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De l'homme et de la bête

C'est évident, l'homme se distingue de l'animal parce que...Mais à y réfléchir l'histoire de l'humanité a connu des périodes de régressions mémorables. La civilisation allemande , éprise de littérature dont les nazis se sont comportés comme des bêtes sauvages.

Dans l'évolution de l'espèce il semble impossible de dire quand on est passé du singe à l'homme...L'évolution parait s'être faite sur plusieurs millions d'années.L'utilisation des outils ? L'intelligence ? La parole ? Le pouvoir d'abstraction ? La civilisation ?

http://vdesouch.free.fr/homme.html

Par certains aspects "mai 68" me semble une volonté de régression afin de se libérer des contraintes de la civilisation et de revenir à l'état de nature.

J'ai noté en littérature et au cinéma:
"La bête humaine" de Zola et son adaptation cinématographique
"afin que la bête  meurt" (1969) film

http://www.cineclubdecaen.com/realisat/ … emeure.htm

Il existe un chant sérieux de Brahms qui paraphrase l'Ecclésiaste : "Il faut que la bête meure ; mais l'homme aussi. L'un et l'autre doivent mourir."

Effectivement,la référence biblique est vraie:

http://www.societebiblique.com/

19 Car le sort des fils de l’homme et celui de la bête est pour eux un même sort; comme meurt l’un, ainsi meurt l’autre, ils ont tous un même souffle, et la supériorité de l’homme sur la bête est nulle; car tout est vanité

Je viens de revoir à la télévision les films:
"le gentleman d'Epsom" (1962) et "les pissenlits par la racine" (1963) dans le milieu hippique. Un clin d'œil semble-t-il à la mythologie, avec les "couples"  Jockey-Cheval tels des centaures sur les pistes. Un cheval nommé Minautore, un autre "holocauste", sacrifice de l'animal ou de l'homme ? (allusion à un cheval du XIXème siècle). Un savant fou Absalon qui étudie la paléontologie.

De l'homme et de la bête

Bonsoir,

Et pleurer peut-être... Nous sommes les seuls à pleurer.

Muriel

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De l'homme et de la bête

Il est vrai que j'ai rarement vu des animaux pleurer ou rire...Rabelais écrivait que "le rire est le propre de l'homme".

Zola, l'auteur de "la bête humaine", donnait beaucoup d'importance à l'hérédité. Il manifestait une forme de racisme compatissant à l'inverse du racisme haineux classique. Attribuant à l'homme notamment dans la famille Rougon-Macquard une forme d'atavisme animal.

http://les.tresors.de.lys.free.fr/poete … vriere.htm

http://www.monde-diplomatique.fr/2002/10/MORICE/17017

Ce racisme n’a rien de haineux chez Zola, et ne sera pas incompatible avec son engagement dreyfusard : c’est une vision essentialiste du monde - et c’est la seule qui règne alors. Il faudra encore attendre cinquante ans pour qu’une pensée non raciste du monde se dessine, à la faveur de la déroute du nazisme.

le descendant immédiat de ces ouvriers primitifs, dont le lointain atavisme se retrouvait en lui, silencieux, résigné, donnant ses muscles sans une plainte, ainsi qu’à l’aube des sociétés humaines

Dans la « race » ouvrière façon Rougon-Macquart, la métaphore animalière renvoyait à la « bête » et aux « fauves » - ce que le racisme colonial a longtemps connoté en parlant des « sauvages ».

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De l'homme et de la bête

Il y a des rats qui rient.

L'humour est le propre de l'homme. Pas le rire.


Même si Rabelais entendait bien cela.

Pleurer ? Un chien qui hurle à la mort ? Il me semble que c'est une façon de pleurer...

Ce qui sauve l'homme de l'animal est l'artifice.

De l'homme et de la bête

Pleurer ? Un chien qui hurle à la mort ? Il me semble que c'est une façon de pleurer...

Oui, c'est vrai, c'est une façon de pleurer, tu as raison.

De l'homme et de la bête

Bonsoir,

La civilisation allemande , éprise de littérature dont les nazis se sont comportés comme des bêtes sauvages.

Oui, le nazisme a montré que le haut degré de raffinement intellectuel et artistique d'une civilisation ne la préservait pas des pires horreurs.

Mais la comparaison animale n'est pas évidente, parce que de nombreux procès ont montré que les criminels de guerre pouvaient être des personnages polis, intelligents, cultivés, etc., et surtout sans haine particulière.

Est-ce que ton point de vue ne repose pas sur une idée prédéfinie de la nature humaine, comme étant exclusive de l'horreur ?

De l'homme et de la bête

L'humour est le propre de l'homme. Pas le rire.

Ce qui sauve l'homme de l'animal est l'artifice.

Il semblerait bien que certains animaux ( grands singes notamment) soient capables  dans certaines circonstances de feindre pour embobiner leurs congénères... ou de faire consciemment des "blagues" (très élémentaires certes) aux humains qui les éduquent.

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De l'homme et de la bête

Concernant cette affaire de primates et l'évolutionnisme, je me suis toujours demandé pourquoi nos ancêtres les singes n'avaient pas évolué comme nous, primates, pourquoi s'étaient-ils contentés de leur milieu ?
A cause de l'homme ? Si on met un primate au contact des hommes, il se civilise. Remettez le dans la jungle, il est comme mort.
Un homme dans la jungle s'adapte. Parce qu'il a la faculté de se représenter pour s'adapter.

Je m'amuse à penser que si l'homme fait des expériences avec le singe, ce singe-là est révélé, dans le sens où les scientifiques qui font des expériences sur eux ne se contentent pas d'observer, ils les poussent, souvent malgré eux, à certains réflexes "humains" ; ils les invitent à "penser" en homme. Ces scientifiques ethologues participent à renverser le processus d'évolution ; ils le faussent en PARTICIPANT et en INTEGRANT le mode de vie de ces animaux. Ils ne se contentent pas d'aller sur le terrain. Ils ne se contentent pas d'observer.

De même, je continue dans l'amusement et je me dis : qui a joué avec l'homme pour le révéler ?

L'artifice est de la raison en exercice. La parole, le "verbe" en fait partie.

De l'homme et de la bête

Concernant cette affaire de primates et l'évolutionnisme, je me suis toujours demandé pourquoi nos ancêtres les singes n'avaient pas évolué comme nous, primates, pourquoi s'étaient-ils contentés de leur milieu ?

Les singes ne sont pas nos ancêtres, mais nos cousins.
Si les primates humains ont évolué différemment d'autres primates, c'est que leurs ancêtres ont dû s'adapter à un milieu particulier (la savane) du fait d'une évolution climatique locale. Il se trouve que le milieu originel des autres espèces de primates n'ayant pas été bouleversé, leurs descendants n'ont pas eu à s'adapter à un nouvel environnement.

Si on met un primate au contact des hommes, il se civilise. Remettez le dans la jungle, il est comme mort.

Plus exactement, il s'humanise, ce qui n'est pas forcément un cadeau pour lui. Un bébé singe exclusivement élevé par des humains, c'est sûr, aura bien du mal à s'en tirer si on le relâche d'un seul coup dans la jungle... Il doit être rééduqué progressivement. 

Sans contacts avec les humains, les singes nés dans la jungle et y vivant sauront très bien s'y débrouiller, avec leurs rites de singes, leurs structures sociales de singes... leur "civilisation" proprement simiesque.

Pas besoin de verbe pour qu'ils sachent faire preuve d'artifice. Il existe des "représentations" non verbales. Les singes privés de langage articulé ne sont pas pour autant dénués de toute "raison".

De l'homme et de la bête

L'artifice est de la raison en exercice. La parole, le "verbe" en fait partie.

Et si c'était le langage qui était le propre de l'homme ? Divers "universaux" distinguent le langage humain de ceux des animaux : son caractère symbolique, sa syntaxe prédicative, sa double articulation, etc.

Mais faut-il tenter de définir l'homme à partir d'un trait qui le distinguerait des autres espèces ? Car si c'est le bon procédé, il faudrait sans doute extraire de la famille animale toute autre créature possédant une faculté unique au monde.