L’élision

Bonjour tout le monde

Cette question m’a été posée et malgré d’innombrables recherches, rien à se mettre sous la dent :

Le pronom « je » s’élide normalement quand j’écris : j’aime chanter.

Pourquoi le pronom « elle » ne s’élide-t-il pas quand j’écris : elle aime chanter ?

Vous pouvez toujours rappeler les règles de base, mais pourquoi on n’élide pas « elle » dans cet exemple .
A la vérité cette question arrive du Canada, où le français est pourtant tenu en haute estime mais la question émane d’une Anglaise habitant le Canada. CQFD (ce qu’il fallait dire) !

Je reste dans mon fauteuil.
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L’élision

On élide le E de JE parce que c'est un E sonore (on dit JEU) alors que celui de elle est déjà muet (on dit el') L'élision étant d'ailleurs uniquement destinée à éviter le hiatus ; avec "el" il ne risque pas d'y en avoir èlèm' chanter Alors que si on n'élide pas Jeu ème' chanter quelle horreur 

L’élision

Bonjour Léah

OK pour l'élision verbale qui se fait automatiquement.

Mais pour l'élision écrite, je suis donc obligé de placer la règle de base:

"l'élision est l'amuïssement d'une voyelle finale devant un mot commençant par une voyelle..."

Je cherche surtout à trouver pourquoi l'élision n'a pas lieu dans ce cas, sauf à de nouveau rentrer dans les exceptions.

Je crois que sans ces exceptions la grammaire se réduirait à quelques pages et encore en demi format.

Mais je suis attentif à toute indication,  car mes ultimes recherches se sont heurtées à des règles du Moyen-Age trop fragmentaires pour être exploitées.
Pas de réponse évidente, aiguise toujours ma curiosité.

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L’élision

Mais on fait aussi l'élision écrite avec JE, donc je ne comprends pas ta question , tu voudrais qu'on élide ELLE ? et pourquoi ? Il faudrait alors élider TOUS les mots qui se finissent par un E muet et ça ne manque pas !
Bonn' année par exemple 
On élide JE à l'écrit justement parce que le EU de JE est sonore, et qu'il faut éviter le hiatus

Ce que dit Grévisse
"L'élision n'est pas toujours marquée dans l'écriture ; quand elle l'est, la voyelle qui s'élide est remplacée par une apostrophe"

L’élision

Grevisse est très clair :

L'élision dans l'écriture (ou apostrophe) se marque toujours, lorsqu'elle concerne E, dans les seuls monosyllabes me, te, se, le, que, de, ne et dans jusque.
* ° Je aime. → J'aime.
* Elle aime.

La différence vient de ce que le E de JE isolé est toujours prononcé, alors que celui de ELLE ne l'est pas. Il est donc superflu de marquer à l'écrit, par une apostrophe, un E qui ne se prononce pas.

L’élision

Bonsoir

J’arrive, ou suis-je arrivé ?

déclare Grevisse au cours des nombreuses pages consacrées à l’élision et à la disjonction, ce qui prouve bien que le sujet est
« brûlant » et j’arrête là ma demande d’explications vu qu’en dehors des REGLES , ces sacro saintes règles, on n’arrive pas à justifier le pourquoi de ma question initiale.

Merci quand même de vous être penché sur le sujet.
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L’élision

Bonsoir

JE s'élide devant un verbe commençant par une voyelle : J'arrive.
Sauf lorsqu'il suit le verbe (ou son auxiliaire) : Suis-je arrivé ?

Les grammaires n'en donnent pas la justification. Tout au plus une vague explication qui tient de la phonétique.

Désolé !

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L’élision

Par contre, comment s'appelle cet effet que je trouve très poétique dans notre langue et que l'on repère dans de telles formes : "aimé-je" "eussé-je aimé" ?

L’élision

Une dés'élision !

Je crois que c'est l'effet hiatus, mais avec les consonnes : aim'je, chant'je, euss'je... sont assez difficiles à prononcer et on ajoute une voyelle dite, en phonétique, "d'appui"
Le E de "escalier" est ainsi devenu voyelle à part entière dans le mot, E qui en ancien français n'existait pas (venant du latin "scala" que l'on retrouve dans "escalator" muni de son E puisque le mot escalier était depuis longtemps en usage quand on a inventé ces escaliers roulants) Certaines personnes disent "une Estatue" pour une statue, pour les mêmes raisons ; un'statue demande plus d'efforts à l'appareil phonatoire. La tendance, en ce domaine comme dans beaucoup d'autres, étant au moindre effort. On explique ainsi le glissement du son E vers le O dans des mots commençant par RE ; le O étant prononcé au fond de la gorge comme le R alors que le E est plus vers l'avant de la langue

De plus les poètes sont toujours à l'affût des petits trucs qui leur permettent d'ajouter, ou de supprimer, des syllabes. D'où en poésie la si utile graphie "encor" et les diérèses parfois déclinées en deux syllabes, parfois non ; dont Heredia a si largement fait usage !
Tu peux ainsi avoir deux dodécasyllabes
Jose-Maria de Heredia, ce grand poète
Jose-Mari/a de Heredi/a, poète...

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L’élision

Merci Léah pour ces précisions toujours bien fournies