Baudelaire, La Muse malade

"Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l'horreur, froides et taciturnes."

Pourquoi le participe passé n'est-il pas au féminin? Je m'attendais à "réfléchies".

Baudelaire, La Muse malade

Bonjour, Alph.

C'est vrai que l'accord "normal" serait réfléchies au féminin pluriel, puisque ce sont bien la folie et l'horreur qui sont réfléchies.

Mais en versification classique, ce e muet à l'intérieur du vers aurait compté comme une syllabe supplémentaire. Et je pense que cette orthographe est ici une "licence poétique" pour éviter treize syllabes...

Sous toutes réserves, cependant.

Baudelaire, La Muse malade

Bonjour Alph,

Des variantes ont existé pour ce vers, voir ici (puis remonter à la page 131).

Édit : Baudelaire aurait pu mettre le verbe à l'infinitif, l'alexandrin aurait été sauf et sans faute :
- Et je vois tour à tour réfléchir sur ton teint

Muriel

Baudelaire, La Muse malade

Je vois réfléchir...

Mais peut-on le dire au lieu du correct "Je vois se refléchir" ?
(qui nous ferait hélas remonter à 13 syllabes)

Ici, la forme simple et la forme pronominale ne me semblent pas équivalentes.

Baudelaire, La Muse malade

Non, c'est une simple inadvertance: le vers aurait été parfaitement correct avec réfléchies.

Baudelaire, La Muse malade

Merci de vos réponses. Quelles que soient les raisons personnelles de Baudelaire, je tenais surtout à m'assurer que l'accord se fait en théorie. Je doutais de ma grammaire.

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Baudelaire, La Muse malade

Putakli a écrit :

Non, c'est une simple inadvertance: le vers aurait été parfaitement correct avec réfléchies.

Pas selon les règles classiques. Comme un "e" final qui suit une voyelle et précède une consone ne peut ni se prononcer (selon l'usage phonétique), ni subir une apocope (selon les règles de prosodie), il est tout simplement proscrit à l'intérieur du vers (mais autorisé en fin de vers, où le "e" final ne fait pas partie du décompte des syllabes).

Baudelaire, La Muse malade

Jehan a écrit :

Je vois réfléchir...

Mais peut-on le dire au lieu du correct "Je vois se refléchir" ?
(qui nous ferait hélas remonter à 13 syllabes)

Ici, la forme simple et la forme pronominale ne me semblent pas équivalentes.

Bonjour Jehan,

Dans la Grammaire du français de Wagner et Pinchon, page 275, on trouve :

289. Omission du pronom complément

C'était un usage courant au XVIIe siècle et encore assez fréquent au XVIIIe siècle que de ne pas exprimer le pronom complément lorsque l'infinitif d'un verbe pronominal dépendait des verbes écouter, laisser, sentir, voir.

Tout ceux qu'on voit dans l'air et la terre mouvoir.  (Racan)
[Se mouvoir]

Veux-tu que de sa mort je t'écoute vanter.  (Corneille)
[Te vanter]

Me sentant affaiblir.  (J.-J. Rousseau)
[Sentant que je m'affaiblisais]
[…]

En poésie, même au XIXe siècle, l'usage d'une tournure désuète peut aider à garder la saveur d'un vers tout en respectant le compte des syllabes.

Muriel

Baudelaire, La Muse malade

Bonjour, Muriel.

Merci de cette mise au point convaincante !

Baudelaire, La Muse malade

Bonjour,

je dois rédiger un commentaire sur ce poème mais je ne le comprends pas.
J'aurais besoin d'aide.

Merci d'avance.

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.