11

Subjonctif présent ou imparfait ?

Sinon, c'est pas Cicéron qui a dit « Oderint, dum metuant »

12

Subjonctif présent ou imparfait ?

C'était donc ici ! En réalité, Cicéron a bien repris cette locution - tirée du poète tragique Accius - dans son De Officiis (I,28,97)... Mais vous avez raison, comme souvent d'ailleurs.

13

Subjonctif présent ou imparfait ?

Salut !
J'ai une question à vous poser sur l'emploi du subjonctif.
D'abord, voici le contexte, l'extrait de Les misérables  :

Dans les premières années de la Restauration, M. Gillenormand, qui était encore jeune, – il n’avait que soixante-quatorze ans en 1814, – avait habité le faubourg Saint-Germain, rue Servandoni, près Saint-Sulpice. Il ne s’était retiré au Marais qu’en sortant du monde, bien après ses quatrevingts ans sonnés.
Et en sortant du monde, il s’était muré dans ses habitudes. La principale, et où il était invariable, c’était de tenir sa porte absolument fermée le jour, et de ne jamais recevoir qui que ce soit, pour quelque affaire que ce fût, que le soir. Il dînait à cinq heures, puis sa porte était ouverte. C’était la mode de son siècle, et il n’en voulait point démordre. (...)

Comme vous voyez, dans la phrase soulignée, Hugo a utilisé pour les deux propositions subordonnées circonstancielles(concession? opposition?) le subjonctif présent et imparfait.
Je ne comprends pas pourquoi et veux savoir la règle concernée.
1. Quelle est la différence syntaxique ou sémantique ?
2. Si on écrit :
   a) C’était de ne jamais recevoir qui que ce soit, pour quelque affaire que ce soit, que le soir. 
   b) C’était de ne jamais recevoir qui que ce fût, pour quelque affaire que ce fût, que le soir. 
   c) C’était de ne jamais recevoir qui que ce fût, pour quelque affaire que ce soit, que le soir.
   
laquelle phrase est-elle correcte ou incorrecte ?

Je souhaite que ma question soit compréhensible, et je vous remercie d'avance.

Subjonctif présent ou imparfait ?

Je peux t'en proposer trois explications :

Elle est si commune que l'on peut prendre qui que ce soit pour construction figée. 

Peut-être qu'avec les deux subjonctifs, il a rendu la phrase plus douce à l'oreille.  (Les Français n'aiment pas la répétition des mots.)

Dans la langue classique, l'imparfait du subjonctif corresponde au conditionnel de l'indicatif.  On peut y voir, donc, une nuance d'éventualité.  Qui que ce soit : supposons qu'il y ait quelqu'un à la porte.  Pour quelque affaire que ce fût : Si je le recevais, je découvrais qu'il était venu pour quelle affaire ?

Même si la troisième me semble suffisante et très logique, il ne faut pas sous-estimer l'importance de l'oreille.

15

Subjonctif présent ou imparfait ?

Très bonne observation, Hwang, et c'est effectivement surprenant.
Les raisons affectives de préférer le subjonctif imparfait au présent pour l'un des deux subjonctifs me paraissent plus fondées sur l'euphonie que sur le sens (même si l'on peut éventuellement prétendre que l'affaire en question a pris naissance avant que la personne apparaisse à la porte). La formule "qui que ce fût" a souvent été employée par Hugo sans problème et il aurait pu (voire "dû" selon les canons classiques de la grammaire) l'utiliser ici, mais cette formule un peu lourde aurait pâti de la répétition avec "quelque affaire que ce fût". Hugo a préféré faire une petite entorse à la cohérence et à la concordance au profit de la variété dans la phrase, l'absence du répétition si proche dans la phrase.

Subjonctif présent ou imparfait ?

Obsolète, l'imparfait du subjonctif ? scanda notre invité 

C'est une affaire de goût. On ne peut simplifier la chose, planquant dans les tiroirs de la langue française les propos obsolètes du reste. Autrement, et à ce rythme-là (que Dieu nous garde du Malin), le SMS deviendra la norme dans peu de temps
En matière d'écriture, le subjonctif exprime une certaine élégance - une maîtrise de la langue doublée d'un souci esthétique. Il faut encore que le contexte corresponde. Par contre, lorsque le propos est exprimé plus généralement ou s'il faut seulement parler, je reconnais qu'il eût fallu plutôt éviter le barbarisme susmentionné au risque de noyer son auditoire dans les marasmes abscons des constructions trop savamment alambiquées. On parle alors de compassion
La nuance est large. Ce n'est pas toujours simple ++

Subjonctif présent ou imparfait ?

Ah oui, c'est sûr, toujours élégant et esthétique, le subjonctif imparfait ! 
Comme écrivait Alphonse Allais :


Ah ! Fallait-il que je vous visse             
Fallait-il que vous me plussiez
Qu'ingénument je vous le disse
Qu'avec orgueil vous vous tussiez
Fallait-il que je vous aimasse
Que vous me désespérassiez           
Et qu'enfin je m'opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez

18

Subjonctif présent ou imparfait ?

BillM a écrit :

Peut-être qu'avec les deux subjonctifs, il a rendu la phrase plus douce à l'oreille.  (Les Français n'aiment pas la répétition des mots.)

lamaneur a écrit :

Les raisons affectives de préférer le subjonctif imparfait au présent pour l'un des deux subjonctifs me paraissent plus fondées sur l'euphonie que sur le sens (...)
Hugo a préféré faire une petite entorse à la cohérence et à la concordance au profit de la variété dans la phrase, l'absence du répétition si proche dans la phrase.

J'étais curieux plus du subjonctif présent que du subjonctif imparfait, car j'avais entendu dire que, dans la langue écrite, quand le verbe de la proposition principale est au passé, on doit(?) employer l'imparfait ou le plus-que-parfait.

Maintenant, grâce à vous deux, mon doute s'est dissipé.
Merci, BillM et lamaneur.

Subjonctif présent ou imparfait ?

Bonjour

J'ai revu le chapitre de ma "Contribution à la grammaire et à l'orthographe" (accessible sur ce forum) intitulé "les temps du subjonctif dans la subordonnée".    Il me semble qu'il contient quelques sérieux arguments en faveur du subjonctif imparfait.  Je parle de la version du texte au format doc.

Cordialement et respectueusement

Subjonctif présent ou imparfait ?

Dans les phrases suivantes dites-moi si l'emploi du subjonctif passé est juste pour respecter la concordance de temps ou s'il faut tout simplement employer le subjonctif présent:

"j'attendais les paroles fortes qui devaient être prononcées pour que je pusse sortir."

"Il n'y avait rien que je pusse faire pour changer cela."