Être celui qui : une mise en relief ?

Bonjour,

je fais appel à vos lumières concernant une question sur la tournure emphatique. J'ai bien remarqué en cherchant un peu que le thème avait déjà été abordé par le passé (le dernier sujet datant quand même de février dernier), mais n'étant à vrai dire pas certain que la phrase sur laquelle je doute s'inscrit bien dans ce cadre, je me permets de créer une nouvelle discussion.

La phrase serait donc :

Je suis celui qui devrait prendre de bonnes résolutions.

S'agit-il d'une emphase ? Si tel est le cas, est-il exact que la bonne conjugaison du verbe est "devrais" ?

Pour ma part, j'ai surtout entendu parler de tournures emphatiques avec le démonstratif "ce" ou "c'est", et les sept derniers mots de cette phrase peuvent très bien composer un attribut à rallonge, mais un doute subsiste.

Le ridicule ne tuant pas, je pose tout de même la question Voir aussi :  ►  "C'est moi qui le dit" ou "c'est moi qui le dis"

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Être celui qui : une mise en relief ?

Cet énoncé fonctionne exactement de la même manière qu'une phrase clivée - tout en faisant l'économie du présentatif - par un effet d'insistance sur le sujet que l'on nomme "thématisation": c'est moi qui devrais prendre de bonnes résolutions (clivage par thématisation). On pourrait en effet parler de tournure emphatique, ou plus simplement de tournure d'insistance.

En ce qui concerne l'accord, autant on dit "c'est moi qui prends" (première personne), autant dans le cas présent, la phrase semble pouvoir se gloser en "je suis lui qui est", avec un effet de distanciation rhétorique entre "je" et "lui" (souvenons-nous que "celui" = "ce lui"). On trouve cependant dans la bible traduite en latin: "ergo sum qui sum" (je suis celui qui suis). C'est tout le problème de ces phrases préconstruites, qui ont tendance à s'employer telles quelles, quitte à ne plus respecter les règles syntaxiques de base.

Je suis dans le flou, tout comme toi.

Être celui qui : une mise en relief ?

Bonjour Piotr,

Voir le message n° 2 de la discussion ajoutée dans votre message :

Webmestre y a écrit :
[…] Règle : quand le sujet est le pronom relatif qui, le verbe s'accorde en personne et en nombre avec l'antécédent de ce pronom. […]

Exemples, sur une photo :
- Je suis celui qui est à gauche ;
- C'est moi qui suis à gauche.

Donc :
- Je suis celui qui devrait prendre de bonnes résolutions ;
- C'est moi qui devrais prendre de bonnes résolutions.

Muriel

Être celui qui : une mise en relief ?

C'est vrai que finalement, il n'y a pas de subordonnée relative...
Comme quoi la langue française peut parfois se révéler intransigeante de simplicité.

Merci pour vos interventions !

Être celui qui : une mise en relief ?

Pas de relative ?

Être celui qui : une mise en relief ?

Euh, si.

Pardon, je me suis mal exprimé.
Il y a bien une relative, mais l'antécédent est "celui", et non "suis".

Au départ, je réfléchissais en prenant "celui qui" pour une seule locution indissociable.

Être celui qui : une mise en relief ?

Oui, bien sûr que si, Piotr.
Ce sont des relatives.
Et comme indiqué plus haut, l'accord du verbe se fait en fonction de la personne de l'antécédent :

- Je suis celui qui devrait prendre de bonnes résolutions.
Antécédent de qui : celui (remplaçable par "l'homme",3e personne du singulier)
- C'est moi qui devrais prendre de bonnes résolutions.
Antécédent de qui : moi, 1ère personne du singulier.