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L’avenir du concours de l’agrégation

Trialph a écrit :
Jean-Luc Picard a écrit :

Ce qui est à craindre, c'est qu'au système actuel, qui a au moins le mérite d'être national et officiel, se substitue un système officieux.

Sans doute… mais le système actuel n'est déjà pas si officiel. Officiellement, l'agrégation n'est pas nécessaire pour enseigner à l'Université et elle forme des enseignants pour le lycée. 
Si la suppression de l'agrégation a pour conséquence de distinguer nettement dans la formation les voies qui mènent à l'enseignement secondaire de celles qui mènent à l'enseignement supérieur, ça me semble plutôt une bonne chose.

L'agrégation a (avait) au moins le mérite d'être un critère objectif pour départager les candidats à l'enseignement supérieur. Si l'on doit se contenter de l'évaluation des seuls travaux de recherche, on entre dans un système beaucoup plus sujet à caution. C'est surtout en ce sens que je regretterais la suppression de ce concours.

D'autre part, séparer trop nettement les voies de la recherche des voies du secondaire, n'est-ce pas reculer et faire de la recherche une élite inacessible pour certaines classes sociales ? Je ne connaîs pas beaucoup d'étudiants désargentés qui miseront sur un master recherche sans garantie de réussir par la suite dans le supérieur (étant donné la concurrence et la difficulté de décrocher un poste). Personnellement, j'ai fait mon Master 2 après avoir eu l'agreg, autrement dit une fois que j'avais une garantie pour l'avenir : le contraire aurait été impossible, je me serais censurée toute seule.

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Il y a aussi ceux qui passent l'agrégation et qui ne l'ont pas après un M2... Quelle voie pour ceux-là, même s'ils ont eu des mentions TB en master 2 ? Il y a un problème là...

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Lysdanslavallee a écrit :

D'autre part, séparer trop nettement les voies de la recherche des voies du secondaire, n'est-ce pas reculer et faire de la recherche une élite inacessible pour certaines classes sociales ? Je ne connaîs pas beaucoup d'étudiants désargentés qui miseront sur un master recherche sans garantie de réussir par la suite dans le supérieur (étant donné la concurrence et la difficulté de décrocher un poste).

C'est déjà un problème : en effet, il n'y a aucune garantie d'avoir un poste dans le supérieur pour les docteurs. La situation tend même à gagner en absurdité, puisque pour des raisons budgétaires, les universités préfèrent recruter des PRAG que des maîtres de conférence. Du coup, on se demande vraiment à quoi sert une thèse en Lettres. Même avec l'agrégation et la garantie d'avoir un poste dans le secondaire, c'est un défi moral que de consacrer plusieurs années de sa vie à travailler d'arrache-pied à une thèse à la fin de laquelle on retrouvera sans doute le poste qu'on avait déjà avant de la faire. Au moment où je me suis inscrite en thèse, mon directeur m'a longuement parlé de l'incertitude des débouchés, et je me suis engagée en sachant que je devais aussi pouvoir considérer ma thèse comme une fin en soi. C'est tout de même une drôle de situation.
J'avais ouï-dire (mais je n'en ai aucune confirmation) que seuls les bénéficiaires d'une allocation de recherche pourraient s'inscrire en thèse. Cela limiterait évidemment le nombre d'inscrits, et augmenterait donc les chances d'obtenir un poste. Cela ne me semble pas moins une solution calamiteuse, parce qu'injuste : les critères d'attribution d'allocation sont trop opaques.
Dernière remarque : il est légitime qu'un doctorant cherche à assurer ses arrières en conservant la possibilité d'exercer un autre métier en cas d'échec dans le supérieur. Mais pourquoi cet autre métier devrait-il être enseignant dans le secondaire? L'intitulé de l'emploi est le même, "enseignant", mais ces deux métiers n'ont vraiment pas grand-chose à voir l'un avec l'autre.

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Mon directeur de thèse est formel : une thèse sans agrégation ne sert à rien...
C'est le mail que je viens d'avoir de lui...
Je suis en préparation pour l'agrégation et j'ai peur de le rater... Et surtout : ce qu'il y a "après".

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Jérémy a écrit :

Mon directeur de thèse est formel : une thèse sans agrégation ne sert à rien...

C'est à la fois très angoissant et très motivant. Si ne pas être sûr de vouloir un concours est la meilleure façon de le rater, l'inverse est sans doute également vrai. Le tout est de faire en sorte que la motivation l'emporte sur l'angoisse 

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Jérémy a écrit :

Mon directeur de thèse est formel : une thèse sans agrégation ne sert à rien...

C'est un peu excessif, parce qu'il y a des disciplines sans agrégation, comme l'histoire de l'art, où l'on peut donc devenir enseignant avec "juste" un doctorat.
Mais en même temps, je comprends le souci de ton professeur de te mettre les "clefs" en main et je dis régulièrement la même chose à mes propres élèves.

En outre, beaucoup d'étudiants commencent une thèse pour se donner le change, reculer l'entrée sur le marché du travail ou "contourner" (psychologiquement du moins) leur échec aux concours. C'est une pure fuite en avant, et si dur que cela puisse paraître, les professeurs de fac ont raison de décourager ces étudiants.

Une thèse demande beaucoup de travail et surtout de persévérance. Elle doit correspondre à un vrai projet, sinon elle finit au fond d'un tiroir après deux ans d'efforts intermittents.

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c'est pourquoi je me proposais de faire un doctorat + agrégation... en tant que candidat libre.

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Jérémy a écrit :

c'est pourquoi je me proposais de faire un doctorat + agrégation... en tant que candidat libre.

Tu veux dire, au cas où tu ne l'aurais pas cette année? (Je me permets de te tutoyer). C'est un peu dangereux, la préparation de l'agrégation ne laisse absolument pas le temps de travailler la thèse, et tu risques ainsi de gâcher une année de doctorat, alors même que les universités sont beaucoup plus strictes qu'auparavant sur les réinscriptions après les 3 ans officiels.

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Entre honnêtes hommes, nous pouvons nous tutoyer volontiers

Je connais des amis en faculté de droit et je sais comment une thèse se prépare : ils ne font rien, ou pratiquement. Car, bien souvent, leur thèse est un "gros" de leur mémoire de M1/M2... Ils ont largement le temps de se préparer pour une agrégation, surtout si le programme de littérature comparée tombe de façon identique pendant deux ans...

Enfin, c'est une idée qui me trotte dans la tête... Quitte ou double...

Parce qu'entre-temps, on reste sur "son" M2 à enchaîner les préparations à l'agrégation... C'est bien joli mais en attendant, on perd en "années" de thèse... Pourquoi ne pas concilier les deux ?

L’avenir du concours de l’agrégation

Une thèse en droit (ou en médecine, bref, dans les facultés "professionnelles") n'a pas grand-chose à voir avec une thèse en lettres ou en sciences humaines...
Sinon, pour réussir un concours, la meilleure chose à faire est sans doute de ne pas trop penser à l'échec.
J'ignorais que trois ans était le délai de rigueur pour une thèse, en général c'est tout de même plus (j'ai assisté la semaine dernière à une soutenance qui concluait pas moins de huit ans de travail...). Les travaux des doctorants sont de difficulté et de qualité variables, je ne vois pas pourquoi on irait imposer une échéance, dommage si certaines universités le pratiquent... bref, ça dépend aussi de ton sujet, je pense.

Bonne chance en tout cas.