Laclos, Les Liaisons dangereuses - La question du bien et du mal

Bonjour à tous et à toutes , je viens de m'inscrire à l'instant sur le forum . Je suis en TL et j'aurai grand besoin d'aide !
Je m'explique : nous étudions actuellement les Liaisons Dangereuses de Laclos et notre prof vient de nous donner un DM type BAC.
J'ai déjà fait la premiere question ( sur 8 points ) mais maintenant j'attaque la seconde et ... je calle !
La question est : " Comment la question du Bien et du Mal est-elle traitée par Laclos puis par Frears ? "
A vrai dire je ne sais pas comment ni par quoi commencer .. quelqun pourrait-il m'aider ?

Merci d'avance . 

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Laclos, Les Liaisons dangereuses - La question du bien et du mal

C' est une très belle question !
Tout d' abord, on peut relever une certaine vision manichéenne dans cette oeuvre comme s' il y avait deux groupes :
- les libertins d' un côté avec la Marquise et le Vicomte, incarnant le Mal.
- les prudes de l' autre côté avec Cécile, Danceny, la Présidente, Mme de Rosemonde et Mme de Volanges, symbolisant le Bien.

Mais ce serait beaucoup trop simpliste et réducteur car les personnages peuvent à tout moment changer de camp, ce que je nommerais ' la versatilité des contraires' . Je m' explique : au début des Liaisons, Cécile est perçue comme une jeune fille naive, sotte, inexpérimentée. Mais au cours du roman, un changement se produit : Cécile est débauchée intellectuellemnt par la Marquise et physiquement par Valmont. Elle surclasse même ses maître en devenant une experte en libertinage ( cf lettre écrite sur le dos de Valmont ).
Idem pour la Présidente qui est prude et fidèle au début mais qui va tomber follement amoureuse de Valmont, jusqu' à en mourir de chagrin.
Danceny, lui, va succomber  aux charmes de la Marquise ( cf dans le film lorqu' il est dans son lit ) mais va retrouver ses esprits en devenant chevalier de l' Ordre de Malte.

Concernant les libertins , on peut dire qu' ils possèdent une double nature : la lettre 81 est essentielle car elle nous apprend pourquoi la Marquise est devenue ce qu' elle est ; pour gagner sa place, elle n' a pas eu d' autre choix que de se montrer supérieure aux autre femmes et aux hommes. Cependant, cette femme est réellement diabolique et mauvaise : c' est un "Eve sataniste" ou une "Tartuffe femelle" selon Baudelaire, car elle est hypocrite et ne vit que pour détruire les autres. Elle est dominatrice, manipulatrice, sournoise et va même jusqu' à se servir du Vicomte. Elle est donc la véritable méchante du roman.
Valmont, libertin notoire, sent qu' il est en train de flancher et de tomber amoureux de Mme de Tourvel ; d' ailleurs, la Marquise le taquine à ce sujet. Valmont pour la première fois de sa vie ressent de l' amour véritable et n' utilise pas les femmes comme des objets.

Le roman est beaucoup plus manichéen que le film : dans l' adaptation de Frears, la Marquise est jalouse de Mme de Tourvel et veut se venger de sa rivale alors que dans le roman elle cherche surtout à montrer sa supériorité à Valmont. La fin du film est éloquente : on y observe une Mme de Merteuil dévastée, détruite, désespérée, en larmes, hystérique ( cf l' épisode du miroir ) . Dans le film, on voit clairement qu' elle est amoureuse du Vicomte notamment par ses regards tendres alors que chez Laclos, les sentiments de la Marquise sont plus ambigus.
De plus la fin du roman punit les méchants ( Valmont meurt et la Marquise est conspuée et a attrapé la petite vérole, signe de sa véritable nature, le miroir est tombé ) et préserve les gentils ( Cécile entre au couvent et Danceny part se faire chevalier de l' Ordre de Malte )

Idem pour Valmont : il est amoureux de la Présidente ( dans le film ) et va même jusqu' à se laisser mourir par amour ( cf épisode du film avec le duel Valmont / Danceny ) alors que dans le livre on n' en n' est pas vraiment certains.

Dans le film, Valmont va se racheter en donnant sa correspondance avec la Marquise à Danceny, ce qui conduira à la perte de cette dernière. D' où la rédemption du libertin.

On peut donc dire que Frears a fait le choix d' un parti pris en nuancant fortement ces personnages alors que Laclos semble plus catégorique et formel.

Je ne comprends pas pourquoi tu n' as rien trouvé à dire sur cette question qui pourtant englobbe l' ensemble du roman et du film.
Mais j' espère que je t' aurais aidé.

Laclos, Les Liaisons dangereuses - La question du bien et du mal

Merci beaucoup.Tu m'as en effet énormément aidée.
Je dois avouer que le fait que l'oeuvre de Laclos et l'adaptation de Frears soient regroupées facilite la chose mais je ne savais pas vraiment comment gérer tout ça ( faire avec les pers ou bien comparer les deux oeuvres )
Encore merci . 

Laclos, Les Liaisons dangereuses - La question du bien et du mal

Bonjour,

J'ai une question dont j'ai du mal à répondre dans Les Liaisons dangereuses il y a t-il des personnages qui, en tout, considère uniquement l'existence selon deux principes, le bien et le mal ?

Je pensais à Mme de Merteuil ou Valmont ?

Mais si vous pourriez m'aider merci d'avance

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Laclos, Les Liaisons dangereuses - La question du bien et du mal

Pour un ouvrage aussi subtil que Les Liaisons, il me paraît difficile de vous répondre oui. Toutefois, Laclos fut vigoureusement attaqué pour son ouvrage (vice / vertu).

Le titre exact est : Les Liaisons dangereuses ou Lettres recueillies dans une société et publiées pour l'instruction de quelques autres. (sous-titre) Il ajoute en exergue une phrase tirée de La Préface de La Nouvelle Héloïse de Rousseau : "J'ai vu les mœurs de mon temps et j'ai publié ces lettres."

Donc, on peut supposer que son intention était pédagogique : montrer le vice pour incliner à la vertu (mieux que votre opposition mal / bien).

Mais nuancez vos propos. Valmont souffre à la fin (conscience du mal) et Merteuil expose longuement les raisons de son comportement (que l'on peut comprendre, sans y adhérer).

Laclos, Les Liaisons dangereuses - La question du bien et du mal

Mais Cécile et Mme de Volanges sont des victimes, donc elles sont dualistes ?

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Laclos, Les Liaisons dangereuses - La question du bien et du mal

Qu'entendez-vous par dualistes ? Duelles, doubles ? Oui. Cécile est innocente, naïve... mais pas tant que cela.

Dans cette affaire, tout le monde est à la fois bourreau et victime. Je dirais que la seule à peu près vertueuse est Mme de Tourvel... et encore, puisqu'elle trompe son mari.

Pour en revenir à votre question initiale, le mal et le bien, en tant que principes absolus, ne sont pas une bonne grille de lecture pour appréhender ce roman.