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« La langue française, langue de la modernité »

Bonjour,

Avec un peu de retard, j'attire votre attention sur ce discours académique d’Hélène CARRÈRE D’ENCAUSSE
qui a pour titre « La langue française, langue de la modernité ».

Bonne lecture ! 

Cyril

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« La langue française, langue de la modernité »

Bonjour Cyril,

Merci pour ce lien roboratif.

J'imagine que ces propos ont dû réchauffer votre coeur d'amoureux des dictionnaires.

J'en retiens un appel à poursuivre la mission, ici même.

Cela signifie que l’enrichissement de la langue française est l’affaire de tous ceux qui disposent d’une autorité, d’un moyen de communication, du prestige. L’avenir du français est l’affaire de chacun d’entre nous à sa place, avec ses moyens. Si nous en sommes conscients à chaque instant, notre langue continuera à gagner.

Quand je vois l'origine des appels dans le forum, je me dis que Mme d'Encausse est prophétesse. L'alliance de la modernité, représentée par l'informatique et l'internet, avec le goût de la belle langue peut continuer à attirer des amoureux exigeants.

Merci de nous fournir l'outil adéquat et attrayant pour que le français continue à vivre.

« La langue française, langue de la modernité »

C'est bien beau comme discours, mais la modernité de notre chere académicienne, reste et restera pour l'éternité une modernité d'aristocrate : "la francophonie", le prestige français, l'honneur de la langue française, blablablabla, c'est de la politique...

la belle langue française reposant sur la pratique d'une micro-société de cour devant représenter 5% de la population du XVII et du XVIII siècle...

et le plus savoureux, ce sont ces raccourcis réducteurs par lesquels on opère aucune distinction entre orthographe, sémantique et grammaire qui évoluent tous trois selon des principes différents  : institutionnels, extra-linguistiques, intra-linguistiques.

et ce qui est appréciable aussi, c'est ce dédain clairement affiché pour la pratique des différentes "argots", dirons-nous, qui sont, dit-elle en mentant honteusement, considéré comme "un vocabulaire technique anglo-américain simpliste" et qui serait considéré comme "les meilleurs outils de communication modernes" : encore un autre raccourci mensonger...

mais ce n'est pas grave, c'est D'ENCAUSSE qui cause qui donc restont muet devant tant de perspicacité linguistique...

et pour finir, nous dirons chere Madame.... que mettant en avant les propos de Voltaire sur l'élite française, vous avez oublié de mentionner que ce progressiste (sur certains apects) souhaitait mettre en place une réforme du systéme des doubles consonnes de notre orthographe..."Corruption" s'écriraient les "modernes" descendants de notre académie française....

Il ne s'agit pas de savoir si la langue française peu encore se prévaloir de sa perfection dix-septiémiste, mais plutôt de savoir si l'on souhaite avoir, au nom de la beauté de notre langue, 40 millions de personnes ne sachant ni lire, ni écrire : ce n'est pas un choix de langue, c'est un choix de société !

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« La langue française, langue de la modernité »

Bonjour Poilue,

Cette critique me paraît excessive.
Ne pas être en admiration béate devant une autorité est une chose - cette attitude peut marquer un véritable esprit critique - ce dénigrement systématique en est une autre.

la modernité de notre chere académicienne, reste et restera pour l'éternité une modernité d'aristocrate

Certes cette dame porte un nom à particule, mais elle ne revendique pas un usage du français réservé à une élite privilégiée. Elle reconnaît simplement un fait sociologique. La diffusion d'une langue repose d'abord sur le partage d'une culture, sur son utilité pour communiquer... Mais une langue sort de son domaine d'expansion naturelle par son autorité, le symbole de puissance qu'elle représente. Cette constatation est politique, je le concède, elle est en même temps pragmatique. Ce ne sont pas nos voisins anglo-saxons qui me démentiront, eux qui profitent de la puissance du dollar et de la technologie américaine pour coloniser les tribunes politiques et plus sournoisement les cultures européennes.

Pour ma part, j'ai perçu dans les propos de notre académicienne un désir d'exigence, une envie de résister à toutes les contaminations et abâtardissements qui font courir un risque mortel au génie de la langue. Elle défend plutôt l'idée d'une nécessaire adaptation au monde moderne, mais sous contrôle pour éviter un foisonnement sauvage qui disqualifierait des créations sans discernement, sans rattachement à une histoire culturelle. Aujourd'hui, elle est bien une des seules à croire dans le rayonnement de notre langue. Si je ne partage pas toujours le constat, du moins je m'inscris dans le combat volontariste.

le plus savoureux, ce sont ces raccourcis réducteurs par lequel on opère aucune distinction entre orthographe, sémantique et grammaire

Je ne me hasarderais pas dans une querelle de spécialistes. Je ne suis pas linguiste, mais il me semble qu'une langue se définit par ces trois domaines. Faut-il les examiner séparément ou conjointement ? Pour les deux premiers, surtout quand on constitue un dictionnaire, l'examen conjoint s'impose, quant au troisième il pointe le bout de son nez dès que l'on touche aux exemples...

Il ne s'agit pas de savoir si la langue française peu encore se prévaloir de sa perfection dix-septiémiste, mais plutôt de savoir si l'on souhaite avoir, au nom de la beauté de notre langue, 40 millions de personnes ne sachant ni lire, ni écrire : ce n'est pas un choix de langue, c'est un choix de société !

Cette appréciation finale me paraît injuste. Je m'en explique. Elle sous-entend un complot élitiste pour exclure de l'usage de la langue les classes dites populaires. Au nom d'une fidélité au passé stérilisante, on priverait 40 millions d'illettrés de l'accès à la culture. Que je sache, l'école primaire a permis de former, pendant une bonne partie du XXe siècle, des ruraux et des citadins à un usage de la langue dont peu de nos contemporains se révèlent capables. Ce fameux certificat d'études dont on a dit tant de mal était un accès à une culture et à un véritable idéal. Dans ma propre famille, j'ai entendu mes aînés me dire leur fierté d'avoir décroché cet examen. Je n'ai pas vu beaucoup de fautes d'orthographe dans les lettres qu'ils écrivaient et ils savaient faire preuve d'une grande finesse dans l'expression de leurs opinions et sentiments.

Ce n'est pas en baissant le niveau d'exigence que l'on permettra à des illettrés de mieux participer à la vie communautaire. Ce serait finalement les parquer dans un ghetto, leurs offrir une infra condition. Participer à la communauté française, c'est accepter sa culture, son histoire, ses valeurs. Avez-vous lu Amkoullel, l'enfant peul d'Amadou Hampaté Bâ ? Cette autobiographie montre au moins une chose : que la colonisation avait amené dans ses bagages l'école laïque et républicaine dont l'enseignement, malgré ses insuffisances absurdes, a marqué pour toute sa vie un jeune malien au point de le conduire à la tête de l'UNESCO et de militer pour le respect entre les peuples et les cultures. Que se serait-il passé si la puissance coloniale avait laissé ses administrés croupir dans une sous-éducation ? C'est ce modèle qui a fait la fierté de la France. Je suis issu d'une famille d'enseignants, mes grands-parents étaient instituteurs, ils avaient conscience d'une mission civilisatrice. Aujourd'hui, de tels propos passeraient pour ringards, je le regrette vraiment ! Pourquoi ce qui était possible il y a encore un demi-siècle, ne le serait plus maintenant ? Les élèves ne sont pas moins intelligents, la langue est pour l'essentiel la même. Où est-ce que le système grippe ?

« La langue française, langue de la modernité »

Je ne débattrai pas car nous avons des positions sans aucun consensus possible.

Mais, prenons exemple sur le passé de notre langue (en un temps ou les grands écrivains et les grandes figures intellectuelles osaient encore faire des réformes pour la perrenité de notre langue...) : est-ce que pour vous Rabelais, De la Ramée, Ronsard, Voltaire et Diderot ont participé à "des contaminations et abâtardissements " de la langue française et firent "courir un risque mortel au génie de la langue".

Votre réponse sera bien évidemment NON !
donc...
Nous pouvons faire des réformes (et non pas simplifier la langue!)! accepter l'argot, l'anglicisme, et le GENIE français perdurera, mais légérement modifié, par rapport à la norme que nous connaissons aujourd'hui... et je dirais même que le GENIE français est présent dans tous les types de français qui sont parlés, de la langue la plus soutenue à la plus triviale.

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« La langue française, langue de la modernité »

Bonjour Poilue,

À cette liste, j'ajouterai Hugo.

Il est bien évident que la langue est une réalité vivante qui évolue entre deux pôles : la création ininterrompue d'expressions en provenance de son usage oral et un encadrement écrit plus lent, moins réactif, mais qui joue le rôle d'une serre d'acclimatation.

Le génie français n'est pas également présent dans tous les usages de la langue. Le franglais dénoncé naguère par Etiemble est bien un exemple de ce qu'il ne faut pas pratiquer car c'est soit un laisser-aller, soit un snobisme.

Je ne suis pas opposé à toute réforme, mais il convient de les mener avec prudence sous peine de rendre certains ouvrages illisibles. À titre d'exemple, il nous est difficile aujourd'hui de lire Montaigne dans les oeuvres d'époque, la faute n'en revient pas seulement au vocabulaire, mais aussi à la graphie qui nous rend les mots étrangers.

Si l'argot est une langue savoureuse que nombre d'écrivains ont mise en valeur jusqu'aux inventions de Frédéric Dard, il n'en va pas de même avec certains usages relâchés de la langue...

"Si j'avais su que je l'aimais autant, je l'aurais aimée encore davantage."

Aurait-il pu écrire de la langue...
Ou encore

"L'ingéniosité en amour, c'est comme la poésie en littérature. On peut s'en passer, mais c'est dommage."

L'esprit critique, en ce domaine, reste indispensable.

« La langue française, langue de la modernité »

J'ai eu moi aussi la chance d'avoir des "maîtresses" exigeantes et ayant la vocation réelle de transmettre leur savoir. L'école française qui était un modèle dans la première moitié du siècle et même encore jusque dans les années 70/75 pour autant que l'on puisse situer précisement, est en chute libre depuis une quinzaine d'années. Pourquoi ? simplement parce que l'exigence envers les jeunes a disparu. On a cru qu'il était interdit d'interdire, que les enfants ne devaient pas avoir de travail à la maison, etc. De plus j'ai préparé voilà une dizaine d'années le concours IUFM et j'ai été quelque peu surprise du niveau en grammaire ortho ou géométrie arithmétique de pas mal de jeunes étudiantes...
Chère Poilue, les enfants ne demandent qu'à connaître et découvrir.
Méconnaître cette vérité a amené au mépris actuel pour les enseignants, à la violence dans les cours d'école. Ce ne sont pas les seules raisons mais elles y concourrent. J'ai vu en stage une jeune instit (pardon, prof des écoles) qui dans un milieu dit "défavorisé" tirait tous ces enfants vers le haut en maternelle. Mais elle se défonçait vraiment pour préparer sa classe !
Je pense qu'il faut toujours tirer vers le haut en matière d'apprentissage.

« La langue française, langue de la modernité »

Bonjour

Je découvre depuis peu ce forum et je ne m'en plains pas.

Sur le sujet abordé, je pose la question :
- faut-il mettre le français à la portée des cancres et autres personnes qui ne veulent pas faire d'efforts ?
- ou faut-il amener vers le français, les cancres et autres personnes qui souhaitent s'investir un minimum ?

Je ne vous cache pas que je suis un ardent défenseur de notre langue, même si des améliorations peuvent en adoucir certains angles.

Maintenant ne nous tourmentons pas des paroles et écrits de certains représentants et en particulier des ministres qui, aujourd'hui comme hier, n'ont qu'une ambition : attacher leur nom à un texte de loi pour ainsi passer à la postérité. Peu importe le contenu pourvu que leur auréole les fasse distinguer du commun des mortels.

Comme la loi sur les modifications de l'orthographe de 1990 n'est pas obligatoire mais juxtaposable aux anciennes règles, comment réagiriez-vous si, votre enfant, dans une dictée écrivait par exemple : si j'étais riche je m'achèterais un chateau. Le professeur note = 0
Et pourtant, il n'y a pas de faute et je sais que, suprême raffinement, pour paraître un type bien on ajoute dans la foulée que dans le temps on écrivait "chasteau" et que le "s" a disparu au profit de l'accent circonflexe.
Moi je ne vois pas la vie en rose, tant qu'on n'ajustera pas notre langue au modernisme mais SURTOUT sans y ajouter l'argot et autres termes locaux. Ou bien on arrive directement à "Nike ta mère" et tout le monde de se gausser, avec aussi "Ni putes ni soumises" dont le titre leur ouvre les portes des biens pensants de notre société. (Noter que je ne me prononce pas sur le fond mais seulement sur le titre).

J'en reste là pour cette fois et je vais "lurker" vos posts vu qu'en bon français je suis un badaud.
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« La langue française, langue de la modernité »

Il me semble que M. Jules FERRY a répondu depuis longtemps à cette question, enfin, je crois !!!

« La langue française, langue de la modernité »

Bonsoir Muriel

fichtre les claviers sont gelés.

mais encore...
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