Beckett, Fin de partie - Hamm est un roi dans cette partie d'échecs perdue dès le début...

Bonjour, j'ai un devoir à rendre bientôt, et je n'arrive tout bonnement pas à élaborer un plan..les miens ne me semblent pas pertinents.

Voici, pour commencer, l'énoncé du sujet :

"Hamm est un roi dans cette partie d'échecs perdue dès le début. D'entrée, il fait des coups tonitruants mais dépourvus de sens." de Samuel Beckett.

Question : En quoi cette citation rend elle compte de votre lecture de Fin de Partie?

On a là une métaphore du jeu d'échecs, et on compare Hamm à un roi. On veut aussi une reflexion sur la pièce.



Voilà mon idée de plan :
I) Hamm roi
II) Roi perdant
III)Reflexion sur la pièce ( une pièce de l'absurde qui livre un autre regard sur l'humanité)

Pourriez vous m'aider s'il vous plait?

Beckett, Fin de partie - Hamm est un roi dans cette partie d'échecs perdue dès le début...

Ne perdez pas de vue la citation : "[Hamm] fait des coups tonitruants mais dépourvus de sens." Il est certes roi, perdant sans doute, mais aussi cocasse en ce que ses actes n'ont aucun sens.

L'absurde est ici une thèse à ne pas négliger .

Beckett, Fin de partie - Hamm est un roi dans cette partie d'échecs perdue dès le début...

Merci mais sérieusement je ne sais pas du tout comment procéder  J'ai fait ma troisieme partie sur l'absurde.. or je devrais commencer par faire la premiere puis la seconde.. mais je ne vois pas quoi mettre.. en fait mon plan ne va pas..
Et les dissertations de littérature c'est compliqué..je prends ça comme un commentaire plus que comme une dissertation.. c'est pas comme en philosophie.. là je dois beaucoup analyser le texte..et mettre beaucoup d'exemples tirés du texte...


En fait je comprends l'énoncé, mais je ne comprends pas ce qu'on attend de moi, et je ne sais pas répondre à la question. "En quoi" c'est vague..je ne comprends pas ..En quoi cette citation rend compte de ma lecture? En gros on veut que je dise quoi? Que j'adhère? Parce que si on me dit " en quoi " c'est que forcement ça ne me laisse pas le choix de poser des limites ou de réfuter.. je ne comprends pas.. dois je faire un plan binaire? ou TAS? :'(Quelqun pourrait il m'aider s'il vous plait?

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Beckett, Fin de partie - Hamm est un roi dans cette partie d'échecs perdue dès le début...

Heureux de voir que je ne suis pas le seul à ne pas y arriver. Encore 2 jours...

Beckett, Fin de partie - Hamm est un roi dans cette partie d'échecs perdue dès le début...

je pense que la question est large pour simplement que vous donniez votre avis, ça peut s'apparenter a un commentaire de texte vu que ça se base sur une oeuvre specifique, mais de façon moins précise,

je pense qu'il faut avant tout que vous vous questionnez

en quoi cette pièce peut s'apparenter a une partie d'échec, pourquoi est-elle perdue d'avance, en quoi est-ce une "fin de partie", est ce que c'est litteralement une partie de jeu d'échec ou une accumulation d'échecs ?

en quoi Hamm est-il roi, roi de quels sujets, de quel royaume,
est ce lorsque le roi est acculé que la partie prend fin ?

noter aussi que l'origine de son nom vient de l'anglais, hammer (marteau) "les coups tonitruants" qu'il porte peuvent aussi se référer à cela, les jeux de langages étants important chez Beckett,

coups dépourvus de sens puisque donné à l'aveuglette, sans stratégie, notamment sur Clov (dont le nom se réfère au clou je crois),
coups dépourvus de sens alors que c'est lui même qui questionne "est ce que nous ne serions pas en train de signifier quelque chose ?" ...

si je me souviens clov ne se déplace qu'en diagonale (je ne suis pas sure) ce qui peut etre a rapproché dans la mise en espace de déplacement de jeu d'echec, le fais que ce soit joué en huis clos, ....

a développer aussi peut etre l'interdépendance des personnages, ...

ce ne sont que des exemples,
le jeu je pense est de déployer des questions à partir de celle qui vous est donnée afin de tenter d'y répondre

bon courage !

Beckett, Fin de partie - Hamm est un roi dans cette partie d'échecs perdue dès le début...

Je ne voudrais pas être rabat-joie, je sais que pour tout le monde, le terme d'"absurde" est un miroir aux alouettes, et quand on l'a prononcé, on a tout dit et on a 15, mais Beckett ne le supportait pas : "Je n'ai jamais été d'accord avec cette notion de théâtre de l'absurde." dit il à Charles Juliet lors des rencontres de celui-ci avec le grand Samuel. N'écrasez pas Beckett sous le terme d'"absurde", pitié pour lui!

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Beckett, Fin de partie - Hamm est un roi dans cette partie d'échecs perdue dès le début...

"Fin de Partie" fait reference au jeu d'echecs dont Beckett etait adepte. Hamm est le roi et on peut dire que Clov est son pion. Je sais pas si ca pourra t'aider 

Beckett, Fin de partie - Hamm est un roi dans cette partie d'échecs perdue dès le début...

Myriam, attention sur plusieurs discussions tu réponds à des messages de l'année dernière. Certes tes remarques pourront servir à des étudiants de TL, mais les personnes à qui tu réponds ne viennent sans doute plus sur ces discussions 

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Beckett, Fin de partie - Hamm est un roi dans cette partie d'échecs perdue dès le début...

Puisque je me tape actuellement Beckett, je me permettrais une humeur du soir sur le côté "absurde" de Beckett qu'on refuserait parce que ce serait banal de le dire.
Que veut dire absurde ?

HISTORIQUE
I.− Adj. − A.− L'emploi fig. du lat., « qui choque la raison » (cf. étymol.), sens premier en fr. ne concerne que l'inanimé (chose, proposition, acte, etc. avec nuance dépréc.). C'est l'emploi class. par excellence (cf. Rich., Fur., les

absurdus = qui a un son faux, qui détonne. Choquant, désagréable, déplaisant, déplacé, qui ne convient pas, qui jure.

Surdus = qui n'entend pas, inconnu. Ab = indique l'origine, la provenance.

En cela, d'un pur point de vue étymologique, le théâtre de Beckett s'inscrit dans cette catégorie. On observe des similitudes frappantes entre un Camus, un Kafka, un Robbe-Grillet : éloge de la dislocation, de la métamorphose, la rencontre avec le désincarné. Du Schiele sur papier, en somme.

Je sais bien qu'on met ce mot à toutes les sauces - ce qui peut agacer - et peut-être serait-il nécessaire de lui donner tout son sens (ou peut-être devrions-nous sortir de l'absurdité généralisée  ) pour mieux le mesurer et l'intégrer dans le théâtre de Beckett. Mais il ne me paraît pas, comment dire, probant, de réduire un auteur à ce qu'il a pu dire - même si c'est révélateur d'une personnalité - on m'a toujours appris, jusqu'ici, que la critique littéraire devait refuser le psychologisme (et je trouve cet a priori hautement contestable, par ailleurs).

Ce n'est pas parce que Flaubert exècre le réalisme qu'il ne s'inscrit pas dans une tradition réaliste. Il s'agit de vérifier si ce qu'il dit est en cohérence avec ce qu'il écrit.
A mesure qu'on avance dans le temps, je suis toujours frappé de l'impératif d'originalité de la part du romancier qui refuserait un maximum d'étiquettes pour, dans le fond, les embrasser toutes. S'il est un tantinet humble, il sait très bien qu'il ne peut plus être un Balzac ou un Rimbaud (surtout s'il refuse l'imitation) alors il lui reste le mythe de "l'inclassable", l'innommable, en vue de s'extraire de toute classification. Ne pas être totalement compris, ce serait toucher l'universel. Etre hermétique pour sortir de la réception et toucher le "Nous", l'intelligence pure. C'est à la fois très personnel mais cela se veut très universaliste. Voilà une posture résolument... romantique, n'est-ce pas ?   
Bien entendu, loin de le reduire au théâtre de l'absurde, peut-être le terme d'absurde beckettien plaira à tout le monde.

Beckett, Fin de partie - Hamm est un roi dans cette partie d'échecs perdue dès le début...

Mon cher Jérem,

je te rejoins partiellement sur ce terme d'"absurde" : le sens littéral de ce terme est vraiment applicable aux œuvres de Beckett (et rejoint le terme anglais "nonsense"), c'est évident, le monde de Beckett est dépourvu de sens, le mamelon de terre brûlée ne fait pas sens, la route à la campagne avec arbre non plus, le temps semble se dérégler, la présence des personnages sur scène ne fait pas sens, le langage est guetté par la perte de sens, placé sur le seuil entre fonctionnement et dysfonctionnement... Mais la connotation métaphysique du terme "absurde", qui lui est attachée depuis l'oeuvre de Martin Esslin et (surtout) depuis la vulgarisation de celle-ci, pose problème, car potentiellement, elle donne un sens à l'absence de sens : si l'existence ne fait plus sens, c'est que Dieu est mort, ou tout simplement parti en voyage, il a laissé les hommes se démerder, et voilà comme on applique à Beckett l'axe principal de l'existentialisme athée de Sartre ou de Camus. Et Beckett n'est pas Camus ; tu dis qu'il y a de nombreuses similitudes entre Camus et Beckett, mais l'une des différences fondamentales est que chez Beckett, l'absence de sens n'a pas de sens, alors qu'elle revêt un aspect tragique chez Camus. Un article de Robbychou, dans Pour un Nouveau Roman permet vraiment de penser cela : chez Camus, l'étrangeté du monde sensible est placée sous le signe du tragique, plus aucun dieu ne contrôle les hommes, c'est désormais l'absence de dieu qui est vécue comme une fatale condamnation. Robby analyse alors les champs sémantiques dont use Camus, et les occurrences de celui de la fatalité sont légion. Je rapprocherai par contre sans vergogne Beckett de Kafka, car la construction d'un monde étrange, onirique ou cauchemardesque, posé là sans aucune autre explication et globalement accepté par les protagonistes, correspond bien à l'espace beckettien. Quant à Robby, je le trouve très influencé, et ce, dès la description de la peinture écaillée sur la balustrade de la maison coloniale de La Jalousie, par la phénoménologie. Je ne pense pas que Beckett soit philosophe, nulle part il dit n'avoir lu beaucoup de philosophie d'ailleurs, la Bible, Shakespeare, Proust, Joyce and so on and so on, mais Heidegger et Husserl, rien n'est moins sûr.