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Diderot, Discours d'un Philosophe à un Roi - Et si vous daignez m’écouter, je serai de tous les philosophes...

Bonjour je me présente je m'appelle Adeline je suis actuellement en terminale STG j'ai décidé de repasser mon bac français, l'oral est donc la semaine prochaine et j'ai un énorme soucis avec un texte en effet je ne l'avais pas étudié en 1ère et la je ne trouve d'aide nul part sur internet si quelqu'un pouvait me donner des pistes d'études sur ce texte ça m'aiderait beaucoup au moins le plan où savoir de quoi parler s'il vous plait .

Voici le texte que je dois étudier :

Et si vous daignez m’écouter, je serai de tous les philosophes le plus dangereux pour les prêtres, car le plus dangereux des philosophes est celui qui met sous les yeux du monarque l’état des sommes immenses que ces orgueilleux et inutiles fainéants coûtent à ses États ; celui qui lui dit, comme je vous le dis, que vous avez cent cinquante mille hommes à qui vous et vos sujets payez à peu près cent cinquante mille écus par jour pour brailler dans un édifice et nous assourdir de leurs cloches ; qui lui dit que cent fois l’année, à une certaine heure marquée, ces hommes-là parlent à dix-huit millions de vos sujets rassemblés et disposés à croire et à faire tout ce qu’ils leur enjoindront de la part de Dieu ; qui lui dit qu’un roi n’est rien, mais rien du tout, où quelqu’un peut commander dans son empire au nom d’un être reconnu pour le maître du roi ; qui lui dit que ces créateurs de fêtes ferment les boutiques de sa nation tous les jours où ils ouvrent la leur, c’est-à-dire un tiers de l’année ; qui lui dit que ce sont des couteaux à deux tranchants se déposant alternativement, selon leurs intérêts, ou entre les mains du roi pour couper le peuple, ou entre les mains du peuple pour couper le roi ; qui lui dit que, s’il savait s’y prendre, il lui serait plus facile de décrier tout son clergé qu’une manufacture de bons draps, parce que le drap est utile et qu’on se passe plus aisément de messes et de sermons que de souliers ; qui ôte à ces saints personnages leur caractère prétendu sacré, comme je fais à présent, et qui vous apprend à les dévorer sans scrupule lorsque vous serez pressé par la faim ; qui vous conseille, en attendant les grands coups, de vous jeter sur la multitude de ces riches bénéfices à mesure qu’ils viendront à vaquer, et de n’y nommer que ceux qui voudront bien les accepter pour le tiers de leur revenu, vous réservant à vous et aux besoins urgents de votre État les deux autres tiers pour cinq ans, pour dix ans, pour toujours comme c’est votre usage ; qui vous remontre que si vous avez pu rendre sans conséquence fâcheuse vos magistrats amovibles, il y a bien moins d’inconvénient à rendre vos prêtres amovibles ; que tant que vous croirez en avoir besoin, il faut que vous les stipendiiez, parce qu’un prêtre stipendié n’est qu’un homme pusillanime qui craint d’être chassé et ruiné ; qui vous montre que l’homme qui tient sa subsistance de vos bienfaits n’a plus de courage et n’ose rien de grand et de hardi, témoin ceux qui composent vos académies et à qui la crainte de perdre leur place et leur pension en impose au point qu’on les ignorerait sans les ouvrages qui les ont précédemment illustrés.Diderot, Discours d'un philosophe à un roi, 1774

Merci d'avance.