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Concordance des temps - Subjonctif présent / subjonctif imparfait

Je voudrais donner deux exemples de la même phrase au présent et à l'imparfait, et avoir votre avis sur la concordance des temps:
« Le maire prétend qu'il faudra du temps pour que la société se décide à démarrer le chantier
Le maire prétendit qu'il faudrait du temps pour que la société se décide (décidât ? ) à démarrer le chantier. »
Je recopie ici une phrase tirée du Côté de chez Swann (p35 édition Folio):
« ... je ne pouvais me décider à la quitter d'un pas en pensant que tout à l'heure il faudrait que je la laisse dans la salle à manger et que je remonte dans ma chambre sans avoir comme les autres soirs la consolation qu'elle vînt m'embrasser. »
La subordonnée étant au subjonctif présent, je demande quelques explications quant aux principes des temps à employer dans le cadre de leur concordance. Merci.

Concordance des temps - Subjonctif présent / subjonctif imparfait

C'est la tolérance habituelle d'utiliser le subjonctif présent plutôt que l'imparfait jugé affecté.

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Concordance des temps - Subjonctif présent / subjonctif imparfait

J'ai cru comprendre que la tolérance du présent du subjonctif est non seulement récente mais qu'elle ne s'applique qu'au langage qui n'est pas littéraire. Or, Proust a écrit son texte il y a près de cent ans, et il est littéraire.
Je voudrais savoir si le présent du subjonctif en pareille tournure est la règle avec un grand r ou s'il est admis a posteriori, mais également si le subjonctif imparfait est valable le cas échéant. L'intention de l'auteur serait donc d'éviter la forme en asse ?!

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Concordance des temps - Subjonctif présent / subjonctif imparfait

Bonjour,

Attention, nous parlons ici de subjonctif imparfait et non passé !

Je pense que le présent du subjonctif a été utilisé pour laisser et remonter car il s'agit d'un action qui ne s'est pas encore passée. Puisqu'il s'agit d'un futur non encore réalisé. Et ce, bien qu'il soit dans le passé.

Quant à venir, il est à l'imparfait du subjonctif car il parle d'une chose qui s'est passée tous les soirs.

Dit autrement, je prends l'imparfait de pouvoir comme encore valable dans le présent (Je ne pouvais et ne puis toujours pas me décider). Avec un passé simple pour pouvoir (donc avec une action révolue dans le présent) je pense qu'il aurait opté pour l'imparfait du subjonctif.

Enfin, c'est mon interprétation ...

Concordance des temps - Subjonctif présent / subjonctif imparfait

« ... je ne pouvais me décider à la quitter d'un pas en pensant que tout à l'heure il faudrait que je la laisse dans la salle à manger et que je remonte dans ma chambre sans avoir comme les autres soirs la consolation qu'elle vînt m'embrasser. »

Le futur dans le passé, c'est le conditionnel employé pour il faudrait.
Conditionnel qu'il aurait sans doute employé en éliminant falloir :
je ne pouvais me décider à la quitter d'un pas en pensant que tout à l'heure je la laisserais dans la salle à manger et que je remonterais dans ma chambre...

Ce n'est pas le seul cas chez Proust :

Mais, d’autre part, peu d’auteurs contemporains respectent systématiquement les règles de la concordance, même lorsqu’ils ne font pas parler des personnages ; ils remplacent l’imparfait par le présent (parfois le passé : § 899, d, 1°) et le plus-que-parfait par le passé. Quelques ex. parmi une infinité d’autres :
J’allais […] dire qu’on apporte les sirops (Proust, Rech., t. I)

(Grevisse)
Ailleurs il utilise un imparfait du subjonctif pas nécessaire :
Ce n’est pas certes, je le savais, que j’aimasse Albertine le moins du monde (Proust, Rech., t. III)