Sujets probables du bac de français 2009

c'est comme avoir une image à commenter

Ca serait marrant ça (mais très dur) !

Je pense qu'il y a au minimum deux textes dans un corpus de bac...

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Sujets probables du bac de français 2009

Détrompez-vous ! Il arrive que le corpus proposé ne soit constitué que d'un seul texte, bien qu'il soit sensiblement plus long ! Argument + illustration : En 2006, les séries littéraires durent travailler, dans le cadre de l'objet d'étude "convaincre, persuader, délibérer", cet extrait du Neveu de Rameau:

[Le Neveu de Rameau se présente comme un dialogue entre « Lui », le neveu du célèbre musicien Rameau, et « Moi », personnage de philosophe qui ne. se confond pas complètement avec l'auteur Diderot. Leur conversation vient d'aborder successivement plusieurs sujets.]

MOI. – Mais j'ai peur que vous ne deveniez jamais riche.
LUI. – Moi, j'en ai le soupçon.
MOI. – Mais s'il en arrivait autrement, que feriez-vous ?
LUI. – Je ferais comme tous les gueux revêtus1 ; je serais le plus insolent maroufle2 qu'on eût encore vu. C'est alors que je me rappellerais tout ce qu'ils m'ont fait souffrir, et je leur rendrais bien les avanies3 qu'ils m'ont faites. J'aime à commander, et je commanderai. J'aime qu'on me loue, et l'on me louera. J'aurai à mes gages toute la troupe vilmorienne4, et je leur dirai, comme on me l'a dit : « Allons, faquins2, qu'on m'amuse » et l'on m'amusera : « Qu'on me déchire5 les honnêtes gens », et on les déchirera, si l'on en trouve encore; et puis nous aurons des filles, nous nous tutoierons quand nous serons ivres; nous nous enivrerons, nous ferons des contes, nous aurons toutes sortes de travers et de vices. Cela sera délicieux. Nous prouverons que de Voltaire est sans génie; que Buffon. toujours guindé sur des échasses, n'est qu'un déclamateur ampoulé6; que Montesquieu n'est qu'un bel esprit; nous reléguerons d'Alembert7 dans ses mathématiques; nous en donnerons sur dos et ventre à tous ces petits Gâtons8 comme vous qui nous méprisent par envie, dont la modestie est le manteau de l'orgueil, et dont la sobriété est la loi du besoin. Et de la musique ! C'est alors que nous en ferons.
MOI. – Au digne emploi que vous feriez de la richesse, je vois combien c'est grand dommage que vous soyez gueux. Vous vivriez là d'une manière bien honorable pour l'espèce humaine, bien utile à vos concitoyens, bien glorieuse pour vous.
LUI. – Mais je crois que vous vous moquez de moi. Monsieur le philosophe, vous ne savez pas à qui vous vous jouez9 ; vous ne vous doutez pas que dans ce moment je représente la partie la plus importante de la ville et de la cour. Nos opulents dans tous les états ou se sont dit à eux-mêmes ou ne se sont pas dit les mêmes choses que je vous ai confiées; mais le fait est que la vie que je mènerais à leur place est exactement la leur. Voilà où vous en êtes, vous autres, vous croyez que le même bonheur est fait pour tous. Quelle étrange vision ! Le vôtre suppose un certain tour d'esprit romanesque que nous n'avons pas, une âme singulière, un goût particulier. Vous décorez cette bizarrerie du nom de vertu, vous l'appelez philosophie; mais la vertu, la philosophie sont-elles faites pour tout le monde ? En a qui peut. en conserve qui peut. Imaginez l'univers sage et philosophe; convenez qu'il serait diablement triste. Tenez, vive la philosophie, vive la sagesse de Salomon10 : boire de bon vin, se gorger de mets délicats, se rouler sur de jolies femmes, se reposer dans des lits bien mollets; excepté cela, le reste n'est que vanité11.
MOI. – Quoi ! défendre sa patrie ?
LUI. – Vanité l II n'y a plus de patrie; je ne vois d'un pôle à l'autre que des tyrans et des esclaves.
MOI. – Servir ses amis ?
LUI. – Vanité ! Est-ce qu'on a des amis ? Quand on en aurait, faudrait-il en faire des ingrats ? Regardez-y bien, et vous verrez que c'est presque toujours là ce qu'on recueille des services rendus. La reconnaissance est un fardeau, et tout fardeau est fait pour être secoué.
MOI. – Avoir un état12 dans la société et en remplir les devoirs ?
LUI. – Vanité ! Qu'importe qu'on ait un état ou non, pourvu qu'on soit riche, puisqu'on ne prend un état que pour le devenir. Remplir ses devoirs, à quoi cela mène-t-il ? A la jalousie, au trouble, à la persécution. Est-ce ainsi qu'on s'avance ? Faire sa cour13, morbleu ! faire sa cour, voir les grands, étudier leurs goûts, se prêter à leurs fantaisies, servir leurs vices, approuver leurs injustices : voilà le secret.
MOI. – Veiller à l'éducation de ses enfants ?
LUI. – Vanité ! C'est l'affaire d'un précepteur.
MOI. – Mais si ce précepteur, pénétré de vos principes, néglige ses devoirs, qui est-ce qui en sera châtié ?
LUI. – Ma foi, ce ne sera pas moi, mais peut-être un jour le mari de ma fille ou la femme de mon fils.
MOI. – Mais si l'un et l'autre se précipitent dans la débauche et les vices ?
LUI. – Cela est de leur état.
MOI. – S'ils se déshonorent ?
LUI. – Quoi qu'on fasse, on ne peut se déshonorer, quand on est riche.
MOI. – S'ils se ruinent ?
LUI. – Tant pis pour eux.
MOI. – Je vois que si vous vous dispensez de veiller à la conduite de votre femme, de vos enfants, de vos domestiques, vous pourriez aisément négliger vos affaires.
LUI. – Pardonnez-moi, il est quelquefois difficile de trouver de l'argent, et il est prudent de s'y prendre de loin.
MOI. – Vous donnerez peu de soins à votre femme ?
LUI. – Aucun, s'il vous plaît. Le meilleur procédé14, je crois, qu'on puisse avoir avec sa chère moitié, c'est de faire ce qui lui convient. A votre avis, la société ne serait-elle pas fort amusante, si chacun y était à sa chose ?
MOI. – Pourquoi pas ? la soirée n'est jamais plus belle pour moi que quand je suis content de ma matinée.
LUI. – Et pour moi aussi.
MOI. – Ce qui rend les gens du monde si délicats sur leurs amusements, c'est leur profonde oisiveté.
LUI. – Ne croyez pas cela : ils s'agitent beaucoup.
MOI. – Comme ils ne se lassent jamais, ils ne se délassent jamais.
LUI. – Ne croyez pas cela : ils sont sans cesse excédés.
MOI. – Le plaisir est toujours une affaire pour eux, et jamais un besoin.
LUI. – Tant mieux; le besoin est toujours une peine.
MOI. – Ils usent tout. Leur âme s'hébète15, l'ennui s'en empare. Celui qui leur ôterait la vie. au milieu de leur abondance accablante, les servirait. C'est qu'ils ne connaissent du bonheur que la partie qui s'émousse16 le plus vite. Je ne méprise pas les plaisirs des sens ; j'ai un palais aussi, et il est flatté d'un mets délicat ou d'un vin délicieux; j'ai un cœur et des yeux, et j'aime à voir une jolie femme. J'aime à sentir sous ma main la fermeté et la rondeur de sa gorge, à presser ses lèvres des miennes, à puiser la volupté dans ses regards et à en expirer entre ses bras. […] mais je ne vous le dissimulerai pas, il m'est infiniment plus doux encore d'avoir secouru le malheureux, d'avoir terminé une affaire épineuse, donné un conseil salutaire, fait une lecture agréable, une promenade avec un homme ou une femme chère à mon cœur, passé quelques heures instructives avec mes enfants, écrit une bonne page, rempli les devoirs de mon état, dit à celle que j'aime quelques choses tendres et douées, qui amènent ses bras autour de mon cou. Je connais telle action que je voudrais avoir faite pour tout17 ce que je possède. […] Un homme de ma connaissance s'était réfugié à Carthagène18 ; c'était un cadet de famille dans un pays où la coutume transfère tout le bien aux aînés. Là il apprend que son aîné, enfant gâté, après avoir dépouillé son père et sa mère, trop faciles, de tout ce qu'ils possédaient, les avait expulsés de leur château, et que les bons vieillards languissaient indigents dans une petite ville de la province. Que fait alors ce cadet qui, traité durement par ses parents, était allé tenter la fortune au loin ? Il leur envoie des secours; il se hâte d'arranger ses affaires; il revient opulent, il ramène son père et sa mère dans leur domicile, il marie ses sœurs. Ah ! mon cher Rameau, cet homme regardait cet intervalle19 comme le plus heureux de sa vie. C'est les larmes aux yeux qu'il m'en parlait; et moi, je sens, en vous faisant ce récit, mon cœur se troubler de joie et le plaisir me couper la parole.
LUI. – Vous êtes des êtres bien singuliers !
MOI. – Vous êtes des êtres bien à plaindre, si vous n'imaginez pas qu'on s'est élevé au-dessus du sort et qu'il est impossible d'être malheureux à l'abri de deux belles actions telles que celles-ci.
LUI. – Voilà une espèce de félicité avec laquelle j'aurai de la peine à me familiariser car on la rencontre rarement. Mais à votre compte, il faudrait donc être d'honnêtes gens ?
MOI. – Pour être heureux ? Assurément.
LUI. – Cependant, je vois une infinité d'honnêtes gens qui ne sont pas heureux et une infinité de gens qui sont heureux sans être honnêtes.

Avec la magnifique petite dissertation : "Le dialogue dans les œuvres littéraires est-il, selon vous, une forme efficace pour inciter le lecteur à la réflexion, et, éventuellement, le convaincre de certaines vérités ?" !

A vos plumes !

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donc possible mais rare ...

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J'aurai une petite question est-ce que l'objet d'étude de l'oral sera le même que celui de l'écrit ? Merci de me répondre

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Non, pas du tout. Le professeur choisit grâce au récapitulatif des objets d'étude et des séquences établi par ton professeur.