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Montesquieu, Lettres persanes, 99 - Je trouve les caprices de la mode...

Bonjours, je suis en première S et pour l'oral du Bac de Français que je passe lundi 6 Juillet je "m'amuse" à refaire mes fiches analytiques trop incomplètes et désordonnées à mon goût (oh non ce n'est pas la faute de mon professeur!!!!).
Je m'attaque aujourd'hui à la lettre persane n°99 de Montesquieu.
Voici le texte en question:

MONTESQUIEU (1869-1755), Lettres persanes, lettre 99, 1721
RICA A RHEDI, A Venise.

     Je trouve les caprices de la mode, chez les Français, étonnants. Ils ont oublié comment ils étaient habillés cet été ; ils ignorent encore plus comment ils le seront cet hiver. Mais, surtout, on ne saurait croire combien il en coûte à un mari pour mettre sa femme à la mode.
     Que me servirait de te faire une description exacte de leur habillement et de leurs parures? Une mode nouvelle viendrait détruire tout mon ouvrage, comme celui de leurs ouvriers, et, avant que tu n’eusses reçu ma lettre, tout serait changé.
     Une femme qui quitte Paris pour aller passer six mois à la campagne en revient aussi antique que si elle s’y était oubliée trente ans. Le fils méconnaît le portrait de sa mère, tant l’habit avec lequel elle est peinte lui paraît étranger; il s’imagine que c’est quelque Américaine qui y est représentée, ou que le peintre a voulu exprimer quelqu’une de ses fantaisies.
     Quelquefois, les coiffures montent insensiblement, et une révolution les fait descendre tout à coup. Il a été un temps que leur hauteur immense mettait le visage d’une femme au milieu d’elle-même. Dans un autre, c’étaient les pieds qui occupaient cette place : les talons faisaient un piédestal, qui les tenait en l’air. Qui pourrait le croire ? Les architectes ont été souvent obligés de hausser, de baisser et d’élargir les portes, selon que les parures des femmes exigeaient d’eux ce changement, et les règles de leur art ont été asservies à ces caprices. On voit quelquefois sur le visage une quantité prodigieuse de mouches1, et elles disparaissent toutes le lendemain. Autrefois, les femmes avaient de la taille et des dents ; aujourd’hui, il n’en est pas question. Dans cette changeante nation, quoi qu’en disent les mauvais plaisants, les filles se trouvent autrement faites que leurs mères.
     Il en est des manières et de la façon de vivre comme des modes : les Français changent de mœurs selon l’âge de leur roi. Le Monarque pourrait même parvenir à rendre la Nation grave, s’il l’avait entrepris. Le prince imprime le caractère de son esprit à la Cour; la Cour, à la Ville, la Ville, aux provinces. L’âme du souverain est un moule qui donne la forme à toutes les autres.

De Paris, le 8 de la lune de Saphar, 1717

Je m'inspire de ce que je peux trouver sur internet pour refaire mes fiches analytiques et du peu de contennu que je peux trouver dans celles réalisées en cours. Pour la lettre ci dessus de Montesquieu j'ai réalisé le plan suivant et j'aimerais savoir s'il est cohérent:

I-Une lettre vivante et distrayante
   a-les indices de la correspondance
   b-un récit structuré et à un rythme rapide

II-Caricature de la mode
   a-exagération du côté éphémère de la mode
   b-une mode très extravagente
   c-conséquences de la mode

III-Une critique de la Haute Société et de la Royauté
   a-la Haute Société moutonnière et superficielle
   b-l'influence du souverain sur ses sujets

J'attend votre réponse avec impatience. Merci d'avance.

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Montesquieu, Lettres persanes, 99 - Je trouve les caprices de la mode...

Bonjour, bonjour !

Je vois que nous avons exactement la même méthode de travail pour la même date d'oral Je suis justement en train de travailler sur la lettre persane n°99.
Je trouve ton plan très bien fait. Peut-être pourrais-tu rajouter dans ta première partie une sous-partie sur l'intérêt du genre épistolaire pour Montesquieu, cet intérêt étant de créer :
- un regard étranger faussement naïf qui permet d'observer la société en faisant semblant d'être surpris par le ridicule et par l'excès de certaines attitudes
- un côté exotique et oriental, très à la mode dans les salons du XVIIIème siècle
- un genre accessible à tous et qui favorise une intimité entre l'auteur et le lecteur
- une forme courte qui favorise la satire, un genre en prise directe avec la réalité

J'espère que j'aurais pu t'aider!
Bon courage !

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Montesquieu, Lettres persanes, 99 - Je trouve les caprices de la mode...

Je te remercie de ton aide et je vois que tu as un niveau bien meilleur que le mien en français. J'espère que ça ne te dérange pas de répondre à cette autre question.

Dans le petit b de ma première grande partie j'ai mis les éléments ci-dessous. J'aimerais savoir si il réponde bien au titre de ma sous partie.
J'avoue que j'ai eu beaucoup de mal à démontrer que le rythme du récit était rapide et je ne sais pas si j'ai bien saisie la structure du récit.

b- Un récit structuré et à un rythme rapide

_ 1er paragraphe: annonce du thème abordé: « la mode » x2
                                            thèse négative: « caprices de la mode »
+ il est question de la fortune dépensée pour la mode par les hommes français pour leur femmes
+ question du changement continuel de la mode
_ 2ème paragraphe reprend de façon encore plus caricatural le côté éphémère de la mode
pas le tps de la décrire avant qu'elle soit dépassée
impression d'assister à une course
+ image du travail gaspillé des ouvriers
_ 3ème paragraphe: exemple, petite fable = précision de la démonstration
montre:
-enore rapidité de changement: accélération avec échelle de temps explicite: 6 mois de campagne= 30 ans à Paris
-importance de l'apparance
influence de la mode: fils ne reconnaît plus sa mère
==> 3 premiers paragraphes: montrent omniprésence de la mode + son côté éphémère
_ 4ème paragraphe: domaines de la mode + les changements qui vont avec (coiffure, vêtements/chaussures, maquillage)
+ problèmes/conséquences que la mode pose dans le domaine de l'architecture
_changements rapides: rythmebinaire des phrases: « et »: marque style changeant
« tout à coup »: marque brusquerie du changement
« hausser, baisser, élargir »: rapide, succession de verbes infinitif de sens contraire
_ 5ème paragraphe: généralisation
mode: singulier on passe au pluriel
moeurs des français aussi changeantes que la mode
influence des rois sur la mode, et donc sur les sujets
==> critique pas eulement la mode: critique aussi du souverain

J'aimerais beaucoup avoir ton avis sur cet axe.


Ensuite pour la deuxième grande partie j'ai peur de tomber dans la simple définition du texte mais je vais tenter de la rédiger et si ça ne te pose pas trop de problèmes je te poserais certainement quelques questions.
Voilà, je te remercie d'avance.

Si d'autres personnes veulent bien me donner quelques conseils je suis tout à fait preneuse!!

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Montesquieu, Lettres persanes, 99 - Je trouve les caprices de la mode...

Hop là,

Alors, quelques petites remarques, mais qui ne sont pas forcément aussi justes que celles que pourrait te faire un prof.

Ce que tu as noté est juste en général, mais ce n'est pas forcément pertinent dans cette partie. Il s'agit seulement d'une sous-partie qui n'a pas besoin d'être très longue, sinon, tu n'auras plus grand chose à mettre dans les autres. Peut-être m'as-tu montré ici tes principales remarques sur le texte en entier? Je reprends ce que tu as noté pour te donner les remarques qui me viennent à l'esprit :

b- Un récit structuré et à un rythme rapide

- 1er paragraphe: annonce du thème abordé: « la mode » x2
                                            thèse négative: « caprices de la mode » : tu pourrais mettre ces remarques dans la seconde partie sur la mode, peut-être pour l'introduire à l'oral.

+ il est question de la fortune dépensée pour la mode par les hommes français pour leur femmes : ne serait-ce pas plutôt à mettre dans la partie sur les conséquences de la mode?

+ question du changement continuel de la mode : à mettre justement dans le paragraphe sur son côté éphémère.

_ 2ème paragraphe: reprend de façon encore plus caricatural le côté éphémère de la mode
pas le tps de la décrire avant qu'elle soit dépassée
impression d'assister à une course : ça, c'est à mettre dans la partie sur le rapport de la mode au temps. (I/B)
+ image du travail gaspillé des ouvriers (conséquences)

_ 3ème paragraphe: exemple, petite fable (je ne crois pas qu'il s'agisse d'une fable, mais plus d'une anecdote, la fable est un genre à elle seule, et comme tu l'as remarqué, il s'agit ici du genre épistolaire) = précision de la démonstration, et l'illustre pour la rendre plus accessible à tous.
montre:
-encore rapidité de changement: accélération avec échelle de temps explicite: 6 mois de campagne= 30 ans à Paris (la mode a un impact sur le temps et l'espace)
-importance de l'apparence
influence de la mode: fils ne reconnaît plus sa mère (perte d'identité)
==> 3 premiers paragraphes: montrent omniprésence de la mode + son côté éphémère

_ 4ème paragraphe: domaines de la mode + les changements qui vont avec (coiffure, vêtements/chaussures, maquillage)
+ problèmes/conséquences que la mode pose dans le domaine de l'architecture, avec le ton humoristique du plus jeune des persans
_changements rapides: rythme binaire des phrases: « et »: marque style changeant
« tout à coup »: marque brusquerie du changement
« hausser, baisser, élargir »: rapide, succession de verbes infinitif de sens contraire
_ 5ème paragraphe: généralisation
mode: singulier on passe au pluriel
moeurs des français aussi changeantes que la mode
influence des rois sur la mode, et donc sur les sujets
==> critique pas eulement la mode: critique aussi du souverain (et des sujets, incapables de réfléchir par eux-mêmes comme le voudraient les philosophes du siècle des Lumières).

J'espère avoir pu t'aider et que mes remarques sont claires!

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Montesquieu, Lettres persanes, 99 - Je trouve les caprices de la mode...

Merci, merci pour ta réponse!
En faite je me rend compte que j'ai rien à mettre dans cette partie, je dois pas bien saisir ce que c'est la structure du récit et je comprend pas non plus comment montrer qu'il y a un rythme rapide. Oulala, ce texte est vachement compliqué!
Pourrais-tu me dire où je peux trouver une lecture analytique pour ce texte complète et simple parce que là j'ai plus le temps de la refaire toute seule!

Merci encore.

Montesquieu, Lettres persanes, 99 - Je trouve les caprices de la mode...

bonjour, je dois établir un plan répondant à la problèmatique suivante :

En quoi l'exemple de la mode permet-il la dénonciation ?

Voici la lettre:

MONTESQUIEU (1869-1755), Lettres persanes, lettre 99, 1721
RICA A RHEDI, A Venise.

Je trouve les caprices de la mode, chez les Français, étonnants. Ils ont oublié comment ils étaient habillés cet été ; ils ignorent encore plus comment ils le seront cet hiver. Mais, surtout, on ne saurait croire combien il en coûte à un mari pour mettre sa femme à la mode.
     Que me servirait de te faire une description exacte de leur habillement et de leurs parures? Une mode nouvelle viendrait détruire tout mon ouvrage, comme celui de leurs ouvriers, et, avant que tu n’eusses reçu ma lettre, tout serait changé.
     Une femme qui quitte Paris pour aller passer six mois à la campagne en revient aussi antique que si elle s’y était oubliée trente ans. Le fils méconnaît le portrait de sa mère, tant l’habit avec lequel elle est peinte lui paraît étranger; il s’imagine que c’est quelque Américaine qui y est représentée, ou que le peintre a voulu exprimer quelqu’une de ses fantaisies.
     Quelquefois, les coiffures montent insensiblement, et une révolution les fait descendre tout à coup. Il a été un temps que leur hauteur immense mettait le visage d’une femme au milieu d’elle-même. Dans un autre, c’étaient les pieds qui occupaient cette place : les talons faisaient un piédestal, qui les tenait en l’air. Qui pourrait le croire ? Les architectes ont été souvent obligés de hausser, de baisser et d’élargir les portes, selon que les parures des femmes exigeaient d’eux ce changement, et les règles de leur art ont été asservies à ces caprices. On voit quelquefois sur le visage une quantité prodigieuse de mouches, et elles disparaissent toutes le lendemain. Autrefois, les femmes avaient de la taille et des dents ; aujourd’hui, il n’en est pas question. Dans cette changeante nation, quoi qu’en disent les mauvais plaisants, les filles se trouvent autrement faites que leurs mères.
     Il en est des manières et de la façon de vivre comme des modes : les Français changent de mœurs selon l’âge de leur roi. Le Monarque pourrait même parvenir à rendre la Nation grave, s’il l’avait entrepris. Le prince imprime le caractère de son esprit à la Cour; la Cour, à la Ville, la Ville, aux provinces. L’âme du souverain est un moule qui donne la forme à toutes les autres.

De Paris, le 8 de la lune de Saphar, 1717

Merci beaucoup de votre aide....

I/Un parallèle entre la mode et le comportement des français
1) ?
2)?
II/  ?

Montesquieu, Lettres persanes, 99 - Je trouve les caprices de la mode...

Bonjour,
  Je suis élève en 1èreS, je suis actuellement en train de préparer des fiches pour les textes Bac qui sont à présenter à l'oral pour le bac.
En cours la professeur ne nous donne pas vraiment les axes, ni les idées directrices. C'est donc pour cela que je fais appel à vous tous, pour savoir si vous pourriez m'aider à trouver les axes du commentaire littéraire de la lettre 99 des Lettres persanes de Montesquieu.
Merci d'avance, vous me serez d'une grande aide.

Voici le texte en question:

MONTESQUIEU (1869-1755), Lettres persanes, lettre 99, 1721
RICA A RHEDI, A Venise.

     Je trouve les caprices de la mode, chez les Français, étonnants. Ils ont oublié comment ils étaient habillés cet été ; ils ignorent encore plus comment ils le seront cet hiver. Mais, surtout, on ne saurait croire combien il en coûte à un mari pour mettre sa femme à la mode.
     Que me servirait de te faire une description exacte de leur habillement et de leurs parures? Une mode nouvelle viendrait détruire tout mon ouvrage, comme celui de leurs ouvriers, et, avant que tu n’eusses reçu ma lettre, tout serait changé.
     Une femme qui quitte Paris pour aller passer six mois à la campagne en revient aussi antique que si elle s’y était oubliée trente ans. Le fils méconnaît le portrait de sa mère, tant l’habit avec lequel elle est peinte lui paraît étranger; il s’imagine que c’est quelque Américaine qui y est représentée, ou que le peintre a voulu exprimer quelqu’une de ses fantaisies.
     Quelquefois, les coiffures montent insensiblement, et une révolution les fait descendre tout à coup. Il a été un temps que leur hauteur immense mettait le visage d’une femme au milieu d’elle-même. Dans un autre, c’étaient les pieds qui occupaient cette place : les talons faisaient un piédestal, qui les tenait en l’air. Qui pourrait le croire ? Les architectes ont été souvent obligés de hausser, de baisser et d’élargir les portes, selon que les parures des femmes exigeaient d’eux ce changement, et les règles de leur art ont été asservies à ces caprices. On voit quelquefois sur le visage une quantité prodigieuse de mouches1, et elles disparaissent toutes le lendemain. Autrefois, les femmes avaient de la taille et des dents ; aujourd’hui, il n’en est pas question. Dans cette changeante nation, quoi qu’en disent les mauvais plaisants, les filles se trouvent autrement faites que leurs mères.
     Il en est des manières et de la façon de vivre comme des modes : les Français changent de mœurs selon l’âge de leur roi. Le Monarque pourrait même parvenir à rendre la Nation grave, s’il l’avait entrepris. Le prince imprime le caractère de son esprit à la Cour; la Cour, à la Ville, la Ville, aux provinces. L’âme du souverain est un moule qui donne la forme à toutes les autres.

De Paris, le 8 de la lune de Saphar, 1717