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Faut-il se cultiver ?

Désolé Ursus, nous croyons nous contredire aloors que nous étions décalés !

Tu as dit que la culture ne préservait pas, j'ai dit que l'inculture (l'inculture telle que je l'ai décrite, attention !) provoquait ; donc nous ne parlions pas de la même chose, la confusion est close .

Faut-il se cultiver ?

Utilisateur a écrit :
Comme dit Montaigne : "mieux vaut une tête bien fait que bien pleine".

Cette citation avait évidemment sa place dans une telle discussion. 

En revanche, je ne vois pas sur quoi se fonde ton postulat, qui est qu'une tête bien faite ne saurait être mauvaise ou criminelle.

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Faut-il se cultiver ?

Bonjour,
je tentais d'expliquer mon point de vue : la littérature en énorme majorité ne prône pas la violence. Or un homme cultivé a du lire de nombreux livres.
Ce n'est qu'après avoir accumulé de la culture, que l'homme peut se faire sa propre opinion.
Effectivement l'argument ne suffit pas, car cet homme peut alors pencher plus facilement pour certaines lectures. Ici, je n'ai en effet parlé que de connaissances, même si elles étaient incorporées à la personnalité. On peut également rajouter la raison, la logique de l'homme comme critère pour remplir une tête bien faite. Or la logique veut qu'on agisse pour son bien (si l'homme est définitivement égoïste. Dans l'autre cas, le critère de connaissance est suffisant pour expliquer mon postulat). Cependant la société n'approuve pas la violence et la punit. L'homme a plus de facilité à rester dans son coin qu'à briser quelqu'un d'autre.
Voilà où j'en arrive : Hitler (ou autre) n'ont pas recherché leur profit personnel dans l'affaire en tentant de créer une nouvelle race, d'unifier. Ils n'étaient donc pas fondamentalement mauvais (on ne peut pas dire qu'il ne se soit pas donné du mal pour arriver là où il était). Cependant, il était porteur d'une idéologie, née d'une certaine réflexion. Cette réflexion provenait en grande partie de sa culture (que ce soit ses lectures ou son mode de vie). On peut donc conclure selon moi que c'est bien la mauvaise compréhension de la culture qui l'aura mené à "devenir mauvais".

Si sa tête avait été bien faite, il n'aurait pas cherché tout ça. S'il avait été fondamentalement mauvais, il serait resté tranquillement dans son coin. Ce n'est que parce que sa tête avait été mal faîtes que la seconde guerre mondiale a éclaté (et d'autres facteurs qui n'ont rien à faire dans les motivations des êtres "mauvais"). Une tête bien faite peut donc être criminel pour moi, mais seulement quand le gain est supérieur au travail. Dans les crimes cités précédemment, je n'ai pas l'impression qu'ils aient été commis par des têtes bien faites justement.

Faut-il se cultiver ?

C'est un peu confus, je ne suis pas sûr de bien saisir : tu postules, en quelque sorte une morale transcendante, non ? Morale que la culture active permettrait toujours d'atteindre, mais jamais de quitter, à moins d'être viciée.

Faut-il se cultiver ?

Acanthe a écrit :

Tu sous-entends que la lecture n'aurait qu'un seul but, celui de se cultiver ;-)

Quand à la culture, elle ne restreint pas à la lecture seule.

NE a écrit :

Bien sûr, j'ai restreint le champ de réflexion afin qu'il ne soit pas trop vaste. La lecture n'est pas le seul moyen, certes, mais il est l'un des plus privilégiés, de plus, nous sommes sur un forum littéraire.

Bonjour,

que nous soyons dans un forum littéraire, que la culture ne se restreigne pas à la seule lecture, oui sans doute... Je vous soumets pourtant la conclusion donnée par A. Finkielkraut à son dernier livre Un coeur intelligent :

"Etre homme, c'est confier la forme de son destin à la littérature".

et je me permets de copier le commentaire d'un lecteur tout à fait relativiste  :

"Etre homme, c'est confier la forme de son destin à la littérature"

Qu'en est-il donc alors, de ceux d'entre nous « confiant la forme de leur destin » à une pratique et à un savoir-faire non littéraires ? En seraient-ils moins hommes ?

L'écriture, la lecture, la position généralement assise, le mouvement oculaire, le tournement des feuilles, et l'émotion virtuellement engendrée, gouverneraient-ils l'aventure humaine, définiraient-ils à eux seuls l’expression, l’expansion vitale de l’être ?

Et le texte écrit défilant sous nos yeux serait-il plus « formateur de destin » que par exemple, le spectacle de l'arbre (qu'on abat pour faire du papier), du fleuve, de l'horizon... Ou le travail du sol ?

N'est-il sage quelquefois, de sentir nos œillères - didactiques, culturelles, lexicales ?

Ne faut-il quelquefois débusquer l'idolâtrie littéraire, et l'emprise du monde dit "de l'esprit", cet univers où l'encre et le papier tiennent lieu de chair et de sang ?

L'un de nos dieux d'Europe, lucide, ironique, désabusé, tout cultivé qu'il est, a senti que la vie résidait ailleurs que dans les in-folio. Ex-brillant collégien, "très intelligent", il s'est davantage senti frère des êtres d'une autre vie, vie inculte au sens scolaire mais pas moins vraie, peut-être plus vraie encore, incarnée et concrétisée dans l'action pratique.

Il a poussé l'expérience au-delà de limites que nous amoureux du livre, nous arpenteurs du monde imprimé, ne concevons que très mal ou même pas du tout...

Écrire, pour quoi faire ?

Assistante de la mémoire, transmission de signes à des êtres hors de portée de voix. Répertoire de calcul, marquage de territoire... On en vient à écrire pour... écrire... A écrire pour faire des livres. L'écriture cherche encore à se dire elle-même.

Faut-il se cultiver ?

La culture, un mot simple, un peu mystérieux, si court mais tellement complexe à définir.
Sous son classicisme archaïque pour certains ou son air hautain pour d'autre, la culture appartient à tous et ne se limite à personne. Elle représente la richesse d'un pays, témoin privilégié de son histoire, de ses désirs, de ses succès mais aussi de ses moments de crise et de conflit.

La culture, c'est le rap du voisin, même si la musique est un peu forte. C'est aussi le slam et le chant lyrique, les prix littéraires, le dernier Astérix, les résultats de foot, le marathon de Paris, la gastronomie et tout ce qui enrichit la vie.

Car l'intérêt de la culture n'est-il pas de rendre la vie plus douce, plus confortable ?

Se cultiver développe la soif de connaissance, l'ouverture d'esprit, la curiosité en ce sens la culture change la vie, notre manière de voir le monde tel qu'il est.

Il appartient à chacun de choisir une orientation culturelle. Enfin, choisir...pas toujours car elle dépend souvent de son environnement familial.
Le bouillon de culture dans lequel chacun a été bercé prédispose l'individu à occuper un certain rang dans la société mais rien n'est inéluctable.

Prendre conscience de ses différences, accepter celles des autres voilà le vrai sens du mot culture.

Au final, on ne se sent pas plus intelligent, on se sent juste terriblement humain.

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Faut-il se cultiver ?

bonjour
Voici la définition qu'en donne l'académie française :
Ensemble des connaissances générales sur la littérature, la philosophie, l'histoire, les sciences et les arts que doivent posséder tous ceux qui forment l'élite social de la nation (certes, la définition date de 1932, mais elle n'a pas été modifié à ma connaissance...)

Je crois qu'une conférence relativement récente a été tenu sur les nouvelles propriétés de la culture, mais je n'en suis pas sûr et elle n'a, de toute façon, pas aboutie...

Selon vous, Mikkle, alors, est-il bon de se cultiver ? (de se sentir terriblement humain)

A Ursus : je sais être concis quand le besoin s'en fait sentir, et mon message ne peut se réduire simplement à votre réponse (confusément, c'est ça .

Faut-il se cultiver ?

Se cultiver demeure essentiel pour préserver et développer l'esprit démocratique, réduire les extrémismes de tous bords à une représentation caricaturale et limitée des angoisses chroniques d'une nation jeune et dynamique.

C'est une chance de vivre dans un pays qui possède une telle richesse, ne passons pas à côté et contribuons à transmettre ce patrimoine aux jeunes générations.

Désolé si ce message fait un peu politique.

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Faut-il se cultiver ?

La question est rhétorique je suppose...à moins que tu ne préfères rester un animal toute ta vie.

La question est maintenant de savoir si on préferait rester un animal...vivre sauvagement. Là cette question pour moi n'a pas de sens: elle est une interrogation d'une société qui croit avoir l'esprit ouvert mais qui se trompe. A méditer.

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Faut-il se cultiver ?

Nous sommes par définition des êtres de culture; par conséquent nous le sommes tous, même le dernier des ignorants n'ignore pas son opposition à la nature. 

  Je vais être franche avec vous, Je lis pour moi dans un premier temps car cela me passionne beaucoup depuis ma tendre enfance, et dans un second c'est surtout pour jeter mes connaissances et ma propension aux reflexions philosophiques -j'aime ça-, et je ne suis pas contre le fait d'éblouir ceux que l'ont qualifie souvent péjorativement de "médiocres".

  Et je ne m'en excuse pas, car je suis orgueilleuse -sentiment noble qui inspire une juste confiance en son mérite- narcissique et pas seule ici...


ça fait du bien de le dire...


Bien à vous.