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Hugo, Les Contemplations, Horror

J'ai une analyse à faire de chaque strophe du poème il ne me manque plus que la dernière et je ne trouve pas grand chose à dire, avez vous quelque chose à ajouter?

Horror

Depuis quatre mille ans que, courbé sous la haine,
Perçant sa tombe avec les débris de sa chaîne,
Fouillant le bas, creusant le haut,
Il cherche à s'évader à travers la nature,
L'esprit forçat n'a pas encor fait d'ouverture
A la voûte du ciel cachot.

Oui, le penseur en vain, dans ses essors funèbres,
Heurte son âme d'ombre au plafond de ténèbres;
Il tombe, il meurt; son temps est court;
Et nous n'entendons rien, dans la nuit qu'il nous lègue,
Que ce que dit tout bas la création bègue
A l'oreille du tombeau sourd.

Nous sommes les passants, les foules et les races.
Nous sentons, frissonants, des souffles sur nos faces.
Nous sommes le gouffre agité;
Nous sommes ce que l'air chasse au vent de son aile;
Nous sommes les flocons de la neige éternelle
Dans l'éternelle obscurité.

Pour qui luis-tu, Vénus? Où roules-tu, Saturne?
Ils vont. Rien ne répond dans l'éther taciturne.
L'homme grelotte, seul et nu.
L'étendue aux flots noirs déborde, d'horreur pleine;
L'énigme a peur du mot; l'infini semble à peine
Pouvoir contenir l'inconnu.

Toujours la nuit! jamais l'azur! jamais l'aurore!
Nous marchons. Nous n'avons point fait un pas encore!
Nous rêvons ce qu'Adam rêva;
La création flotte et fuit, des vents battue;
Nous distinguons dans l'ombre une immense statue,
Et nous lui disons : Jéhovah!

Donc voila il faut que je termine mon analyse avec la dernière strophe et je ne trouve pas grand chose à dire:

premier vers anaphore de JAMAIS
gradation de la nuit vers le jour mais toujours ruiné par le mot JAMAIS qui est écrit 2 fois.
homonyme de "aurore" et "horror"
ponctuation expressive
expression du sentiment = lyrisme
assonance en F ( flotte et fuit)

voilà je ne trouve rien de plus à dire, merci de m'aider!!

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Hugo, Les Contemplations, Horror

L'anaphore de "jamais" est à mettre en confrontation avec "toujours", de même que "nuit" est à voir en opposition avec "jour" et "aurore".

Le deuxième vers est également étrange : le prédicat "nous marchons" n'est-il pas contredit par le phrase suivante "Nous n'avons point fait un pas encore!", qui nie toute marche ?

Une figure de style pour le troisième vers : un dérivation (rêvons/rêva) qui crée un espace cyclique, avec une analogie "nous"/Adam (le premier homme).

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Hugo, Les Contemplations, Horror

Bonjour Max,

Quelques bonnes notations !
Examine ces pistes supplémentaires :

Pas d'anaphore dans le premier vers car l'expression doit être en tête et répétée au moins trois fois.
Je regarderais les oppositions ou antithèses : toujours <> jamais, ombre <> lumière.
Enonciation par le nous : le poète fait partie de l'humanité.
Comment justifier la répétition de "rêve" ?
Comment Hugo apprécie-t-il les progrès de l'esprit humain ?
Quelles images servent à évoquer ce destin ?
Pourquoi cette intertextualité à la Bible ? et à quelle partie ? pourquoi ? Comment est évoqué Dieu ?