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Qu'est-ce qui fait qu'un roman jeunesse est apprécié des enfants ?

Bonjour

Je rebondis sur le sujet....

Je ne souhaite pas être écrivain de romans jeunesse.

En revanche, je cherche à savoir ce qu'est un bon roman jeunesse qui donnerait envie de lire à des enfants. Devant la multitude de textes publiés, j'aimerai en choisir quelques uns qui puissent aiguiser l'appétit de mes enfants.... Des enfants pas franchement voraces de lectures....

Qu'est-ce qui fait qu'un roman jeunesse est apprécié des enfants ?

Les règles pour construire un roman jeunesse sont-elles les mêmes que celles d'un roman pour adulte ?

Flo

Qu'est-ce qui fait qu'un roman jeunesse est apprécié des enfants ?

Bonjour Florianna,

Pour le choix de bons titres, avez-vous regardé dans l'annuaire du site, ici ?

Muriel

Qu'est-ce qui fait qu'un roman jeunesse est apprécié des enfants ?

Bonjour,
J'ai commencé à lire quand j'avais 8 ans, j'en ai 13 maintenant. Je ne pense pas que mes goûts aient beaucoup changé, le premier roman que j'ai lu est Harry Potter, puis j'ai enchaîné avec Artemis Fowl... Je pense que ce qui nous attire dans un roman, c'est le héros, il doit être sympathique, il doit avoir une histoire, et des amis qui l'entourent. Un anti-héros est quelque chose de très sympa à lire. Deuxièmement, il y a l'aventure qui doit être  présente, et si le héros a des pouvoirs on n'est pas contre. Ce qui m'a attiré aussi, c'est la magie, tout ce que j'ai pu retrouver des contes que me lisait ma mère quand j'étais plus jeune. Je ne sais pas si j'ai aidé, j'ai donné mes goûts, étant moi-même un enfant. Il y en a un que j'ai vraiment apprécié, c'est Les Chroniques des temps obscurs, de Michel Paver, à la FNAC dans la catégorie des 8-12 ans.

Qu'est-ce qui fait qu'un roman jeunesse est apprécié des enfants ?

@florianna14
Je pense que la principale différence entre le roman jeunesse et le roman pour adulte tient moins à l'âge du lecteur qu'aux lectures qu'il a faites précédemment, et à l'expérience de la lecture qui rend le lecteur, quel que soit son âge, de plus en plus exigeant. Il faut très peu d'années pour que la différence s'accuse entre quelqu'un qui lit une heure par jour et quelqu'un qui lit une heure par mois. Et cette différence est encore accentuée par le caractère erratique et lent des premières lectures qui ont besoin de béquilles car elles n'accrochent pas, et l'accélération du débit qui peut devenir torrentiel qiuand la lecture est une passion.

La lecture commence par être un jouet qui permet de s'amuser avec d'autres en parlant de ce qu'on a lu, mais ensuite, le lien social reste souvent essentiel, soit qu'on lise pour entrer dans le jeu, soit qu'on cherche des gens qui ont lu ce dont on a envie de parler avec d'autres.

Quant à la construction du roman, la méthode, cela existe aussi, mais on apprend et comprend beaucoup plus vite en regardant faire comme on entre dans un jeu, qu'en passant par le détour d'une méthode et en appliquant des règles.

Il en va également ainsi pour beaucoup d'autres choses, mais l'exemple qui me parait le plus apte à le montrer est celui de la peinture abstraite. On s'épuise inutilement à essayer de comprendre ce que le peintre veut vous dire, mais il suffit de se demander à qui il répond (c'est un autre peintre), et de confronter les œuvres, pour comprendre la conversation, et ce qui l'anime.

Pour amorcer le jeu dont la lecture est l'enjeu, un peu de supplice de Tantale peut aider. Quand on entend des gens parler entre eux d'un livre sans comprendre ce qu'ils disent, et que cela se répète, et que cela dure, on n'y tient plus et fait ce qu'il faut pour comprendre ce qui se dit. C'est comme cela qu'un jour dans la rue un enfant inconnu tirait sur mon imperméable et me demandait: "Dis Monsieur, qui c'était Louis XVI ?" Nous nous sommes assis sur un banc, et j'espère lui avoir fourni les cartes qui lui manquaient pour pendre part à un jeu que je supposais sans le connaître.

Ensuite, une fois que le jeu est amorcé, la lecture peut devenir une passion, et quand les gens passionnés s'isolent, il est plus difficile d'entrer dans leur jeu. Après des vacances où les enfants s'arrachaient "Le crime de l'Orient express", j'avais imaginé une autre fin et raconté comment et pourquoi Hercule Poirot s'était planté pour la plus grande joie de la police balkanique.

Mais l'enseignement aussi fonctionne comme un jeu, et s'il s'agit d'être le premier en maths, la lecture peut se trouver hors-jeu. Il s'agit alors d'instaurer et de défendre un autre jeu avec les moyens du bord. Perdu au milieu de filières S qui attrapent des mentions très bien et intègrent à des concours, un petit-fils me demande de lui indiquer un livre à lire. Après L'éducation sentimentale qui lui a plu et lui a donné envie de tenir tête, il m'en a demandé un autre.
Je lui ai indiqué "Les affaires sont les affaires", en, précisant que c'était d'une actualité brûlante. Et le voilà qui enfonce tout son entourage d'un savoir qu'il a seul. Mais je sais bien que c'est un jeu. S, lui-même, il les mate, et c'est cela qui l'amuse.

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Qu'est-ce qui fait qu'un roman jeunesse est apprécié des enfants ?

Moi j'ai 11 ans et j'aime bien le petit Nicolas !

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Qu'est-ce qui fait qu'un roman jeunesse est apprécié des enfants ?

Bonjour,
Comment expliquer, si les lecteurs deviennent de plus en plus exigeant avec l'âge, que les adolescents n'aiment pas forcément des livres qu'ils apprécieront par la suite ? Votre définition, Putakli, s'inscrit dans le constat suivant : la gamme de lectures ne fait que se rétrécir... Ce peut être l'inverse, ou il peut très bien exister un chassé-croisé, l'individu appréciant d'anciennes lectures anciennement abhorrées, et ne pouvant plus supporter soudain la vue de son livre d'enfance préféré. 
Je ne pense pas qu'une hiérarchie entre les livres existent, donc je ne vois pas les critères qui permettent de constater qu'on est plus ou moins exigeant en fonction  de ses lectures. Et, s'il est vrai que l'âge rend plus prompt à apprécier pleinement un livre, à partir de quel âge peut-on décider que notre cerveau commence à se détériorer ? Un livre est un ensemble de mots d'une culture donnée et c'est le milieu dans lequel l'être vit qui va lui permette de s'identifier ou d'être plus ou moins sensible au sujet d'un ouvrage.
Oui, on ne voit pas les choses de la même façon au fil du temps, est-ce pour autant qu'un progrès positif s'est réalisé ? N'est-ce pas simplement le point de vue qui a changé ? On pourrait arguer qu'une connaissance littéraire plus étendue permet de juger à une échelle beaucoup plus précise la qualité d'un ouvrage, mais ce serait là encore croire qu'on est dans le même état que lors de nos anciennes lectures et que nous sommes invariablement nous... Mais alors, dans ce cas, l'âge n'a pas d'importance, puisque notre état d'esprit est le même que dans notre jeunesse...

Et moi, j'ai un certain âge (tellement jeune pour paraître crédible ) et je garde un très bon souvenir du petit nicolas.