profitent pour se faire des réseaux dans l'édition.

Non, fort heureusement le financement est limité. Les allocations de recherche ne durent qu'un temps (en principe trois années, au cours desquelles une contrepartie d'enseignement peut être demandée au doctorant, à mi-temps ou plein temps). Ce ne sont donc pas des années de glandouille encadrées par l'Etat...et ce sera de moins en moins le cas.

J'ai une amie en thèse qui a choisi d'interrompre temporairement son travail pour passer l'agrégation, elle a du demander une suspension, il a fallu la lui accorder, et la suspension est elle-même soumise à un délai maximum. Tout cela pour dire que mener une thèse jusqu'à son terme en lettres et sciences humaines n'a rien d'une sinécure. Et je ne parle même pas de faire une bonne thèse

En revanche, je ne connaissais pas le projet évoqué par Trialph : limiter l'inscription aux allocataires. Dans ce cas, étant donné le nombre extrêmement faible d'allocations, il n'y aura plus assez de thèses soutenues, non ? Or c'est aussi le nerf de la guerre pour les écoles doctorales !

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L’avenir du concours de l’agrégation

Pour qu'une thèse soit financée, elle doit répondre aux exigences d'une commission de région.
Bref, la thèse doit être une publicité pour la région dans laquelle elle est soutenue. Si vous faites une thèse sur "le rôle du désir mimétique dans Balzac", ça aurait plus de gueule dans la région de Tours que dans le Midi. Voilà. Il y a un côté pragmatique qu'il faut savoir pour justifier son engagement.
Et ça, on ne le dit jamais. Et il faut le dire.

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L’avenir du concours de l’agrégation

Ca doit dépendre des régions non ? Je n'ai effectivement jamais entendu parler de ce critère, très réducteur pour le coup ! J'ai quand même l'impression que chaque école doctorale/chaque université a sa propre cuisine à ce sujet.

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L’avenir du concours de l’agrégation

Jérémy exagère.

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L’avenir du concours de l’agrégation

Je ne fais que rapporter ce que certains profs se disent dans les couloirs et l'avis d'étudiants qui sont passés devant cette commission comme devant un Kafka : un étudiant en musicologie qui fait face à des conférenciers en droit, économie ou même littératures qui n'ont pas forcément les "compétences" pour évaluer un projet, sa compétence autre qu'en matière "pragmatique".
C'est... ce me semble, logique. Hélas.

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C'est un peu le problème en province (quoiqu'il y ait aussi, à Paris, des bourses de la ville de Paris, naturellement)... Mais il y a quand même bien d'autres moyens de financer ses recherches que les bourses régionales (qui s'adressent assez logiquement à des sujets ayant trait à la région en question). Et puis de toute façon, l'établissement se choisit en général en fonction du directeur, non ?

Pour la thèse dont je parlais, c'est simplement qu'elle était exceptionnellement riche et que la doctorante en question a mené d'autres activités académiques (publications, éditions et traductions, fondations d'un centre de recherche dans son pays natal, etc.). Mais je persiste à penser qu'on ne devrait pas faire de problèmes à un doctorant sérieux qui souhaite laisser mûrir son travail.

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L’avenir du concours de l’agrégation

Jérémy, tu mélanges un peu deux choses différentes.

- Il est vrai qu'il faut savoir "vendre" son projet de thèse à son directeur de recherches.
- D'autre part, il est vrai que le recrutement des MdC par les commissions de spécialistes se fait souvent selon des critères pour le moins opaques.

Mais ce sont deux choses qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre.
Il est inutile d'aller à Meaux pour faire une thèse sur Bossuet ou à Montpellier pour travailler sur Paul Valéry. Le tout est de trouver un directeur dans la Fac où tu es inscrit.

Ensuite, convaincre la Fac de te recruter (entre 3 et 8 ans plus tard) comme MdC est une tout autre affaire, qui tiendra surtout à "l'allonge" de ton directeur, à la qualité de ta thèse, à tes publications et, par-dessus tout, à la façon dont tu auras su faire ta "niche" dans la Fac visée, en nouant des contacts avec le doyen ou, à défaut, avec le plus grand nombre possible de membres de la commission - soit directement, en les côtoyant au cours de tes recherches (plus facile si tu fais du monitorat ou des TD dans la même fac), ou lors de colloques, ou encore en les intéressant à tes publications.