Elle s'est plu(e) à... Elle s'est complu(e) à...

Cher Jehan.

Je prends bonne note de votre réprobation, en ce qui concerne un grand nombre des paragraphes de ma contribution.   Je remercie aussi Lucretius de ses intéressantes suggestions, qui rejoignent en partie mes propres réflexions.

Comme vous l'avez remarqué, je ne prétends nullement être un novateur en grammaire.   Si des pédagogues expérimentés, comme l'étaient Édouard et Odette Bled, supposent connues, dans leur "Cours supérieur d'orthographe", les notions de préposition, d'adjectif, de pronom..., sans doute pensaient-ils qu'elles pouvaient avoir une incidence sur l'orthographe.   Vous semblez en convenir vous-même lorsque vous écrivez "Ce qui ne veut pas dire, je le concède, qu'il faille toujours se dispenser de toute nomenclature classique".

Mon fils aîné, qui va entrer en quatrième, n'a étudié au collège que le présent de l'indicatif, le passé composé, l'imparfait, le passé simple, et il m'a semblé que cela était insuffisant pour lui assurer une certaine maîtrise du français.   Je ne suis pas persuadé qu'il verra les autres temps ultérieurement, et, quand bien même il les verrait, ce serait bien tard.
Cela peut être dû aux programmes, à l'hétérogénéité des classes, au nombre excessif d'élèves, à la volonté du professeur de privilégier une autre forme d'apprentissage du français, notamment.   Quoi qu'il en soit, pour cette raison j'ai été conduit à parler de la conjugaison des verbes.

Êtes-vous certain qu'il soit inutile de savoir, par exemple, que, dans "Ils dévoraient la science comme une nourriture précieuse dont leurs aïeux avaient été privés", la proposition subordonnée est à la voix passive et que l'auxiliaire réglant l'accord du participe passé est l'auxiliaire "être"?

Cordialement et respectueusement.

Elle s'est plu(e) à... Elle s'est complu(e) à...

Bonjour, Michel.

Concernant mes remarques à propos de certains de vos paragraphes, il ne s'agit pas d'une "réprobation", croyez-le bien. Je me suis simplement contenté de constater une contradiction entre le but affiché (apprendre l'orthographe) et la teneur desdits paragraphes, et je m'attendais à ce que vous la justifiiez (justifiassiez, pardon !) avec la logique toute matheuse qui vous caractérise.

La nomenclature grammaticale n'est certes pas à jeter aux orties. Mais pour une bonne maîtrise de l'orthographe de la part d'enfants du primaire, elle n'est nécessaire qu'à dose homéopathique et ne devrait se limiter qu'aux notions fonctionnellement utiles pour l'orthographe.

  "Ils dévoraient la science comme une nourriture précieuse dont leurs aïeux avaient été privés"
Pour accorder ce participe, je ne pense pas qu'il soit indispensable d'apprendre au préalable les notions de subordonnée, de passif  et de plus-que-parfait. Comme dirait Wilmet, dans cette histoire, ce sont les aïeux qui sont privés de quelque chose. Et tout le reste est nomenclature... Une nomenclature qu'il n'est pas inutile d'apprendre par la suite, je vous l'accorde... Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs. C'est simplement ce que je veux dire.

Quant à expliquer quelles sont les valeurs différentes (parfois très subtiles) des différents temps et modes, c'est fort bien, et cela correspond au programme des classes secondaires. Mais le faire sans récapituler au préalable les terminaisons essentielles et les grandes constantes de conjugaison, là aussi, c'est aller un peu vite en besogne. Savoir que tel présent est gnomique et tel imparfait hypocoristique est sans doute formateur, mais n'est pas d'une utilité immédiate pour conjuguer correctement et bien orthographier les terminaisons.

Cordialement.