"Tout le monde imite"

Bonjour à tous, je suis en Première L et j'ai une dissertation à rendre prochainement. Je dois discuter l'affirmation "Tout le monde imite" en m'aidant de ma culture personnelle, du corpus et d'autres formes d'arts mis à part la littérature...

J'ai une idée de plan et de problématique, mais je doute que ce soit super brillant :

Les réécritures, innovation ou plagiat?

I. Une création pertinente possible.
1) L'originale n'est qu'un support, on rebondit sur le texte.
2) Ca permet d'aller plus loin, de faire réfléchir/discuter.
3) Là je bloque :s

II. Un plagiat sans intérêt inévitable?
1) On prend juste les idées qu'on modifie.
2) Dénaturalisation de l'histoire
3) On ne peut pas rompre avec l'héritage, on imite donc depuis toujours. C'est inévitable.

Vous en pensez quoi?

Merci d'avance pour votre aide en tout cas

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"Tout le monde imite"

Bonjour. Ta problématique me paraît valable, en revanche je trouve que ton plan saute une étape: avant de voir les vertus et limites de l'imitation/ de la réécriture, il faudrait peut-être commencer par définir ton sujet: imitation et réécriture, ce n'est pas la même chose. Où est la frontière? Où finit la réécriture (à partir d'un mythe commun par exemple), où commence le plagiat? Et, tout bêtement, commence par suivre l'énoncé, à savoir: discuter l'affirmation "tout le monde imite", ce que tu ne fais pas. On attend de toi que tu cherches déjà à savoir si cette affirmation se vérifie ou non dans tes lectures personnelles: n'existe-t-il pas des oeuvres originales? Et même si l'on peut citer des oeuvres a priori uniques, ne finit-on pas par se rendre compte que mêmes celles-ci ne sortent pas d'un chapeau, mais ont une part d'imitation? (ce qui correspond à la fin de ta 2e partie, mais j'aurais plutôt commencé par là... tout dépend du sens général que tu veux donner à ta dissertation)


En gros je ferais une première partie sur "tout le monde imite?" (de qui est-ce, d'ailleurs? ça peut aider)
1) Reviens sur la définition (que tu as naturellement ébauchée en intro) de l'imitation (par rapport à la réécriture et au plagiat, donc), en rappelant peut-être que ce n'est que depuis le 17e-18e siècle que l'imitation est vue en mauvaise part (et encore): de l'antiquité jusqu'à la Renaissance, les poètes se vantaient d'imiter, de faire du neuf avec du vieux, on traduisait (librement, ouhla, trèèèès librement) les Anciens en signant de son propre nom, et tout le monde trouvait ça normal. Une oeuvre n'ayant pas le label "imitation certifiée" était à peine vue comme de la littérature.
Transition: mais cette affirmation est discutable puisqu'a priori on peut trouver des exemples d'oeuvres dont l'originalité ne fait pas de difficulté (du moins à première vue). Donc la tu cites tes exemples.
2) Mais en effet une oeuvre innovante ne l'est finalement que par rapport à l'oeuvre de référence, à partir de/en opposition avec laquelle elle se construit (exemples de réécritures modernes d'oeuvres anciennes: les Classiques réécrivant l'Antiquité, Anouilh ou Cocteau réécrivant Sophocle, Ulysse de James Joyce, Frears adaptant Laclos, que sais-je encore...) Ca peut aussi être bien si tu reviens sur les exemples cités en transition, pour montrer que JUSTEMENT en creusant un peu plus elles vérifient ce que tu viens de dire.
3) Cela s'explique, en définitive, par le fait que toute oeuvre a une part d'imitation, pas forcément consciente (background culturel de l'auteur, qui a intériorisé ses propres lectures, cf. André Malraux: toute narration est plus proche des narrations antérieures que du monde qui nous entoure")

Ensuite je passerais à ce qui était ta 2e partie: quand l'imitation devient plagiat, avec la "facilité" qu'il y a à reprendre des idées en les modifiant, la dénaturation (et pas autre chose) de l'histoire, etc... l'imitation est souvent moins bonne que l'original...

Et en dernier (mais c'est un choix personnel, cela dépend de la note sur laquelle tu veux finir: "oui, mais non", ou "non, mais oui") ta première partie: la réécriture peut permettre une création pertinente; Je terminerais cette partie en proposant la réécriture comme principe de création et d'évolution de la littérature: la plupart des grands mouvements littéraires, des grandes oeuvres de notre panthéon culturel, se sont construits grâce à ce jeu constant entre imitation et rejet de la tradition. (tu peux citer en exemple à peu près n'importe quel courant littéraire... j'aurais un faible pour le réalisme par rapport au romantisme, ou le naturalisme par rapport au réalisme... mais le choix est vaste)



Sinon, tu peux aussi partir d'une tout autre piste: celle de l'art (littérature comme les autres) comme imitation de la nature, alors là c'est l'autoroute: principe de la mimésis aristotélicienne, Stendhal ("un roman est un miroir qu'on promène le long d'une route"), les théories du roman réaliste, le miroir de concentration dans les théories dramatiques de Victor Hugo... mais attention, il faut tout de même penser rapidement à retomber sur ton sujet, à savoir l'imitation littéraire, la réécriture... donc idée intéressante, mais présentant le risque du hors-sujet. éventuellement à garder pour l'introduction (mais passe rapidement)


Voilà, c'est un peu fouillis, je sais, mais j'espère t'avoir aidé, ne serait-ce qu'en te donnant une perspective un peu plus large sur le sujet.

"Tout le monde imite"

bonjour!
tout d'abord, je sais qu'il y a déjà eu un sujet sur cette dissertation mais je n'étais pas vraiment d'accord avec le plan et je voulais vous demander votre aide sur ce que j'ai fais.
voilà, le sujet est :
                              "tout le monde imite, tout le monde ne le dit pas" écrivait Aragon.
-> Pensez-vous que l'on ne puisse créer en littérature sans faire référence aux œuvres du passé? développer le point de vue en vous appuyant sur vos lectures personnelles.

je sèche énormément   .. mais j'ai une ébauche de plan, quelques idées sans vrai rédaction de plan.. :

I/  l'invention total en littérature (..)
a)la part de l'auteur dans son œuvre --> la personnalité = son style d'écriture , son vécus ça rend l'œuvre unique, il n'a pas besoin de s'inspirer de quelqu'un parce-qu'il a assez à cultiver en se concentrant sur lui même ( pourrait vraiment faire l'objet d'une sous partie ?
b) aucune idée mais pourrais parler comme exemple de Rhinocéros de Eugène Ionesco ou la métamorphose de Kafka qui change tout dans la littérature, l'absurde c'est du jamais vu , je sais pas comment développer cela ect..
c) faire un "c" mais avec quelle matière ?

II/ mais il y aura toujours une part d'inspiration (.....)
a)  le problème des thèmes qui ne sont pas énorme --> amour, aventures, problèmes existentielles ect. donc il y aura redondance du fait que l'on ai pas énormément de possibilités de personnages ou thèmes ( c'est nul.)
b) besoin d'identification à un genre ?
c) ?
Pas d'idées.

III/ la réécriture ( car c'est un peu un mélange des deux?)
a) elle n'empêche pas l'originalité -->permet la richesse de la littérature,  peut surprendre .. ?
b)  modernise une œuvre Anouilh avec Antigone va permettre de moderniser l'hypotexte et  ses problèmes : Sophocle parlait de  conflits dieu/humains, Anouilh lui va parler de l'absurdité de la condition humaine  pour la seconde gm. permet une continuité ....
c) ?

problématique  : un écrivain ne peut-il pas  créer en faisant totalement  abstraction des œuvres du passé ?( mal agencé ? trop proche ?)


merci d'avance pour votre aide j'accepte tout ..
des idées de plans?

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"Tout le monde imite"

Voici un texte qui vous aidera peut-être dans la formulation de votre problématique :

« La génération de style est toujours pour l’âme une manière de « suivre les traces » en ce sens ; non pas, sans doute, l’apparition inopinée d’une nouvelle âme, mais, de tous les toits, l’envol et la ruée des pigeons vers la place déserte où quelqu’un jette du grain. On a trouvé un geste, extérieur ou intérieur, une technique qui permet de se munir d’un pseudo-moi, situé entre le sien propre, encore nébuleux, et celui, guère enthousiasmant, des générations précédentes. On a choisi, mettons, d’être décadent ; du coup, miracle ! tout devient facile : les plus grands fanfarons se révèlent capables de meilleures performances intérieures pour peu qu’ils les accompagnent d’un sourire las ; inversement, dans notre époque de saccades lyriques, même le couard n’apprécie son âme de caoutchouc que lorsqu’elle s’extériorise dans le jargon des clubs d’haltérophiles. Le pourquoi de la chose reste un mystère ; faute de trouver leur âme personnelle, les gens adoptent la première âme de groupe qui semble leur aller : voilà, probablement tout le mystère.  » (Robert Musil, Génération de style et style de génération, article publié dans Prager Presse (1921), Berliner Bösen-Courier (1922), Der Tag (1924).)

"Tout le monde imite"

merci.. je l'ai relu deux fois, je vais étudier ça

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"Tout le monde imite"

Cet extrait de Musil, au demeurant fort juste, a des connotations ésotériques et spirituelles. Je pense qu'il faut rester dans le littéraire.

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"Tout le monde imite"

"Ésotériques et spirituelles" ? "Rester dans le littéraire" ? Ha ha ha ha ha ha ! Vous assimilez Robert Musil à Paco Rabanne ou Paulo Coelho ? Pffffuiiiii !

"Tout le monde imite"

sinon au lieu de commencer un débat vous pourriez m'aider et me donner vos avis car je suis une petite première un peu perdue ! ....

personne pour m'aider ?..