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Flaubert, L'Éducation sentimentale, II, chapitre 6 - Mille pardons !...

Bonjour,

On peut dire que ce double malentendu est caractéristique du réalisme :
- l'histoire n'est plus une fresque épique,
- les amours n'ont plus la flamme romantique, ils sont médiocres, ils renoncent à l'idéal pour sombrer dans la mesquinerie bourgeoise.

Flaubert, L'Éducation sentimentale, II, chapitre 6 - Mille pardons !...

Bonsoir à tous,

Le bac oral de français s'approchant rapidemment, j'ai décidé de m'entrainer sur les connaissances que j'ai acquisses sur les différents textes de mon descriptif. Pour cela, je réponds aux "questions d'oral" possibles, sur chacun des textes, que ma prof nous a données au cours de l'année.

L'un de mes textes est un extrait du chapitre 6 de la partie 2 du roman de Flaubert : l'Education Sentimentale.
Voici l'extrait :


—« Mille pardons ! » dit Frédéric, en lui saisissant la taille dans les deux mains.
— « Comment ? que fais-tu ? » balbutia la Maréchale, à la fois surprise et égayée par ces manières.
Il répondit :
— « Je suis la mode, je me réforme. »
Elle se laissa renverser sur le divan, et continuait à rire sous ses baisers.
Ils passèrent l’après-midi à regarder, de leur fenêtre, le peuple dans la rue. Puis il l’emmena dîner aux Trois Frères Provençaux. Le repas fut long, délicat. ils s’en revinrent à pied, faute de voiture.
A la nouvelle d’un changement de ministère, Paris avait changé. Tout le monde était en joie ; des promeneurs circulaient, et des lampions à chaque étage faisaient une clarté comme en plein jour. Les soldats regagnaient lentement leurs casernes, harassés, l’air triste. On les saluait, en criant : « Vive la ligne ! » Ils continuaient sans répondre. Dans la garde nationale, au contraire, les officiers, rouges d’enthousiasme, brandissaient leur sabre en vociférant : « Vive la réforme ! » et ce mot-là, chaque fois, faisait rire les deux amants. Frédéric blaguait, était très gai.
Par la rue Duphot, ils atteignirent les boulevards. Des lanternes vénitiennes, suspendues aux maisons, formaient des guirlandes de feux. Un fourmillement confus s’agitait en dessous ; au milieu de cette ombre, par endroits, brillaient des blancheurs de baïonnettes. Un grand brouhaha s’élevait. La foule était trop compacte, le retour direct impossible ; et ils entraient dans la rue Caumartin, quand, tout à coup, éclata derrière eux un bruit, pareil au craquement d’une immense pièce de soie que l’on déchire. C’était la fusillade du boulevard des Capucines.
— « Ah ! on casse quelques bourgeois », dit Frédéric tranquillement, car il y a des situations où l’homme le moins cruel est si détaché des autres, qu’il verrait périr le genre humain sans un battement de cœur.
La Maréchale, cramponnée à son bras, claquait des dents. Elle se déclara incapable de faire vingt pas de plus. Alors, par un raffinement de haine, pour mieux outrager en son âme Mme Arnoux, il l’emmena jusqu’à l’hôtel de la rue Tronchet, dons le logement préparé pour l’autre.
Les fleurs n’étaient pas flétries. La guipure s’étalait sur le lit. Il tira de l’armoire les petites pantoufles. Rosanette trouva ces prévenances fort délicates.
Vers une heure, elle fut réveillée par des roulements lointains ; et elle le vit qui sanglotait, la tête enfoncée dans l’oreiller.
— « Qu’as-tu donc, cher amour ? »
— « C’est excès de bonheur », dit Frédéric. « Il y avait trop longtemps que je te désirais ! »


Notre plan de cours était :
I- Frédéric, un anti héros
II - Une révolution ratée

Or plusieurs questions tournent autour du point de vue adopté dans l'extrait comme par exemple : " en quoi le point de vue transforme t'il la perception de la Révolution ?" ou encore "en quoi le point de vue choisi joue t'il un rôle important dans le récit du premier jour de la Révolution ?"

Je ne comprends pas quel plan on doit adopter, quelle direction prendre pour répondre.

Selon moi, deux points de vue sont présents :
- narrateur extérieur, interne à Frédéric ("dit Frédéric tranquillement" = émotions)
- narrateur extérieur, omniscient ("Paris avait changé" = passé ou "c'était la fusillade du boulevard des Capucines" = le narrateur sait ce qu'il se passe partout)

Néanmoins, je ne comprends pas ce que le point de vue apporte dans le récit de la révolution. Est-ce que l'on doit répondre en expliquant que puisque le récit est narré à travers de Frédéric qui est un anti-héros (I) la révolution, ratée, est relayée au second plan (II) ? (mais dans ce cas là, où insérons-nous le point de vue omniscient ??)

Merci de m'éclairer sur la direction à prendre ! 

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Flaubert, L'Éducation sentimentale, II, chapitre 6 - Mille pardons !...

Bonsoir,

Pour moi, il s'agit plutôt d'un narrateur externe. Nous n'avons pas accès aux sentiments des personnages, nous ne voyons pas par leurs yeux.
Quand Frédéric lève un coin du voile sur ses larmes, c'est pour mentir.
Il pleure parce qu'il a raté sa passion pour Mme Arnoux. Il s'est étourdi avec Rosanette. Il sait qu'il s'est avili bien qu'il donne le change.
Ce point de vue externe crée l'ironie flaubertienne qui montre les contradictions de son antihéros.

Flaubert, L'Éducation sentimentale, II, chapitre 6 - Mille pardons !...

D'accord, merci de votre réponse (rapide). Serait-il pertinent de monter un plan (pour reprendre mes parties) comme :

Le narrateur extérieur et externe crée des paradoxes / une ironie qui permet de dresser le portrait d'un anti-héros (I) et qui dépeint une révolution ratée (II)

Je me débrouille pourtant en français, mais, je dois dire que ces questions sur le jeu de points de vue .. j'ai du mal !

Merci beaucoup !

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Flaubert, L'Éducation sentimentale, II, chapitre 6 - Mille pardons !...

Il n'y a pas vraiment paradoxe. Flaubert, en narrateur externe, relève simplement de manière ironique les traits de caractère dérisoires de Frédéric.

Flaubert met en scène un double malentendu caractéristique du réalisme :
- l'histoire n'est plus une fresque épique,
- les amours n'ont plus la flamme romantique, ils sont médiocres, ils renoncent à l'idéal pour sombrer dans la mesquinerie bourgeoise.

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